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"Le Sang des Rois" : L'histoire
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"Le Sang des Rois" : L'histoire
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Taïla
L'Encre des Rois

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PublicitéSupprimer les publicités ?
La question de Jess me ramène à la réalité et à mon objectif. A l’incertitude sur le devenir de mon père. Et au chemin qu’il me reste à faire pour rencontrer le professeur Smile.


Ma tension et ma méfiance se réveillent, mais une nouvelle fois, je n’ai pas le choix. Je déteste ce sentiment surtout dans ces circonstances. Pas le choix… Je sens que Jess est enclin à me protéger. Peut-être est-ce temporaire, mais si ça me permet de rencontrer le professeur Smile, ça me suffira. Cette dernière volonté de mon père, je l’accomplirai, peu importe ce qu’il adviendra ensuite. Je vois que Lou, même si elle est un peu moins hostile, s’impatiente devant mon silence, tandis que Jess semble comprendre les questions qui me tiraillent.


« Au centre de recherches médicales ».


Je serre un peu plus fort la mallette contre moi. Apparemment ils attendent quelques précisions et je finis par ajouter :


« Je dois y rencontrer… quelqu’un ».


Mon regard doit être parlant, car ils n’insistent pas. Jess décide alors de nous emmener dans une auberge qu’il connaît, idée qui n'a pas l'air de ravir Lou.
Jeu 6 Jan - 01:17 (2011)
Lou Chan
L'Encre des Rois

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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Les voyant s'éloigner à la recherche d'une auberge, je les rattrape et leur dit :
C'est pas possible, j'en peux plus !
Je deviendrais folle si je reste encore une nuit en dehors de la forêt !
« On se revoit demain. Jess, on suivra ton odeur, car on la connaît mieux que celle de la p’tite. J'suis vraiment désolée de vous laisser comme ça, mais j'en ai vraiment besoin... »
En chuchotant près de l'oreille de Jess :
« Protège l'humaine, je sens qu'on aura besoin d'elle pour la suite...
Bon, à demain ! »
Puis Shadow et moi nous évanouissons dans l'ombre d'une ruelle...
Jeu 6 Jan - 01:18 (2011)
Jess
L'Encre des Rois

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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Lou qui s'éloigne, je peux relâcher un peu ma vigilance... encore que Taïla est prompte à s'égarer, et la ville, si belle et attirante soit-elle, reste dangereuse.


Je dirige nos pas vers le quartier des facultés. C'est par là que se trouvent la plupart des centres de recherches.
Nous y trouverons bien une auberge peuplée d'humains. Il serait un peu suicidaire de venir agiter le cou tout frais de Taïla devant les sangcoliques d'une auberge de vampires.
Même si je suis vieux et respecté, on est pas à l'abri du jeune abruti bourré à la bièresang qui va vouloir en découdre. Moi qui veut du repos surtout je serai plus au calme dans une auberge "normale".


Depuis le temps que je ne suis pas venu ici, j'ai oublié les raccourcis ou itinéraires favoris à travers les venelles, mais la trame urbaine par les grands axes m'est restée en mémoire. La ville est toujours très animée, même la nuit. Le quartier estudiantin à plus forte raison. Couples d'amoureux, groupes de jeunes gens éméchés chantant à tue-tête, marginaux en tous genres, prostituées, vendeurs de drogue, miliciens, mendiants se croisent et s'emmêlent, s'entrechoquent et s'ignorent, se côtoient et se déchirent dans l'atmosphère cotonneuse d'une ivresse nocturne... et vampires. Mon regard croise furtivement celui d'un de mes congénères. Il comprend que Taïla est à moi, il n'insiste pas et se trouvera une autre victime ce soir. Elle, toujours émerveillée par la découverte de la cité, n'a rien vu. Nous poursuivons notre route, en quête d'une auberge.
Jeu 6 Jan - 01:22 (2011)
Taïla
L'Encre des Rois

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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Je regarde Lou s’éloigner et doit avouer être un peu soulagée. Sa présence ne me rassurait pas. Je suis distraitement Jess, mon émerveillement reprenant le dessus. Nous avançons tranquillement, ce qui est loin de me gêner.


Je frissonne lorsque nous passons devant une boutique dont la vitrine met en avant diverses armes et équipements dont je n'ose imaginer l'usage. Je lève la tête et découvre qu'il ne s'agit pas d'une boutique, mais d'une guilde. «La guilde des assassins» dont l'emblème semble être une homme cagoulé tenant une dague. En dessous, quelques mots «Respect, justice et honneur».


Mon effroi passe aussi vite qu'il est venu lorsque je lève les yeux vers les hauteurs de la ville. Au loin, un palais semble flotter. Les jeux de lumière sont tels qu'il donne l'impression de reposer sur un arc-en-ciel. J'en reste bouche bée. Même à cette distance, je devine la finesse de son architecture. Il semble être entouré de jardins parfaitement entretenus.


Nous passons à côté d'un parc. Nous y pénétrons et il se révèle être un jardin botanique. Magnifique, parsemés de plantes, d'arbres fruitiers et de fleurs dont les essences se mêlent pour offrir un parfum dont jamais je n'aurais imaginé l'existence, il offre un spectacle indescriptible à mes yeux émerveillés. Je lève les yeux vers les cimes des arbres, les baisse vers des végétaux dont le nom m'était jusqu'alors inconnu. Je sens l'odeur de ceux dont la beauté m'a attirée.


Nous ressortons du parc par le côté opposé de celui par lequel nous sommes entrés. J’ai l’impression qu’il y a plus d’activités de ce côté de la ville. Jess s’arrête devant une barrière et m’apprend que les bâtiments que nous observons forment l’institut de médecine, ma destination.


Il m’adresse un clin d’œil avant de repartir. Décidément, je n’aurais jamais cru que les vampires pouvaient être aussi… humains… si seulement j’avais imaginé qu’ils existaient… Je souris à cette pensée. Le bâtiment central de l’institut est très ancien. Les autres semblent être des ajouts effectués à différentes époques, en fonction des besoins de l’institut sans doute. Une nouvelle fois, je suis surprise de trouver tant de verdure à l’intérieur même de la ville. Les bâtiments encadrent en effet une esplanade de verdure au centre de laquelle je distingue une forme, une statue sans doute.


Je m’aperçois que je suis seule et sent la panique monter. C’est ce moment que choisit Jess pour réapparaître à deux pas de moi, amusé sans doute par la frayeur qu’il m’a faite. Je dois admettre qu’il doit trouver le temps long et que lui aussi à besoin de se détendre.


Nous quittons peu à peu ce quartier animé pour arriver sur une place, entourée de maisons. Nous devons être dans un quartier plus résidentiel, loin de l’activité de la ville. Je m’aperçois que l’institut occupe finalement une place assez centrale dans la capitale.
Au centre de la place se dresse une magnifique fontaine en verre. Je continue de m’émerveiller devant la beauté de l’architecture de chaque maison. Certaines sont en pierre, d’autres en brique. Je suis fascinée par les quelques maisons à pan de bois. Elles semblent être les plus anciennes du quartier. Chaque poutre est sculptée de petits personnages raffinés ou d’arabesques dont la signification est aujourd’hui perdue.


Pendant tout ce temps, Jess a gardé le silence, à quelques exceptions près, alors que la ville me happait dans la mauvaise direction.


Il s’engouffre dans une ruelle et me fait signe de le suivre lorsqu’il me voit hésitante. Apparemment, nous sommes arrivés à notre destination, La fleur aux mille pétales.
Jeu 6 Jan - 01:23 (2011)
Jess
L'Encre des Rois

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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
« La fleur aux mille pétales » est une auberge tranquille dans une rue calme et à l'écart du passage. Idéale pour nous offrir un repos bienvenu. Nous poussons la porte, et là... je rejoins Taïla dans son émerveillement. La rue étroite, la porte et la façade modestes ne pouvaient nous préparer à un endroit pareil.


Au centre de l'espace, une immense rosace en mosaïque se déploie sur le sol. Le volume s'étire vers le haut sur trois étage, et s'ouvre sur le ciel étoilé à travers un immense puits de lumière orné de vitraux colorés. Le nom de l'établissement doit venir de cette merveille architecturale héritée de l'art nouveau. J'imagine les rais de soleil traverser les vitraux et inonder l'espace d'une pluie de mille couleurs...


Tout autour de ce cylindre évidé se déploient des coursives en bois sombre, soutenues par de fines colonnades en bois également, sculptées de motifs végétaux. De lourdes moquettes écarlate et or rampent au sol et disparaissent sous les portes des chambres.


Nous approchons du réceptionniste, qui sourit fièrement de constater l'effet que son établissement a produit sur nous. Je chuchote à l'oreille de Taïla :


« Occupe-toi de nous prendre une chambre. De près la couleur de ma peau risque de nous fermer les portes ».


Et je me mets en retrait, feignant de m'absorber à nouveau dans la contemplation de l'architecture pendant que mademoiselle s'occupe des formalités.
Jeu 6 Jan - 01:24 (2011)
Taïla
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Jess me laisse entrer alors qu'il me tient la porte. Je reste bouche bée devant l'intérieur de l'auberge et ne suis pas la seule à rester en admiration. Décidément, la capitale doit cacher de nombreux trésors.


Encore éblouie par la beauté du lieu, je m'exécute lorsque Jess me demande de me charger de la chambre, sans prêter attention à sa remarque. Le réceptionniste est aux anges au regard de l'effet qu'a produit sa décoration intérieure sur les deux nouveaux visiteurs que nous sommes. Une fois payé avec ce que mon père m'a laissé, il m'indique la direction de la chambre aux bleuets, la dernière disponible. Le thème végétal est de mise en ces lieux.


Nous empruntons un escalier de bois ouvragé de manière à ressembler à du lierre fossilisé. Je jette un dernier regard admiratif vers la rosace du rez-de-chaussée. D'ici, je peux observer l'ouvrage dans son ensemble. Ses couleurs depuis le premier étage ne sont déjà plus les mêmes. C'est à couper le souffle. Je finis par avancer dans le couloir aux couleurs d'une forêt au cœur de l'automne.


Chaque porte comporte la sculpture de sa fleur éponyme. Je retrouve donc facilement la nôtre. Jess me suis silencieusement et évitant autant qu'il le peut de s'approcher des personnes que nous croisons. Son comportement est différent... Sa remarque me revient à l'esprit et je lui jette un coup d'œil que j'espère discret. Son teint est pâle certes, plus que dans le train d'ailleurs, mais j'ai l'impression qu'il y a autre chose. Je n'ose pas lui demander les raisons de sa tension.


Je tourne la clé dans la serrure de notre chambre et en pousse la porte. Mes interrogations s'envolent alors. Des bleuets sont disposés un peu partout dans la chambre. Leur odeur est presque imperceptible. Elle donne une sensation de fraîcheur à cette petite pièce. La fleur se retrouve sur les sculptures des quelques meubles occupant cette chambre dans laquelle les nuances de bleu dominent. Elle a quelque chose d'apaisant, de reposant. Je suis au comble du ravissement. Le mobilier se compose d'un lit à baldaquin, d'un fauteuil, d'une commode et de chevets, ainsi que d'une TV plasma fixée au mur, cachée derrière un voile. Celui-ci et les voiles du baldaquin font penser à une chute de feuilles portées par le vent.


Les colonnettes du lit, à l'inverse, figurent des feuilles grimpant à l'assaut des sommets de chacune d'elle. Celles-ci sont composées d'un bleuet sculpté avec beaucoup de finesse. Je remarque que les quatre fleurs sont différentes, chacune marquant une étape de son éclosion. Que de détails doivent m'échapper... Deux couvertures identiques de couleur indigo recouvrent le lit et le fauteuil.


Je m'apprête à interroger Jess sur la façon de nous organiser pour la nuit. Je me retourne et ne vois personne. Au lieu d'être derrière moi, il est déjà installé dans le fauteuil, vide quelques secondes auparavant. Le fatigue et ce que j'ai vu aujourd'hui font que cette fois, je ne m'étonne pas de sa rapidité. C'est sa façon de me faire comprendre que le lit est pour moi. Je me contente de le remercier du regard et m'allonge sur le lit. Nous sommes tout deux trop épuisés pour répondre aux questions que l'autre se pose.


Le plafond du baldaquin est doublé à l'intérieur par une matière que je ne connais pas de manière à ressembler à celui du hall. Un magnifique ciel étoilé se déploie sous mes yeux. Ma contemplation dure peu de temps. Je sombre rapidement dans un profond sommeil.
Jeu 6 Jan - 01:24 (2011)
Jess
L'Encre des Rois

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J'attends patiemment que Taïla s'endorme. Lorsqu'enfin elle a fermé les yeux et que sa respiration se fait lente et régulière, je me redresse d'un bond souple et m'approche du lit. Je me tiens quelques instants au montant du baldaquin, pris de vertige. Je suis épuisé. J'ai faim. Ce parfum... cette peau blanche... cette gorge sans défense... non.


Je me détourne du lit et m'approche de la fenêtre. Je passe les lourds rideaux : voilà déjà que le ciel blanchit. J'ai une faim de cheval. J'ouvre, et m'élance sur les toits.


Je fends l'air comme la lame d'un katana, grisé par la sensation de vitesse et la joie soudaine de retrouver cette ville que j'ai tant aimée, grouillante de vie, de culture, d'aventures... l'excitation de la chasse me donne des ailes, la proximité du jour naissant également. Je suis libre, et comble du paradoxe pour un être tel que moi, infiniment vivant.


Le malaise de tout à l'heure s'est évanoui. Me retrouver plongé au milieu des humains, les croiser dans l'exiguïté de ces couloirs emmoquettés, sentir leurs coeurs palpiter, la chaleur de leur corps, voir ces carotides offertes sans pouvoir y goûter est déjà en soi un véritable supplice de Tantale. Pour le vampire affâmé que je suis, ce fût un calvaire. J'étais à deux doigt de défaillir, où de commettre un massacre. Où ai-je trouver la volonté de fer qui m'a permis de rester zen ?


J'approche des abords de la ville. Le tissu urbain se distend, laissant peu à peu la place a la campagne. Je me guide autant à l'odorat qu'à la vue, cherchant ce qui pourrait étancher ma soif et ma faim... voilà. J'ai trouvé.


Je ralentit peu à peu, et finit par me poser près d'un petit bâtiment de plain-pied en bardage de bois. Les fenêtres de la bâtisse principale, plus loin, laissent déjà filtrer la lumière. Les agriculteurs sont déjà levés, il va me falloir être très discret.


Je sens la nervosité des animaux environnants. Je me concentre sur mon camouflage, afin qu'aucun d'eux ne donne l'alerte. Je me méfie particulièrement des oies, connues pour être d'excellentes gardiennes.


Je contourne le bâtiment, tendant mon esprit vers chaque animal, sentant sa force de vie. Beaucoup sont jeunes et pleins de vigueur, et ils risquent de lutter avec force et vacarme pour leur survie. Je dois être rapide et silencieux. Je poursuis mon chemin, jusqu'à une autre petite annexe, plus isolée. Là. Parfait.


Je rentre, discrètement. Il est seul, vieux et malade, mis à l'écart. Il m'attend. Ou plus exactement il attend la mort, et elle est venue avec moi.
Je le regarde avec émotion. Il a dû être beau et fort, jadis. Je le caresse doucement, il se laisse faire, abandonné. Je trouve une artère sous les muscles amaigris, la remonte jusqu'à ce qu'elle ne soit qu'à quelques millimètres sous la peau, juste ici, à l'encolure, et prenant le grand cou des mes bras dans un geste de tendresse, je mords...


Le sang se met à couler doucement dans ma bouche, le long de mon oesophage, pulsé par un coeur fatigué. Mais les émotions... c'est un flot puissant, jeune et vigoureux qui inonde mes sens, des jours entiers de galops fous à travers plaines et collines, forêts et montagnes, gués rafraîchissants ou déserts brûlants. Cette jeunesse évanouie n'était pas perdue, elle était là, cachée dans cette enveloppe trop étroite pour la contenir, craquant sous la pression, n'attendant plus que l'écorchure de mes dents pour exploser et jaillir à nouveau. Je ressens l'extase et la joie à nouveau, celle de la renaissance. Mais ce n'est pas la mienne, c'est celle du cheval que je viens de délivrer.


Etourdi par tant d'émotions, je me détache de l'enveloppe vide et reprends le chemin inverse vers l'hôtel, dans une sorte d'état second. Arrivé dans la chambre, je jette un bref coup d'oeil à Taïla : elle n'a pas bougé d'un iota. Je referme fenêtre et rideaux et m'écroule sur le fauteuil.
Jeu 6 Jan - 01:25 (2011)
Taïla
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Le soleil me réveille alors que Jess dort encore. Je ne peux m’empêcher d’être attendrie. Son visage a perdu toutes traces de tension et il est moins pâle que quelques heures auparavant. Je me sens reposée, moins inquiète aussi. Je suis près du but.


Je m'aperçois que mon détour chez moi a été bien inutile. Le sac que j'avais préparé est resté dans le train, mes affaires avec. Je n'ai pas de quoi me rafraichir avant d'aller à la rencontre du professeur. Je trouve quelques petites choses utiles dans la commode aux poignées en forme de pétale de bleuet.


Je passe dans la petite salle d’eau et me rafraîchie. Je me sens déjà nettement mieux pour me présenter à l'ami de mon père.


J’hésite à réveiller Jess, partagée entre méfiance et confiance. C’est un vampire,- idée que j’ai toujours du mal à intégrer -, donc à ma connaissance, je suis potentiellement son repas. D’un autre côté, s’il avait voulu se repaître de moi, ce serait déjà fait. J’en frissonne. Ayant moi-même déjà faim sans rien pour me tenter, j’imagine qu’il vit un calvaire en ma compagnie. De plus, il m’a aidé alors que rien ne le poussait à le faire et endormi là sur ce fauteuil, il paraît inoffensif. En quelque sorte, je commence à avoir réellement confiance en lui... De là à risquer d’échouer si près du but dans la dernière mission que mon père m’a confiée…


Je décide donc de partir sans le réveiller, tout en espérant qu’il comprendra ce choix. Je sors silencieusement de la chambre. N'ayant pas mangé depuis plus de 24 heures, j'emmène quelques biscuits pour la route. Mais, paradoxalement, mon estomac est soudain noué. Saluant l'aubergiste, je me retrouve rapidement à l’extérieur. Je suis de nouveau surprise par la splendeur de la ville.


Cette fois, je ne me laisse pas distraire. J'ai hâte d'en finir avec tout ça. L’institut médical étant tout près, je retrouve facilement mon chemin. La ville révèle une autre beauté en plein jour, celle de l’harmonie de ces matériaux, qui m’avait pourtant parus bien hétéroclite à notre arrivée. Elle allie patrimoine et modernité sans perdre de son élégance.


Les barrières de l'institut sont ouvertes à cette heure. Je traverse l'esplanade et passe à côté de la statue dont j'avais pu observer la forme durant la nuit. Je prend quelques minutes pour en faire le tour. Elle représente une femme encapuchonnée tenant une fiole. J’ignore si cette femme a existé. Aucune inscription ne légende la sculpture, mais le fait qu’elle soit si bien entretenue montre la valeur qu’elle doit avoir aux yeux de l’institut. Une nouvelle fois, je suis émerveillée quel que soit l’endroit où je pose mon regard.


Une fois à l'intérieur du bâtiment central, je me dirige vers le laboratoire que l'on m'indique comme étant celui du professeur. Je suis accueillie assez froidement par un jeune scientifique. Le regard dur, il ne semble pas enclin à me laisser entrer. J’ai déjà compris qu’il ne s’agit pas du professeur Smile, celui-ci ayant le même âge que mon père… enfin qu’aurait mon père…


Je me présente brièvement. Ce qu'il fait à son tour. Georges Grim. Mon père n'a jamais mentionné ce nom. Je lui explique que je dois voir le professeur pour des raisons personnelles, mais il ne veut rien entendre. Le ton monte.


« Écoutez Mademoiselle … Silverboat, le professeur est absent pour une longue période. Vous n'avez qu'à laisser un message à l'accueil.
- C'est impossible ! C'est une affaire trop importante...
- Tout peu attendre ».


Cette réponse est froide et sans appel. Pourtant, il est la clé pour que je puisse contacter le professeur Smile. Alors que je réfléchis à un moyen de le faire plier, je pose mon regard sur un panneau récapitulant le nom de chaque chercheur de l’institut, ainsi que leur spécialité. J’apprends ainsi que l’homme que je veux voir à une consoeur. Je n’aime pas particulièrement les coups bas, mais cet assistant ne me laisse pas le choix. Le fixant avec aplomb, je lui pose une dernière question :


« Pouvez-vous m’indiquer le laboratoire du professeur Jane Do ? »


Son expression change. Je vois comme un éclair dans son regard et sais que j’ai obtenu gain de cause avant même qu’il ne m’invite à pénétrer dans le laboratoire du professeur en ronchonnant, loin des oreilles indiscrètes.
Jeu 6 Jan - 01:26 (2011)
Jess
L'Encre des Rois

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Majesté...
Jeu 6 Jan - 01:27 (2011)
Taïla
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Mon interlocuteur referme la porte derrière moi. Je n'imaginais pas que les laboratoires particuliers pouvaient être aussi grands. Rien ne semble manquer. Sur une longue paillasse au fond de la pièce reposent de nombreuses éprouvettes, certaines prêtes à être utilisées, d'autres déjà pleines de liquides de différentes couleurs en attente du quelques réactions chimiques.


Sur le mur opposé, une autre paillasse. Dessus un microscope, un alambic et plusieurs instruments. Tout ce matériel est relié à l'ordinateur trônant sur la paillasse centrale. L'assistant du professeur me jauge du regard. Je pense qu'il hésite à me dévoiler certaines choses. Il me regarde d'un air hautain, ce qui n'est guère appréciable. Je soutiens son regard et il se décide enfin à rompre le silence :


« Quelle est cette affaire SI importante pour que vous ayez insisté autant ?
- Je ne peux en parler qu'au professeur Smile ».


Il me regarde d'un air suspicieux, mais il a l'air d'avoir compris que je ne cèderais pas. Il me répète que le professeur est absent et injoignable, mais qu'il peut m'aider si je le souhaite. Je déteste être mise au pied du mur de cette façon. Cet homme est hautain, mais je suis obligée d'admettre que c'est sur lui que je vais devoir compter pour comprendre un peu de quoi il retourne. Il s'impatiente :


« Mademoiselle ?
- Taïla... Vous pouvez m'appeler Taïla... C'est juste que... Laissez...
- Appelez-moi Georges ».


Sa voix s'est adoucie devant mon hésitation, même si elle garde une pointe d'arrogance quelque peu déplaisante. Je soupire. Il est l'assistant du professeur, je dois donc pouvoir lui faire confiance. Je sors la clé, en lui apprenant uniquement le strict nécessaire sur la façon dont je l'ai obtenue et en ajoutant que c'est l'objet de ma venue. Nous décidons d'en consulter les informations.


Il l'ouvre sur l'ordinateur posé devant nous et écarquille les yeux dès le premier fichier ouvert. Je vois défiler de nombreux tableaux de données, des formules abracadabrantes, ce qui semblent être des comptes-rendus d'expériences accompagnés de photos. Il s'exclame a chaque ouverture d'un nouveau fichier. Les « Oh », « Ah », « C'est incroyable » se succèdent sans que je comprenne la moindre donnée apparaissant à l'écran. Au bout d'une heure environ, il parvient au dernier dossier, qu'il consulte rapidement.
Pendant tout ce temps, j'ai gardé le silence. Je le regarde désormais d'un air interrogateur. Après un moment, il m'apprend que ces données représentent des années d'étude. Il ajoute qu'il lui faudra plusieurs jours pour démêler toutes ces données.


« Mais vous ne pouvez pas m'en résumer les grandes lignes ? »


Une nouvelle fois, c'est ma curiosité qui a parlé. Et la volonté de comprendre pourquoi mon père s'est sacrifié. Est-il vraiment mort ? Malgré moi, je continue d'espérer que ce n'est pas le cas.


« - Non je suis désolé. Il faut vraiment que j'étudie cela de plus près. Je vous promets de me pencher sur la question et de vous en dire plus dans quelques jours. La seule chose que je peux vous affirmer c'est que ce ne sont pas n'importe quelles recherches : ce sont celles du professeur Smile lui-même ».


Je le regarde, interloquée.


« Comment êtes-vous sûr qu'il s'agit de ses travaux ? Et comment ce fait-il quelle soit arrivée entre les mains de ces... ».


Je ne préfère ne pas finir ma phrase. Il m'explique que les scientifiques peuvent reconnaître le travail de leurs maîtres, qu'il y a des signatures, comme on peut identifier un peintre à travers son tableau... Une marque de fabrique en quelque sorte.


« Et je souhaiterais m'excuser pour l'accueil de tout à l'heure... Mais, je ne vous ai pas tout dit... Je suis sans nouvelle du professeur Smile depuis quelques temps. Comme certains de ses confrères depuis quelques mois, il s'est fait enlever. Je suis désolé de vous apprendre ça de cette façon et permettez moi de vous offrir quelque chose à boire pour me faire pardonner ».


Georges me propose alors un Nespresso.
Jeu 6 Jan - 01:28 (2011)
Ezeckhiel
L'Encre des Rois

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Inscrit le: 03 Jan 2011
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La forêt retrouvant son silence, Urdaan s'approche de moi, le corps toujours sur son dos.
« Décidément, la soirée est riche en émotion ! »
Ma tentative d'humour ne le touche toujours pas... J'en resterai là pour ce soir, le mot comique ne semblant pas être dans son vocabulaire.
« Entre, c'est par là ».
J'appuie sur le bouton noir disposé sur le mur, et la porte métallique s'ouvre, pour la deuxième fois en une semaine, pour laisser passer un inconnu dans mon antre.
« La première à droite, installe toi.
- Et elle, j'en fais quoi ?
- Emmène la avec toi, j'arrive ».
Fonçant à la cuisine, je pose les deux cadavres par terre, plus occupé par la boisson que je vais servir à mon invité. Si on en juge l'aspect de son ancien habitat, c'est quelqu'un de raffiné, qui a du goût, beaucoup de goût. Reste à savoir s'il préfère le sang ou le vin...
J'ai bien deux ou trois bouteilles de sang de vierge, le meilleur que je connaisse, mais par précaution, il vaudrait mieux prévoir du vin au cas où.
J'ose très peu lui servir du Châteauneuf du Pape, prenant peur qu'il ne croît à une mauvaise blague. En tant que vampire, il pourrait mal le prendre.
Mais, n'y connaissant rien, je me dois bien de lui servir quelque chose à boire, et ceci fera l'affaire. C'est l'un des meilleurs vins du monde d'après Internet. On verra bien...
Revenant dans le salon, j'y trouve Urdaan, qui semble intéressé par l'architecture de la pièce. Le coupant dans son admiration, je lui lance:
« Tu préfères du Sang de vierge ou du ChâteauNeu...
- Du ChâteauNeuf du Pape ?! Où est-ce que t'as eu ça ? »
Il semble préférer le vin.
« Je l'ai volé à une famille à qui j'ai également volé ce canapé. Le soir où j'ai tué leur fils ».
Il n'écoute même pas ma réponse, et me demande à voir la bouteille, que je m'oblige alors à lui tendre. Il l'examine minutieusement, probablement pour vérifier qu'il s'agisse bien du vrai vin, ou quelque chose comme ça.
« Je prendrai du vin, s'il te plaît ».
Son comportement change du tout au tout... Un coup, il parle pas, un coup, il se moque de moi, un coup il me coupe dans mon élan et ne veux pas me parler, et maintenant, il s'excite à la vue d'une bouteille de vin. Étrange personnage... Les évènements de ces derniers jours doivent avoir un rôle dans tout ça, à commencer par la destruction de son appartement.
Il semble ne pas en revenir que moi, un jeune vampire insouciant, j'ai des cuvées aussi bonnes. Coup du hasard, je l'avoue. Le soir où j'ai tué le gosse, j'ai vu des bouteilles de vins enfermées dans une armoire super luxueuse. J'ai pas cherché, j'ai emmené l'armoire.
Revenant à Urdaan, je lui demande s'il ne préfèrerait pas installer la femme sur une chaise le temps de manger, avant de passer à l'interrogatoire.
« Il faut l'avoir à l'oeil, elle va se réveiller d'ici une dizaine de minutes ».
Il se charge donc de donner à Zillah un léger coup sur le haut du crâne avec le cul de la bouteille de sang.
« Problème réglé ».
Ses méthodes sont violentes, mais je ne peux que les approuver. Si elle se réveillait ici, qui sait ce qu'il adviendrait de mon labo...
Puis, l'installant sur une chaise, il s'assoit à son tour, prêt à déguster le vin devant lequel il s'extasie depuis maintenant dix minutes.
Comme dans les films, je prends une serviette sur mon poignet, je sers mon invité, je tourne le col de la bouteille pour éviter les gouttes, et je repose le goulot sur mon poignet. Tout ça avec une maladresse qui le fait sourire.
Enfin, nous trinquons, et buvons à petites gorgées. Il ne le montre pas, jugeant probablement qu'il en a déjà trop fait, mais il adore ce vin.


L'ambiance s'est enfin détendue. J'en profite pour allumer la chaîne Hi-Fi, qui diffuse alors une douce musique de fond. Du Norah Jones, ma préférée.
« Et donc, Jess, tu l'a connu comment ? »
Il comprend alors que je ne lâcherai pas l'affaire avant d'en savoir un peu plus sur lui. Résigné, sans trop le montrer, il me répond.
« Je l'ai trouvé dans les égouts. Il dormait, nu, contre un tuyau ».
L'image de Jess, nu, dormant contre un tuyau, me fait légèrement sourire, mais pas assez pour que cela ne se remarque. Le vin n'est pas innocent à ma réaction...
« Et...c'est tout ? Vous restez ensemble parce que tu l'a trouvé à poil en train de dormir ?! »
J'y vais peut-être un peu fort. Modérons mon langage trop familier pour ces circonstances.
« Oui, quelque chose comme ça... »
Puis nous continuons de parler toute la soirée, de tout et de rien, comme de vieux amis. Fait plutôt comique, étant donné qu'il y a quelques heures à peines, il me détestait...
Fatigué, je jette un rapide coup d'oeil vers l'horloge à balancier, et me rends compte de l'heure. Quatre heure et quart...
La fatigue se fait ressentir dans toute la maison. Le bunker, plus exactement...
L'interrogatoire risque de prendre un peu de retard.
« Tu as faim ?
- Pas vraiment. J'ai plutôt sommeil ».
C'est parfait. Je lui propose alors le choix entre le canapé du salon, la chambre d'amis avec un superbe lit à baldaquin, ou mon propre lit, le plus beau de tous, lit volé aux enchères. Le lit d'un certain François le premier, quelque chose comme ça. Un riche, quoi.
Mes pensées s'embrouillent. Le vin et le sommeil ne font pas bon ménage...
« La chambre d'amis me conviendra parfaitement. Merci ».
Lui indiquant la chambre, je vais au labo chercher de quoi préparer un puissant sédatif pour ma deuxième invitée. Je pioche, par-ci par-là, quelques ingrédients que je connais par coeur, insomnies obligent. On mélange le tout, on retire la feuille de thé, et voilà.
Profitant d'être dans mon laboratoire, j'enlève ma ceinture et la pose sur le vieux canapé miteux qui m’ fait office de lit plus d'une fois. Puis, retournant vers le salon où elle est toujours endormie, j'inocule à Zillah le somnifère qui va nous assurer une bonne dizaine d'heures de sommeil tranquille, à Urdaan et à moi. Et, pour une sécurité complémentaire, j'attache le bras droit, titanesque, de l'endormie, à son pied gauche, et inflige le même traitement à ses deux membres restant.
Position peu confortable, mais elle ne m'en voudra pas. Elle dort comme un loir...


Comme un bébé serait le mot exact. Je perçois toujours les traits de son visage d'ange dans la pagaille que forment les cicatrices et les blessures de sa tête. Une grimace déforme désormais sa bouche, et sa face a des allures de gargouilles. Et quelle tristesse dans ses yeux clos...
Le sommeil m'empêche de la contempler plus longtemps. La beauté a laissé place à la difformité... C'est triste.
Je la pose sur le canapé du salon, et en sors, en direction de la chambre d'amis.
« Si tu as besoin de quelque chose, je suis dans la chambre à côté. Tout va bien ?
- Oui, c'est parfait. Merci... »
Cette chambre est la pièce qui ressemble le plus à son ancien appartement. Quelques oeuvres d'art, méconnues des novices tels que moi, ornent les murs recouverts de papier peint doré. Le lit à baldaquin, collé au mur du fond, en plein milieu, laisse un espace vide en "U" autour de lui. Sur le sol, un énorme tapis plein de formes irrégulières, volé à une certaine famille lui aussi...
Et, au fond, à côté du lit, l'armoire de luxe que j'ai emporté ce soir là. Le vin qu'elle contenait a laissé place à une collection plutôt impressionnante de livres courants. Amélie Nothomb, Agatha Christie, Jules Vernes, Victor Hugo, Zola... Jamais lu, mais il paraît que c'est indispensable à la culture. Un jour, peut-être...
« Dors bien ».
N'attendant pas sa réponse, je repars en direction de ma chambre, me déshabille rapidement, et m'enfonce dans mon lit.
Royal...
Je n'ai pas le temps de repenser à ma soirée. A peine ai-je rabattu la couverture sur mon corps que Morphée entre par la fenêtre et m'enlace amoureusement.
Le vin fait son effet...
Jeu 6 Jan - 01:28 (2011)
Taïla
L'Encre des Rois

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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
« Moi non plus je ne vous ai pas tout révélé »
C’est dit… Il repose calmement sa tasse, attendant la suite.
« La mallette ne contenait pas seulement cette clé, mais également quelques clichés pris sur les quais ».


J’accompagne mes paroles en lui sortant les photos de la mallette. Je les remets dans leur ordre d'origine. Je n'y avais pas retouché depuis que je les avais remises à la va-vite dans le train. Il les observe, silencieux. Je le vois plisser les yeux parfois, essayant de repérer certains détails. Parvenu à la dernière photo, il me regarde, visiblement aussi troublé que moi lorsque je les ai découvertes.


« Ce n’est pas que je mette votre parole en doute, mais permettez moi tout de même de vérifier qu’il ne s’agit pas de montage. Un scan haute résolution me le permettra, et me servira également à percevoir des choses qui nous échappent au premier abord ».


Je n’apprécie pas vraiment qu’il remette non pas ma parole en question, mais celle de mon père. Je dois malgré tout admettre que ses doutes sont légitimes et lui répond par l’affirmative d’un hochement de tête.
Il commence par toutes les passer dans un scanner. Une fois les photos entrées dans la base, il me fait signe de le rejoindre pour que nous les observions ensemble.


« Pas de trucages... »
Je m'abstiens de lui dire qu'il ne m'apprend rien et attends la suite.
« Voilà je viens de lancer un programme qui va encore améliorer la qualité des clichés ».


Il a à peine fini sa phrase qu'un bip retentit. Nous regardons tout deux l'écran avec impatience.
« Je travaillerai sur les voitures plus tard.
-Vous ne pouvez pas zoomer sur l'arrière de l'une d'elles ? »
Georges s'exécute. Les petits drapeaux avec leur petit F doré sur fond noir mentionnés par mon père dans sa lettre sont enfin visibles à mes yeux. Mais que représentent-ils ? Le chercheur semble l'ignorer également.


Il effectue un zoom sur l'un des êtres du quais. Je réprime un frisson. Leurs bras ont une taille anormale, mais ça je le savais déjà. Je repense au train, à cette sensation d'étouffement alors que l'un d'eux m'immobilisait. Ma terreur m'avait empêchée de me focaliser sur un de ces bras. La seule chose dont je me souvienne, c'est que lorsque mon agresseur a effleuré mon visage, ce n'était pas un contact peau contre peau. L'épiderme de cet être avait quelque chose de répugnant. Maintenant que la photo me permettait d'en observer un de plus près sans que le poids de la menace ne se fasse sentir, je comprenais. Les bras n'étaient pas recouverts de peau, ou sinon d'une peau brûlée au troisième degré, écaillée. Nouveau frisson. Ils se terminent par une main où les doigts ont laissé place à de longues griffes. Je sais en partie de quoi elles sont capables. Qui sont ces êtres ? Beaucoup de questions se bousculent dans mon esprit, mais celle-ci en particulier me brûle les lèvres. Je finis par interroger l'assistant :
«Vous pensez que ce sont des êtres génétiquement modifiés ?
- Bien sûr. Quoi d'autre ? »


Cela me dépasse… Je n’aurais pas vu tout ça de mes yeux, je n’y aurais pas cru. Je suis perplexe, mais dois regarder la réalité en face… Tout ceci est bien réel. Et mon père a sans doute payé de sa vie le rassemblement de ces preuves.


Georges ne s’arrête pas sur toutes les photos, me disant qu’il veut juste faire un premier examen rapide et qu’il poussera son étude dans les prochains jours. Il s’arrête tout de même sur certains détails. C’est ainsi qu’il décide de zoomer sur le groupe de scientifiques détenus par les bras griffus. Il pousse un long soupir avant de m’apprendre qu’il reconnaît la plupart d’entre eux. Selon lui, il s’agit pour la plupart de grands spécialistes mondiaux dans leur domaine.


« C’est très inquiétant. J’ignore ce qu’ils mijotent, mais enlever ainsi des scientifiques de renom… Tout notre milieu est en émoi. On redoute tous de nouveaux enlèvements ».
En désignant le contenu de la mallette, il ajoute presque dans un murmure:
« Ca me dit rien qu’y vaille. J’espère que toutes ces données me permettront d’y voir plus clair ».


Il passe aux photos qui m’intriguent les plus, celles sur lesquelles devraient apparaître le navire et la créature décrite par mon père. Je le vois froncer les sourcils et lui indique qu’apparemment certaines choses sont invisibles sur les photos. Il me jette un rapide coup d’œil, sans doute pour vérifier que je ne me moque pas de lui. Convaincu que ce n’est pas le cas, il ouvre un autre logiciel.


« Je pense que vous connaissez Photoshop? »
Je hoche la tête.


« Et bien, ce logiciel fonctionne sur le même principe, mais en plus perfectionné. Le problème est que ça prend beaucoup de temps. Pour l’instant, je ne vais que jouer avec les contrastes ».


Je le vois pianoter sur son clavier. Une forme apparaît et disparaît selon ses manipulations, puis une sorte de fumée blanche s’épaissit peu à peu sur la photo. Cette nébuleuse, ou cette brume plutôt a la forme d’un bateau. Le travail sur la photo évoluant, le navire prend un aspect plus solide, mais tout reste très flou. Georges envoie la même analyse sur la photo de la créature. La silhouette à peine visible à l’œil nu prend soudain plus de substance sous nos yeux. Il m’évoque ainsi un spectre, donc certaines parties sont en lambeaux. Je détourne le regard, dégoûtée.


« Je suis pas sûr que ça corresponde à la réalité, mais ne pense pas en être loin. Nous n’obtiendrons rien de plus pour aujourd’hui… Je suis navré. Il va falloir que j’effectue une analyse plus poussée.
- En temps normal, cette vision me suffirait amplement… »


Je frissonne une nouvelle fois et inspire un bon coup.


« Mais vous vous doutez autant que moi que le temps nous manque… Et puis… Tout à l’heure vous avez voulu vérifier que les photos n’étaient pas truquées. De mon côté comment être sûre que vous garderez ça pour vous? Et que vous me contacterez? »


Il me regarde d'une air compréhensif et me remet alors la clé USB et les photos en me disant qu’il a le tout dans l’ordinateur. Chacun de nous possède donc les informations. Il poursuit en me disant que si c'est des autorités dont je parle, ces recherches sont ultrasecrètes et ne peuvent être révélées, même à des policiers. Il ajoute en souriant qu'il ne tient pas à passer pour un savant fou.


Cette idée me fait sourire également.


« C’est d’ailleurs pour cela que les enlèvements ne sont pas signalés et j’avoue que jusqu’à votre venue, notre milieu était dans l’impasse. Mais pour l’instant, je n’en parlerais même pas à mes confrères, de peur de leur donner de faux espoirs, ou de nous mettre tous en danger. C’est entre vous et moi ».


Ses paroles me rassurent sur la confidentialité dont il fera preuve. Il me raccompagne jusqu’à la sortie de l’institut en me promettant de me contacter à l’auberge. Nous échangeons une poignée de main alors qu’il me remercie de ma venue.
« Revenez entre temps si vous le souhaitez ».


J’avance jusqu’à la statue de l’esplanade et m’assoit quelques minutes sur le banc situé en face d’elle. J'en profite pour grignoter les quelques biscuits pris à l'auberge.


Le poids de ce que je viens de vivre ces deux derniers jours me tombent brutalement sur les épaules. Je ferme les yeux et soupire. Je décide d’aller retrouver Jess à l’auberge. Malgré sa nature, il m’apparaît finalement comme la seule figure réellement amicale dans cette ville.
Jeu 6 Jan - 01:29 (2011)
Jess
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
« ... relève-toi, vampire. L'heure n'est pas aux génuflexions, mais au combat... »
Jeu 6 Jan - 01:30 (2011)
Lou Chan
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Shadow, qui m’a servi de couverture toute la nuit, est partie, je sens la fraicheur des petits souffles du vent, la chaleur des rayons du soleil sur ma peau, les herbes qui me chatouillent le visage, les odeurs des parfums de fleurs…
Je ne veux pas ouvrir les yeux, car je sais que, bientôt, je devrais repartir…
Une ombre passe, qui me lèche le visage au passage…
Mes yeux s’ouvrent, je vois les rayons du soleil qui filtrent à travers les feuillages de tous ces arbres, et Shadow est là, à coté de moi, assise, elle remue la queue…
« Je sais, je sais ^^ ça te manque à toi aussi, hein ? »
Comme réponse elle aboie
« Bon d’accord, on va chasser toutes les deux »


Puis je me lève, m’étire.
« Prête ? »
Puis la chasse commence…
A la fin de la partie, un petit tas de gibiers est réuni.


A la fin du repas, Shadow me regarde avec insistance.
Je souris
« Alors toi, je te connais trop bien pour savoir se que tu mijote ! »
Puis Shadow se jette sur moi, qui l’évite de peu, et nous commençons à jouer.


Un peu plus tard, étalées toutes deux dans l’herbe, je dis.
« Aller debout !!! Il faut y aller !!! »
Je suis heureuse de passer un moment, seule avec Shadow ! Même retrouver la ville me fait sourire…


A la lisière de la forêt, nous nous arrêtons pour sentir une dernière fois l’air de notre maison…
Et voila, de retour en ville !
Retrouvons Jess et Taïla…
Jeu 6 Jan - 13:20 (2011)
Saënd
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
« Cela faisait longtemps… »


Depuis ces quelques jours bon nombre de souvenirs que je préférerais oublier refont surface.
Dëss d’abord car bien que notre duo soit efficace, il m’en rappelle un autre, bien plus puissant, bien plus accordé… et maintenant EUX, tristes restes d’une des épisodes les plus sombres de mon histoire…Mais le passé est le passé, peut-être pourrais-je racheter certaines de mes erreurs si sa présence implique bien ce que je pense.
Dëss par contre n’a pas l’air de regretter ses actions passées et LEURS présences le mettent dans des dispositions relativement négatives…
ILS s’avancent dans la lumière, ils n’ont pas changé d’un iota, pour LUI : même catogan argenté lui descendant au milieu du dos, yeux bleu pâle, katana orné du symbole lunaire sur la garde, smoking noir chemise blanche, le Dauphin est là.
ELLE, ses longs cheveux d’un noir de jais encadrant son visage à la beauté surnaturelle où deux yeux émeraudes me transpercent, sa tenue a changé en revanche, un corset de velours noir rehaussé d’argent et un pantalon large à lacets, aucune arme n’est visible, la Princesse des vampires m’en veux toujours d’avoir rejeté ses avances il y a sept cents ans lorsque j’étais encore un jeune elfe. Après l’avoir combattue sur mes terres me voilà maintenant un de ses sujets …quelle ironie...


Sa voix mélodieuse presque envoûtante parviens à mes oreilles. Je mets quelques secondes à réagir encore sous le choc de ces " retrouvailles ".


« Mon cher ami, cela fait bien des siècles que nous ne nous sommes pas revus. Nous nous sommes sans doute quittés en mauvais termes ».


Je l'interromps.


« Ça c'est le moins qu'on puisse en dire… »


Imperturbable elle reprend.


« Tu es toujours le même à ce que je vois. Mais vois-tu il est temps pour le moment de mettre de coté nos petits différends, et de plus si ton sens de l'honneur est resté intact malgré ta transformation je te rappelle que tu me dois une certaine forme d'obéissance ».


Je serre les poings, pourquoi appuie-t-elle là où ça fait mal? Ce n'est pas son genre d'essayer de me braquer…Que manigance-t-elle?
Ne s'étant rendu compte de rien où n'ayant tout simplement pas eu envie de relever mon comportement elle continue.


« La mission que les hauts-démons ont confié à Dëss nous a était rapportée par nos informateurs mais avant que nous ayons pu déplacer un émissaire sur le terrain plusieurs vampires dont toi ont été impliqués. Mais désormais nous nous devons d'entrer sur scène car seuls vous n'y arriverais pas. Il est temps. Celui que vous avez enfermé il y a sept cent ans doit être libéré. Cet enfermement qui t'a coûté ta mort naturelle et la pleine potentialité de ses pouvoirs à Dëss doit être brisé. Au fond de cette grotte vous trouverez un portail pour nous rejoindre ».


Une fois le message terminé leurs silhouettes s'effacent. Le Dauphin n'est pas plus bavard qu'avant… Pour une raison inconnue au fond de moi je suis pressé de les rejoindre. Peut-être parce que je pourrais enfin mettre au clair certain point…


Dëss semble se réveiller d'une transe, sans doute a-t-il dû se maîtriser pour ne pas leurs sauter à la gorge. Je vais devoir faire attention, il n'a toujours pas digéré de s'être fait battre en duel sans magie par le Dauphin.
Je m'avance vers le fond de la grotte Dëss sur mes talons. J'aperçois rapidement le portail de Voyage. Après avoir demandé à mon coéquipier de m'attendre là je m'engage dans le vortex bleuté.


Je suis transporté dans un tourbillon bleuté propulsé par les courants magiques vers ma destination.


Je ressors d'un bond du vortex me rétablissant sur le sol quelques mètres en dessous de l'arrivée. Je n'ai pas le temps d'observer la pièce qu'une forme floue me percute et m'envois bouler trois mètres plus loin sans avoir le temps de me relever le flou se déplace et arrive au-dessus de moi. Soudain je ressens une piqûre au niveau de ma carotide, le plaisir et pimenté par cette petite douleur est bluffant. Je me sors vite de cet état de transe.


« Loëna stop!
- Et bien quoi oreilles pointues? Ce n'était pas agréable ?
- Ce n'est pas ça le problème altesse (le mot coince dans ma bouche) mais à ce rythme vous alliez me vider de mon sang et votre père serai resté enfermé jusqu'à l'apocalypse ».


Assise sur mon torse ses lèvres formes un plis boudeur, elle n'a vraiment pas changé.
Sur ces entrefaites Dëss sort du vortex, et, une fois rétabli au sol me jette un regard noir.
Je vais avoir du mal à gérer entre sa rancœur envers le Dauphin et la Princesse qui passe son temps à me tourner autour…j'ai déjà vécu pire …enfin…sans doute…
Un grognement de Dëss me sort de mes pérégrinations spirituelles. Il est temps d'y aller.


« Loëna, cela t'ennuierait-il de bien vouloir te lever pour que nous puissions aller au caveau de ton père ?
- OOUUIII!!! »


Soupir.
Prenant une inspiration je me retrouve en éclair à coté de Dëss, tout va bien je suis plus rapide qu'elle pour le moment. Devant notre petite équipée se dresse une porte à doubles battants de bois renforcés de runes diverses. Je me concentre, au fur et à mesure je retire toutes les protections placées des siècles plutôt lors d'une guerre où pour l'argent j'avais violé mes principes, puissent mes actes m'emmener à la rédemption de mon honneur et de ma conscience.
Au bout d'une petite heure la porte s'ouvre enfin, en sueur je m'écroule Loëna se jette pour me rattraper, d'un regard je la remercie. Pour une fois je suis heureux qu'elle soit là.
Désormais c'est à Dëss d'enlever les prochaines protections. Seule la porte principal était mon œuvre, quelles protections Dëss a-t-il mis entre le roi et nous?
Je n'en ai aucune idée mais l'avenir nous répondra.
Jeu 6 Jan - 13:21 (2011)
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire

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