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"Le Sang des Rois" : L'histoire
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"Le Sang des Rois" : L'histoire
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Taïla
L'Encre des Rois

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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
PublicitéSupprimer les publicités ?
J'ai l'impression d'être un pantin que deux enfants se disputent avec violence. Détournant l'attention de mon agresseur, Jess parvient à me tirer de ses griffes. Sans m'en être vraiment rendue compte, je me retrouve à l'abri derrière lui. Cette fois c'est lui qui me dit de fuir. Tremblante de peur, j'en suis pour l'instant incapable. Je me force à respirer lentement histoire de me calmer. L'être ailé rejaillit des gravats sans aucune égratignure. Je recule par instinct et butte dans quelque chose à mes pieds. La mallette... La voir si près me fait l'effet d'un jet d'eau. Elle s'est en partie ouverte sous l'impact. Je glisse le manuscrit dedans, le referme maladroitement et pars en courant.
Jeu 6 Jan - 13:37 (2011)
Jess
L'Encre des Rois

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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Dommages colatéraux... j'ai essuyé des coups ravageurs, j'ai encaissé tant bien que mal, et ma contre-attaque commence à payer. Déjà mon adversaire recule et grimace sous l'effet de mes frappes.


Ce qui m'intrigue, c'est qu'il n'a pas l'air d'être tout seul dans sa tête. En plus de notre combat il semble en mener un autre, intérieur celui-là. Il faut dire que le voir s'autophager me renforce dans ma conviction qu'il est fou. Ca existe ça, la folie du démon ? Et un démon possédé ?


Je le saisis par les cornes, et effectue un saut périlleux magistral au-dessus de lui. L'inertie de mon mouvement et la puissance de mes appuis m'aident à le projeter contre un panneau publicitaire faisant apparaître des cercles concentriques. Bien sûr, j'ai mis dans le mille : ses cornes sont plantées au milieu de la cible, et il se tortille pour les extraire.


Décidemment les cornes de mon adversaire m'inspirent, et je décide d'adopter la technique des matadors. Habit de lumière, muleta et longue épée. La foule crie OOOOLE à l'unisson. Je suis El maravilloso, j'ai combattu plus de deux cents fois dans cette arène, et je connais toutes les passes et esquives possibles et imaginables. Je suis invincible.


J'ouvre les yeux : revoilà la bête...
Jeu 6 Jan - 13:37 (2011)
Dëss
L'Encre des Rois

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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Ouille !


Il me prend pour quoi lui ?!
Il veut jouer au matador? Il va être surpris. Mon bras se lève, ma main s’ouvre et une énorme décharge en sort, une lumière violette, entouré d’éclairs noirs, et se dirige vers lui. Il a juste le temps de bondir sur le côté pour l’esquiver … J’avais prévu son déplacement, je suis juste derrière lui, il a sauté dans ma direction, je ne sais pas si il sait que je suis la, mais il ne peux rien faire dans cette position.


Je le frappe en plein milieu du dos, il s’écrase de tout son long sur le sol et y laisse une empreinte similaire à celle que l’on peut faire dans la neige. Je saisi sa jambe droite et la tire vers le haut, j’ai de la chance, il ne pèse pas bien lourd, et l’envoie à nouveau sur le sol, sans lâcher sa jambe. Je recommence cette action une nouvelle fois, et encore une. Le voila tel une peluche et moi l’enfant gâté faisant son caprice. Il semble inconscient, et je profite de cela pour l’emmener avec moi dans les airs, à une centaine de mettre de la terre ferme. Je relâche ma prise sur lui, et laisse son corps tombé. Durant les quelques secondes ou il chute, je pose ma main gauche sur la droite, et en sors une épée courte ressemblant à un Katana.




Il atterrit durement entre les cailloux et rochers de notre combat, et ne bouge pas. Je plonge vers lui, arme tendu et décide d’en finir avec lui. J’accélère ma chute par quelques battements d’ailes. Une explosion fait trembler le quartier de la ville où nous sommes. Les murs des habitations commencent à se craqueler, plusieurs bâtiments peu solides s’écroulent provoquant un fracas assourdissant, et loin de là, un gâteau d’anniversaire tombe à terre. La poussière se dissipe et je peux voir mon arme plantée dans … le sol ?! M%!@$ !! La poussière se dissipe, je suis à genou, mon arme planté dans le sol, il est devant moi, les jambes fléchis, il se tient les cotes et me regarde froidement en essayant de retrouver son souffle. Ses vêtements en lambeau tout à l’heure sont maintenant inexistant, torse nu, il ne porte désormais plus qu’un pantalon dont une des deux jambes est totalement déchirée.
Jeu 6 Jan - 19:40 (2011)
Jess
L'Encre des Rois

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Inscrit le: 02 Jan 2011
Messages: 91

Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Oooolé ! Cette fois c'était moins une. J'ai évité l'estocade au dernier moment, car désormais c'est moi le taureau, nu et vulnérable. Mon habit de lumière n'est plus.


Mon adversaire a l'air parfaitement remis de sa faiblesse passagère, et il commence à donner la pleine puissance de ses pouvoirs. Il utilise la magie, et ça, c'est pas bon pour moi. Il va me falloir redoubler de vigilance pour ne pas finir en méchouis. De toute façon je n'ai aucune chance contre lui. Si je m'entête à faire face, l'issue du combat est déjà écrite.


Le bon point dans l'histoire c'est qu'en canalisant sa colère contre moi, il en a oublié sa faim de Taïla. Elle s'est enfuie en courant, j'espère qu'elle est loin maintenant, et à l'abri. Peut-être devrai-je moi aussi prendre la tangente... mais si il me pourchasse je suis cuit.


Accroupi je tente de retrouver mon souffle. Mon esprit carbure à 2000. Il me faut une idée vite, une ruse, ou son prochain coup peut bien m'être fatal. Mon esquive l'a laissé surpris et m'a offert un peu de répit, mais le voilà déjà qui revient à la charge. Une idée, vite...


La déflagration de son attaque a provoqué une véritable secousse sismique. La terre s'est craquelée, et par endroit les canalisations sont à nue. Je me sers de mon odorat puissant pour repérer celle qui m'intéresse... là. Juste là.
Une grosse conduite en fonte, miraculeusement entière, jusque là.


Sans quitter le démon des yeux, je me déplace lentement pour placer la conduite entre lui et moi. Lentement également, il s'approche, comme deux boxeurs qui s'observent. Puis lorsqu'il est au-dessus de la conduite, je me mets à ricaner bêtement :


"Eh Belzébuth ! Elle doit t'avoir sacrément cocufié ta succube pour que tes cornes soient aussi grosses !"


Comment dire... vibrant de rage ? Les naseaux écumants ?


Il est tombé dans le panneau. Il pousse un cri indescriptible, et dans une bouffée de haine me projette à nouveau une boule d'énergie violette et noire, qui au contact de la fuite de gaz fait exploser la conduite. J'ai eu le temps de bondir en arrière et de me protéger un temps soit peu, mais la déflagration me catapulte à plusieurs centaines de mètres dans les airs. Quant à lui, il a disparu au milieu d'un épais nuage de gravats, laissant la place à un cratère d'une cinquantaine de mètres de diamètre. Le quartier est en ruine, plusieurs immeubles se sont effondrés. J'espère l'avoir pulvérisé.
Jeu 6 Jan - 19:41 (2011)
Taïla
L'Encre des Rois

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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
J'ai à peine fait quelques centaines de mètres que la terre se met à trembler. Autour de moi, les gens s'affolent, se demandant bien ce qui leur arrive. S'ils savaient... qu'il vaut mieux parfois être dans l'ignorance. Par chance, je tiens miraculeusement sur mes deux pieds. Pas pour longtemps. J'évite de peu quelques pierres, mais m'affale à cause d'une fissure qui s'ouvre sous moi. Mon pied y reste coincé et je m'étale de tout mon long sentant une douleur fulgurante étreindre ma cheville. Il ne manquait plus que ça… Les mains et l'épaule douloureuses, je ramasse la mallette que j'ai lâché dans ma chute, me relève difficilement et reprends ma course clopin clopant, convaincue qu'il me faut mettre le plus de distance possible entre moi et.... cette chose.
Jeu 6 Jan - 19:43 (2011)
Urdaan
L'Encre des Rois

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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Immobilisé et à moitié empâlé, ce jeune idiot est plus que jamais à ma merci. Quel crétin ! Ma haine est violence, ma violence est coups. Quel misérable crétin ! Il ne mérite pas de vivre. Je m'acharne sur lui alors qu'il est déjà dans un sale état, je suis insatiable, intarissable. J'ai l'impression que je ne m'arrêterai jamais de le frapper, même lorsqu'il ne sera plus qu'un pantin inerte, qu'un cadavre vide, qu'une bouillie de chair sanguinolente. Il centralise toutes mes haines.


Je le hais comme il y a longtemps que je n'avais pas haï quelqu'un. Non, en fait, je ne me souviens pas avoir autant haï auparavant. Même lorsque je tuais autrefois, c'était de manière froide, détachée. Un bon petit soldat. J'exécutais sans haine, et sans état d'âme.


Pourquoi le haïr autant ? Que m'a-t-il réellement fait pour mériter un tel courroux, une telle rage ? Mes coups se font plus mous, moins sûrs. Je deviens spectateur de mes propres actes, je ne suis plus sûr de rien. Une lourde fatigue m'envahit, ma vue se trouble, mes membres deviennent lourds, mes bras retombent le long de mon corps et je m'affaisse sur mes genoux.


Prostré, j'ai un spasme de l'estomac et je vomis quelques sucs. Je suis complètement vidé de toute énergie, aussi je ne réagis pas quand je sens qu'on me soulève par les épaules et qu'on m'emmène. Mes pieds trainent au sol. Dans un brouillard lointain, je perçois quelques silhouettes silencieuses qui s'activent autour de moi. Je les vois transporter d'autres masses, et réussis à comprendre qu'ils emmènent également Ezekiel et la fille du bunker.


Puis une des silhouettes s'approche de mon visage. Je ne vois pas le sien, dissimulé derrière un linge couleur ocre. Il me fait penser à un touareg peint par Delacroix. Il semble me sourire, et je souris à mon tour lorsqu'il me salue


«Bonjour général».
Jeu 6 Jan - 19:44 (2011)
Dëss
L'Encre des Rois

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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Crève. Meurtres. Sang. Massacres. Douleurs. Vengeance. Sang. Peur. Meurtres. C’est mots résonnent dans mon crane qui est proche de l’implosion. Une jambe en morceau, l’autre en sale état, plusieurs côtes brisées, un bras arraché et un autre dont la main n’est plus utilisable, ma nuque est brisée, j’ai également un œil crevé, une de mes ailes n'a pas survécu et l'autre ne ressemble plus à rien. Je ne pourrais pas faire un seul geste avant un bon moment. Je n’aurais pas du être aussi touché par l’explosion, mais j’ai profité de la surprise que mon adversaire a produite après m’avoir provoqué et forcé à l’attaquer. Durant les trois secondes où mon corps m’a obéit, j’ai foncé à l’endroit exact d’où partait le souffle de l’explosion, en espérant que le choc me permette de contrôler à nouveau mon corps. Je pense que cela a marché, mais je ne pourrais en être sûr que lorsque je serais rétablit et que je pourrais bouger.


Je sens mes jambes se contracter, mon bras bouge et mes doigts creusent dans le tas de gravats qui m‘entourent, tous mes muscles continuent à fonctionner. C’est atroce, je ressens la douleur dans chaque centimètre de mon corps. J’ai l’impression que rien ne pourrait me faire plus de mal, quand au même moment, je sens mon bras arraché commençant à repousser à une vitesse folle, les cellules se multiplient, les nerfs, la peau, les os, tout redevient à la normale, et cela me fait si mal que je me met à hurler, à crier, mais aucun son ne sort, j’ai la bouche et le ventre remplis de gravats, de sable et de débris de l’explosion.


Au bout d’un long moment, après avoir souffert comme aucun mortel n’avait jamais été capable de le faire, je sors la tête du sol. Mon œil n’étant pas totalement guéris, je ne vois que du gauche. Mais il n’y a rien à voir, je suis en contrebas, le sol autour de moi est en montée, mais cela ne m’empêche pas de voir que les bâtiments les plus proches ne sont plus là, les plus éloignés ne sont plus debout et au milieu de la ville un espace n’est plus composé que de cendres et de ruines. Je me lève, je trébuche et retombe sur le coup, je réessaie et marche une dizaine de pas avant de retomber sur les genoux. Je crache un mélange de sang, de pierre et de liquide noir. Vu à la vitesse où je me reconstitue, les pouvoirs de l’âme que j’ai récupéré sont bien plus puissant que je ne l’imaginais, logique que ma faim soit aussi forte. Mon œil est totalement soigné, je ne peux me rendre compte que de l’ampleur des dégâts. Mon ennemi doit aussi avoir vécu un dur moment, malheureusement pour lui il n’a pas mon pouvoir de guérison. Que vais-je faire de lui ? Je verrai cela plus tard. Pour l’instant, je dois voir si je suis bien moi-même, et la seule solution est de me retrouver devant lui. Je décide de le chercher. Je déploie mes ailes et me prépare à m’envoler lorsque je sens un regard posé sur moi : Le sien.


A la seconde même, ma rage revient, plus forte, plus intense, plus profonde. Je vois son visage, ses blessures, il semble être évanouit. Je veux qu’il crève !! Je veux voir sa dépouille sur le sol et pouvoir le frapper sans cesse. Je cours vers lui, ressort une arme avec le même procédé qu’auparavant, je pose ma main gauche sur le dos de l’autre et en sort une lame plus grande, plus affuté, et meurtrière que la première. Il est allongé devant moi, je plante mon arme dans sa jambe droite, ce qui en plus de le réveiller, fait gicler du sang un partout et me confirme que j’ai touché le bon endroit. Il retire l’arme et recule en se trainant par terre, il prend un peu d’élan et me plonge dessus, je l’esquive par le côté et lui mort le cou au passage, un bout ce chaire et du sang me reste dans la bouche. Il est comme tout les vampire, il n’a pas de goût, il ne m’apporte même pas une sensation apaisante. Pitoyable..


Le voila qui retente sa chance encore une fois, je vais lui faire passer l’envie de résister. Il me saute dessus, je le stop dans son élan, le saisis par le cou et le porte, il ne peut plus respirer, je le laisse essayer de se débattre, pour lui montrer sa faiblesse. Lorsque je sens qu’il ne régis presque plus, je le lâche et au moment où il touche le sol, je lui enfonce mon point dans le ventre, un craquement se fait entendre et du sang coule le long de sa bouche. Je le jette en l’air, et utilise mon arme pour lui lacérer le torse à de multiples endroits. Il retombe durement sur le terre, je n’en ai pas finit avec lui, je le soulève d’un bras et lui écrase le nez avec mon front d’un cou violent. Encore du sang, toujours du sang … ce n’est pas assez. La couleur rouge m’enivre, je sens ma rage augmenter de plus belle à chaque goute de ce liquide que je vois. Il trébuche sur quelques mètres avant de réussir à trouver l’équilibre, il ne semble pas vraiment réfléchir, presque être ailleurs et pourtant il m’attaque à nouveau: il s’approche de moi rapidement, je tend le bras pour le frapper, il l’esquive et le prend, il passe derrière moi et me fais une prise me forçant à poser un genou à terre. Je le soulève avec mon bras retourné, je me déboite l’épaule et fait passer mon ennemi par-dessus moi. Il s’écrase au sol, tête la première.


Le voila à ma merci. Je vais mettre fin à ses souffrance, je sens la chaleur qui monte, le désir de tuer, l’envie de se sentir fort et d’achever sa proie. De multiples éclairs noirs se mettent à tourner autours de mon bras, je m’approche pas à pas de ma victime. Je sais que nombre de ses côtes sont en morceaux, son nez est cassé, sa jambe gauche est inutilisable, son visage et son cou tienne uniquement grâce au lien de peau qui les rattachent. Il n’a aucune chance, en ce moment, je suis plus rapide que lui, je suis préparé à l’envoyer aux enfers, j’ai 90% de mes blessures guéries, alors que lui ne peut même plus tenir debout. Je le voit se relever, une dernière fois, mon bras est armé, et la proie prête.
Jeu 6 Jan - 19:44 (2011)
Roi Adam de Lécidéa


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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
CESSE ! Démon…


Je vois la figure interloquée du Né-Deux-Fois, lorsque par la voix du démon, je prononce cette phrase. Le cimeterre démesuré, appartenant au corps que je possède maintenant, effleure le visage de sa victime. Un mince filet de sang ruisselle sur sa joue. Le démon lutte, il est puissant, il le savait, il m’attendait, cela faisait si longtemps… Du moins pour lui !


Je sens son souffle, « notre souffle », haletant, court, irrégulier. Je prends mon temps. Je l’emprisonne dans sa propre enveloppe charnelle. Je savoure… Son corps et ses pouvoirs sont puissants, sa capacité de régénération dépasse tout ce que j’ai pu envisager, même lorsque j’étais à l’apogée de mon règne. Il sourit intérieurement, bouge son bras libre et de son doigt, recueille le sang sur la figure du vampire, l’expose à « notre » vue.


Je revis les derniers temps de quiétude que j’ai vécu, la beauté en toute chose, la liberté… les images s’entrechoquent, me troublent, lui font mal. Je crois qu’il comprend. Son esprit se fige. J’étais en PAIX.


Le vampire est énormément affaibli et le soleil tape fort. Heureusement, la fumée noire de l’explosion filtre les rayons de l’astre destructeur. Je reprends pleine possession du corps du démon, mon fluide vital s’insinue dans ses ailes puissantes. La sensation est agréable. Le Né-Deux-Fois se relève tant bien que mal, il ressemble à l’une de ces marionnettes que les humains utilisaient jadis, totalement disloquée, folklore de mon époque. « Il » lutte en moi, en « lui ». Je fais appel à ce que qu’il y a de plus profond en lui, ce qu’il m’a volé, et je déploie « nos » ailes.


Avant de l’éloigner, je susurre à son ex-victime : « protège l’humaine, coûte que coûte ».




La ville parait miniscule vu de là-haut, j’ai du mal à le contrôler, il résiste bien. J’aperçois une étendue désertique au loin…




*Le démon virevolte tel un papillon fou. Il hurle comme un pauvre diable prisonnier de sa boite. Ses gestes sont saccadés, comme pris des convulsions violentes. Soudain il se fige puis incline son corps en direction du désert. Et fonce en piqué dans sa direction.*


Je vois le sable se rapprocher de moi à une vitesse vertigineuse. Il faut que je « le » quitte. Il faut que je récupère mon essence avant que tout ne cesse. Je sens que c’est trop tard…


AHHH !


J’ouvre les yeux sur ma crypte froide…
Jeu 6 Jan - 20:12 (2011)
Taïla
L'Encre des Rois

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Inscrit le: 02 Jan 2011
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Je ne sais pas depuis combien de temps je clopine, mais je me sens vidée. Je m'arrête, essoufflée. Lorsque je lève les yeux, je m'aperçois que je suis dans un quartier n'ayant pas subi de dégâts. Devant moi, une petite chapelle de marins. Un signe ? Peu m'importe... Mon père m'a éduqué dans le respect de la nature plus que dans la religion, mais ce bâtiment me paraît être un excellent refuge.


J'y pénètre. La charpente en bois est en forme de coque de bateau renversée. En face de moi, un crucifix. Sur l'autel, quelques reliques sacrées. Devant lui, une statue, un navire à voiles à ses pieds. Celle de Saint Elme sans doute. Logique dans cette chapelle... Un écriteau indique « Eglise consacrée en 666. Don de la dame d'Elesmera suite au retour miraculeux de ses deux fils perdus en mer ». Sur les murs sont suspendus de nombreux ex-voto en remerciement de l'intervention de Saint Elme lors de naufrages. L'un d'eux attire mon attention. Il porte un symbole que je connais bien. Un phénix renaissant de ses cendres, le même que sur le médaillon de ma mère... Que fait-il ici ? Je m'approche et reçois un choc :


«Prière d'un père pour sa petite fille. Veille sur ma fille Taïla. Qu'aucune tempête terrestre ou marine n'emporte l'être qui m'est le plus cher».


Des larmes coulent le long de mes joues. Ce vœu doit dater, mais je sais qu'il a toujours été présent en son coeur, jusqu'à son dernier souffle... Je ressens au fond de moi le même vide que lors de la perte de ma mère. Je sais que contrairement à ce qu'il m'a promis, mon père ne me rejoindra pas ici... J'effleure la plaque du bout des doigts, luttant pour ne pas m'effondrer.


L'adrénaline m'avait en partie fait oublier la douleur, mais elle reprend de plus belle, à l’épaule, à la cheville… C’est à la limite du supportable. Je détache mon regard de ce dernier témoignage d'affection de mon père et boitille jusqu’au banc le plus proche pour m'y étendre, la mallette serrée contre moi. Il faut que je fasse le vide afin de prendre une décision rapidement. Mais l'issu de tout ça est loin de dépendre de moi... Force est de l'admettre. Mon esprit s'évade vers le voeu de mon père. Sa preuve d'amour me redonne de l'espoir. Rien n'est perdu, pas tant que je suis encore là. Pour lui, je n'abandonnerais pas.
Jeu 6 Jan - 20:13 (2011)
Ezeckhiel
L'Encre des Rois

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Inscrit le: 03 Jan 2011
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Il faut croire qu'être son prédateur ne me suffira pas. Ses attaques me ridiculisent, et je ne tarde pas à m'affaler contre le sol, vidé de toute énergie vitale. Je crois que c'est définitivement la fin...


Allongé sur des feuilles mortes, je sens presque mon âme quitter mon corps. La fin est probablement proche, et ma dernière vision, ce sera eux.
Oui, eux, ces magnifiques arbres qui me cachent, aidés par les nuages, des rayons du soleil. C'est probablement sa faute, si j'ai perdu.
Astre à la con...


Lentement, je m'endors, partant pour un sommeil prolongé.


Du moins, c'est ce que je croyais. Deux hommes dont les visages sont presques entièrement recouvert par des cagoules, ne laissant apparaître que leurs yeux, m'attrappent par les bras, et me traînent dans la forêt. Je comate totalement, et ne porte aucun interêt au sort qu'ils vont me réserver. Je pense avoir atteint un seuil jusqu'ici inégalé en matière de douleur.


Plus loin, je vois ces soldats s'occuper de mon bunker, si précieux. Finalement, ma cachette aura perdu toute sa splendeur, ce matin. Ils en explosent la porte métallique à coups de pieds, et finissent, quelques minutes plus tard, par sortir Zillah, et lui réserver le même sort qu'à moi.


Je ne les entends plus, ni eux, ni Urdaan, qui semble avoir repris le dessus sur ce poison. Il est exténué, et l'un de nos ravisseurs lui parle. Je n'aurai pas le temps de comprendre ce qu'il dit: la prise de l'un de mes deux nouveaux amis m'emplit d'une douleur tellement intense que j'en tombe dans les pommes, résigné à mourir.


Je me réveille, seul, dans une sorte de cellule: une chambre noire, comme j'en ai connu lors de mon séjour en prison. Un séjour que je n'avais pas mérité, et que j'ai fini par écourter en me faisant transférer au mitard, pour en détruire le mur et m'évader. Une sacrée partie de rigolade, s'il en est.


Toujours est-il qu'aujourd'hui, je me retrouve je ne sais où, je ne sais quand, et surtout, seul, dans une pièce froide, sombre, et que seule la lumière filtrant à travers la porte arrive à éclairer.


Toujours très faible, je tente de me relever. Je suppose que cela ne fait pas une semaine depuis mon "combat" avec Urdaan: ma cicatrisation n'est pas encore terminée. Ne connaissant pas réellement les limites de mon organisme, et aux vues de la faim qui torture mon estomac, j'estime ma présence en ces lieux depuis trois à cinq jours...
Il frappe fort, le bougre.
Je me vengerais, le moment venu.


Dans la pièce d'à côté, je reconnais la voix de Zillah qui, elle, n'a pas changé d'un pouce. Toujours aussi aggressive et haineuse, aux vues des jurons qu'elle profère et qui résonnent à travers tout le bâtiment. C'est probablement sa faute, si je suis réveillé.
Je me vengerais, le moment venu.


Lentement, je m'approche de la porte, derrière laquelle je peux entendre quelques voix. Sachant mon geste inutile, je tente quand même d'ouvrir cette dernière avec la poignée. On ne sait jamais...


C'est alors que j'entends la voix d'Urdaan. Il semble être familier à nos ravisseurs, puisque ce dernier discute avec eux comme s'ils étaient de bons vieux amis. C'est probablement mon ticket de sortie, je suis soulagé. Calmement, je tente de communiquer, et de leur faire savoir que je suis prêt à sortir de ma chambre d'amis si peu conviviale.


"Eho! Vous m'ente..."
"Ta gueule, le lardon. On a déjà assez de ta copine masochiste pour nous les briser."
Ok, je n'insisterai pas.


Visiblement, je devrais attendre le bon vouloir d'Urdaan pour être libéré. Cela devrait être plutôt rapide...Du moins, je l'espère.


Ma copine masochiste ?
Probablement parce qu'ils l'ont trouvée attachée...Ou peut-être a-t-elle encore faite des siennes lors du voyage. Sacrée gonz...Sacrée bestiole, serait plus approprié.


A mes pieds, devant la porte, s'ouvre une minuscule trappe, par laquelle on me fait passer un plateau repas. Plutôt luxueux, d'ailleurs, pour une geôle: Un bol de tomates cerises particulièrement sucrées et, donc, succulentes, une assiette de lasagnes très convenables, une canette de bière tout ce qu'il y a de plus banale et, en dessert, des fraises avec supplément de sucres et de chantilly: Un véritable régal. Cela m'étonne d'autant plus qu'à côté, Zillah semble ne pas apprécier son repas.


D'après ses cris, la purée de pois cassés n'est pas à son goût. Pas plus que les tripes qui l'accompagnent.


Calmement, je mange, sans chercher à savoir si du poison se cache dans ce plateau, n'ayant pas mangé depuis si longtemps que mes pieds prennent des allures de cuisses de poulets. Je découvre, entre les tomates cerises, des capsules de sang dissimulées. J'apprécie ce geste, d'autant plus que je n'ai pas bu de sang avec un tel goût depuis des décennies. Du sang d'homme tout frais. Sa fraîcheur me donne même un doute sur l'histoire de ce lieu: Où suis-je réellement, pour pouvoir trouver du sang frais en capsule ?!


Puis, quasiment rassasié, je me rafraîchis avec la canette de bière, en me la passant d'abord sur le cou, avant de l'entamer: cette dernière ne tient pas plus de 15 secondes. J'adore l'alcool...


Jugeant qu'elle pourraît m'être utile pour la suite, je rends mon plateau par la même trappe, et garde ma canette, que je m'affaire alors à découper de façon à en faire un semblant d'arme.


Plutôt rudimentaire, le couteau vrillé en aluminium, mais il pourra servir d'arme de jet. Je le range délicatement dans ma chaussette, puis repars m'allonger sur mon lit, pour entamer ma digestion.
Derrière la porte, j'entends la voix de mon gardien, pas très amicale: "La canette."
Ne voulant pas créer de conflits, je sors le couteau de ma chaussette, sagement, et le rends par la trappe, honteux.
A peine étonné, il rigole, et je l'entends parler en s'éloignant.


"Comme s'il suffisait d'une arme...Quel Lardon!"


Ne l'écoutant pas, je vais m'allonger sur mon lit afin d'entamer un repos qui, j'espère, me remettra sur pieds rapidement.
Jeu 6 Jan - 20:14 (2011)
Jess
L'Encre des Rois

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Inscrit le: 02 Jan 2011
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
J'ai tellement ramassé que je ne distingue plus la réalité. J'erre, hagard, au milieu des décombres, le corps en charpie. Je me traîne, rampe sur les gravats, essayant de comprendre quel bulldozer m'est passé dessus, et a fini par s'envoler...


Je devrais être mort, à l'heure qu'il est. Ne le suis-je pas d'ailleurs ? Non, j'ai trop mal. J'ai dans l'idée que la mort apaise. J'ai vu ma mort dans les yeux du démon, sa détermination à en finir. J'étais résigné, voire même étonné d'avoir résisté aussi longtemps. Et puis... quelque chose s'est produit. Il a soudain suspendu son geste, son regard s'est voilé, et il m'a épargné. Enfin, il a différé mon trépas. Prolongé mon agonie. Oui, c'est plus cruel d'ailleurs.


Pourtant, il m'a semblé quelques instants... reconnaître la voix de mon roi. J'en suis convaincu. Pas le timbre, mais les intonations. J'ai suffisamment vécu à son contact pour qu'elles me soient familières. Et puis le démon ne m'aurait jamais dit de protéger la fille. C'est en soi déjà anormal. Et mon délire fiévreux l'autre jour, une prémonition... oui j'en suis sûr maintenant, mon roi est de retour.


Cette pensée agit comme un déclic, mon âme quitte son enveloppe et s'élève... je vois mon corps effondré, disloqué, répandu au milieu du champs de ruines, je vois le cratère au milieu de la ville, puis la ville au milieu de la campagne, puis l'horizon qui se courbe. Je suis mort, heureux pour ma race.
Mon roi est de retour.
Jeu 6 Jan - 20:14 (2011)
Urdaan
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
J'observe la salle autour de moi d'un oeil critique : austérité, fonctionnalité. Aucune décoration. Aucune touche d'esthétique. Chaque meuble, chaque objet a sa place et sa fonction précise. Une table. Deux chaises. Une ampoule, sans abat-jour. Ca ne déborde pas. Ca n'empiète pas. Il n'y a même pas de poussière : inutile.


Le vin qu'on m'a servi est tout à l'avenant : ni bon, ni mauvais. C'est du vin, point. Comment ai-je pu rester tant d'années dans cet univers aseptisé, loin du plaisir, du futile, du coloré, de l'émotion ? J'ai fini par m'en détacher, et je réalise aujourd'hui combien cette décision fût judicieuse, voire vitale.


«Alors général, avez-vous réfléchi à notre proposition ?»


Je reporte mon attention sur mon interlocuteur, qui vient de rentrer à nouveau dans la salle. Astoban. Quand je l'ai connu, il n'était encore qu'un jeune lieutenant maladroit mais prometteur. Je le retrouve commandant, sûr de ses actes et de ses décisions. Il s'adresse à moi avec respect, et dès qu'il m'a souri a travers sa cagoule dans la forêt j'ai su qu'il avait plaisir à me revoir.


Oui, j'ai réfléchi. Et non, je ne suis pas intéressé. Et puis ne m'appelez plus général. Je l'ai été, mais ne le suis plus. Je suis redevenu civil depuis bien longtemps.


Ma réponse ne le satisfait pas. Il se replie sur sa chaise, joint ses index devant sa bouche et réfléchit. Il va revenir à la charge, et il cherche de nouveaux arguments, une nouvelle approche pour me présenter les choses. Voilà 2 jours que ce petit jeu dure, inlassablement il formule la même requête, et tout aussi inlassablement je décline. Ca peut durer encore longtemps.


Lorsqu'ils m'ont récupéré dans la forêt, j'étais épuisé. L'action du sang de Zillah dans mon organisme avait altéré mes pensées, mon humeur et mon comportement. Pendant plus d'une heure, j'ai ressenti la même haine qu'elle, la même souffrance, et tapi au fond, le même désespoir. Pendant plus d'une heure je me suis acharné sur Ezekiel, qui est devenu la cause de mes tourments. Pendant plus d'une heure, j'étais habité par la passion de Caïn.


Il a fallu que mon métabolisme mobilise toute mon énergie pour détruire ce sang maudit, molécule par molécule, me laissant dans un état de lassitude que je n'avais jamais connu jusqu'alors. Inconscient, ils m'ont amené dans une de leurs bases, m'ont soigné et m'ont laissé me reposer pendant 3 jours. Puis la partie d'échec a commencé.


Il quitte sa posture de statue, déplie ses bras. Il va avancer un nouveau pion.


«Général... vous ne m'avez pas très bien compris, je le crains. L'heure est extrêmement grave. Croyez bien que s'il en était autrement, jamais nous ne serions venus perturber votre retraite. Mais nous avons besoin de vous. Il en va de l'avenir de notre espèce. De celle des humains. De celle de toute forme de vie en ce monde.»


Je le regarde, touché par cet élan de sincérité. Cet appel à l'aide a dû lui coûter cher. On a pas l'habitude d'implorer chez les soldats d'élite. Néanmoins, je reste ferme.


Je ne reviendrai pas sur ma décision. Ma position aujourd'hui est la même que celle d'il y a sept siècles, lorsque j'ai quitté le commandement de la garde d'élite du roi. Pire, je mesure aujourd'hui combien cette décision fût sage. Je vis normalement depuis, je suis heureux et épanoui et compte bien le rester. Et puis vous connaissez mes désaccords avec le prince. Servir et protéger le roi fût un honneur et un privilège, mais pouponner un adolescent immature et irresponsable ne m'intéresse pas. Je suis désolé, mais c'est non. Confiez cela à quelqu'un d'autre. Vous, par exemple ?»


Je bluffe, évidemment. Je ne suis pas si heureux et épanoui que ça. Je me suis entouré d'art, j'ai un univers culturel passionnant, mais je vis reclus comme un rat. Ma vie sociale est inexistante. Je suis seul, retiré du monde des vivants. Comme un mort.


«Soyons sérieux. Personne n'a votre pouvoir ni vos connaissances, moi y compris. Et puis le Prince a bien changé en sept siècles. Ce n'est plus le jeune vampire insouciant que vous avez connu et derrière lequel il fallait nettoyer le sillage. C'est un adulte responsable, qui prend très à coeur le présent et l'avenir de notre race. Il faut reformer un pouvoir fort et solidaire pour fédérer à nouveau le peuple vampire. Les années de dispersion et d'anarchie n'ont que trop duré. Il est temps. Nous n'avons pas le choix : l'ennemi que nous avons à affronter est redoutable. Vaincre ou mourir»


Je reste coi, attentif à la suite de son discours. Il n'a pas encore avancé sa dernière tour, je le sens.


«J'aurai préféré ne pas avoir à en arriver là. Mais puisque vous persistez à refuser, laissez-moi vous dire une dernière chose : nous connaissons la véritable raison de votre retrait du commandement de la garde royale. Ce n'est pas qu'un choix de mode de vie : c'est l'aveu d'une culpabilité, celle d'avoir failli à votre mission de protéger le roi.»


Echec. Sa révélation me fait l'effet d'un coup de poignard. Elle réveille en moi de vieux souvenirs, des émotions enfouies que je me suis cachées à moi-même pendant tous ces siècles. J'ai une impulsion, celle de me lever soudain et de lui faire ravaler ses paroles, mais à quoi bon ? Il a raison. Il a foutrement raison. Mon impulsion retombe, je suis abattu. Toutes ces années passées à vivre dans la solitude et le remords...


Il sent qu'il m'a ébranlé. Profitant de son avantage, il me porte l'estocade.


«Nous vous offrons la possibilité de racheter votre erreur, et de retrouver votre honneur et votre conscience en reprennant la tête de la brigade des cagoules pour mener notre race à la victoire dans la plus grande guerre que vous ayiez jamais connue. Et de protéger à nouveau le roi».


J'ai du mal à comprendre.


... le Prince vous voulez dire. Il a été intrônisé ?


«Non, j'ai bien dit le roi. Le roi Adam de Lécidéa»


J'en reste sans voix. Echec et mat.
Jeu 6 Jan - 20:15 (2011)
Alexis le narrateur
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Un point noir vrombit doucement au milieu de l'azur. Il enfle, enfle, au fur et à mesure qu'il se rapproche du building ultra-moderne. L'hélicoptère noir finit par se poser sur le toit du bâtiment qui découpe un F sur la toile de la ville.


Les pâles ralentissent puis si'mmobilisent. La porte ornée d'un F doré et stylisé s'ouvre sur un homme en costume gris, chemise violette, lunettes noires. Il descend souplement de l'aéronef et marche d'une allure sportive vers la cage d'ascenseur bardée de deux gardes en livrée noire. Il ne les salue pas.


Il prend l'ascenseur, compose son code personnel ultra-secret. Pendant les quelques secondes de la descente, il en profite pour s'admirer dans le miroir : épaules carrées, cheveux brun et courts, visage respirant la force, la santé et les séances d'UV. Le monde lui appartient.


Les portes de l'ascenseur s'ouvrent sur son bureau. Spacieux, entièrement vitré avec une vue imprenable sur la ville et l'océan, un mobilier simple mais cossu et grand luxe. Il ne s'attarde pas, ouvre immédiatement la double porte donnant sur la salle de réunion. Tout les membres du conseil d'administration sont là, membres politiques très influents ou patrons des plus grandes multinationales, hommes et femmes, sagement assis autour de la grande table ovale. Douze personnes au total. Son intrusion met fin au brouhaha et aux signes d'impatience. Les regards sont tournés vers lui.


«Bien messieurs. Commençons cette réunion. Je n'irai pas par quatre chemins : si je vous ai demandé de venir aujourd'hui, c'est pour vous demander une participation supplémentaire au Fond de Recherche et d'Innovation.»


Son entrée en matière relance de plus belle les remous. Des éclats se font entrendre, on s'agite sur sa chaise, on s'interroge, s'indigne. Une fois la houle revenue à un clapotis raisonnable, il reprend :


«Je comprends votre réaction. Elle est légitime. Vous avez fait beaucoup d'efforts jusqu'à présent, nous en sommes conscients et vous en remercions. Sachez que toutes vos contributions vont bientôt donner leurs fruits. Nous sommes sur le point d'aboutir nos recherches, nous en sommes au processus de fabrication. Mais cette finalisation est une phase longue et complexe, nécessitant des équipements très pointus et coûteux. C'est pourquoi je vous demande une dernière participation. Après tout, le jeu n'en vaut-il pas la chandelle ?»


- Des mots !


Les têtes pointent à l'unisson vers le personnage qui vient de se lever brusquement. C'est un petit homme replet, aux cheveux et à la petite moustache blanche. Il est rouge de colère, ses yeux bleus acier lancent des éclairs. Il fulmine.


- Nous ne sommes pas des vaches à lait ! Des promesses, toujours des promesses ! Mais que voit-on venir ? Rien ! Absolument rien ! Quelques innovations insignifiantes de ci de là pour donner le change, des rapports bidons, mais rien de concret ! Rien qui ne justifie tous les dons que nous avons pu vous faire ! Ah si un bel immeuble ultra-design, des bureaux magnifiques... du vent tout ça ! J'attendais de la nouveauté, j'attendais enfin le fruit de nos efforts, et au lieu de cela vous nous demandez de mettre encore la main à la poche ? Et bien non ! C'est fini pour moi, je me retire.


Et de joindre le geste à la parole en commençant à ranger nerveusement ses papiers dans sa mallette.


Quelques rumeurs d'approbation commencent à monter des rangs des autres mécènes. Avant qu'elles ne prennent trop d'ampleur, le Président intervient :


«Allons allons messieurs dames, un peu de calme je vous prie. Gageons que Monsieur le Ministre de l'industrie connaît une période difficile avec la crise ambiante, et que les responsabilité de sa charge pèsent sur son état de nerf. Je vous en prie monsieur le Ministre, veuillez vous ressaisir et vous rasseoir. Je vais vous faire apporter un rafraîchissement»


- Rien du tout ! Je m'en vais !


Une tension oppressante s'empare de l'assistance. Calmement, le Président reprend la parole tout en sortant de sa poche une petite boîte en ivoire. Onze paire d'yeux interloqués observent son manège. Le Ministre est trop occupé à ranger ses documents à la hâte pour y prêter attention.


«Il est fort regrettable que nos relations se terminent ainsi. Si près du but, qui plus est. Mais c'est votre choix, tant pis pour vous»


Il ouvre la boîte. Un miniscule point noir en décolle, et se dirige vers le Ministre, sous les regards médusés.


«La vie éternelle vous tendait les mains...»


Le Ministre ne voit pas le point noir pénétrer par une se ses narines. Soudain il se fige, les yeux exorbités, puis retombe sur son fauteuil et est agité de soubressauts. Puis il se fige à nouveau, raide. Un jus indescriptible coule par ses narines et macule son costume haute couture.


Le point noir ressort par la narine du cadavre, volette doucement devant les nez horrifiés des autres donateurs et réintègre la petite boîte blanche. Le Président la referme et la remet dans sa poche.


«Je suis vraiment navré d'avoir été obligé d'en arriver là. Mais nous ne pouvons plus faire marche arrière. Nous sommes trop près du but. Vous savez ce qu'il vous reste à faire.», et à ces mots il tourne les talons et s'enferme dans son bureau, laissant les puissants tremblants de peur et se précipitant sur leurs téléphones portables pour passer les ordres de tranferts.


Le Président s'assoit bien confortablement dans son fauteuil rembourré cuir. Il pousse un bouton sur l'accoudoir, et du plafond descend un grand écran ultraplat. Après quelques secondes, le visage décharné de momie apparaît. Il reçoit la communication directement dans son cerveau.


- Alors ?
- Tout est bien. J'ai été obligé de me séparer du Ministre de l'industrie, mais les autres n'en sont que plus dociles. Les fonds sont en train d'être virés.
- Un pantin insignifiant. Poursuivez.
- Notre agence d'Elesmera rapporte qu'une explosion très importante a endommagé ses locaux.


Le spectre se met à siffler, haineux :


- Que m'importe !
- L'explosion ne serait pas de source humaine. Un démon aurait été aperçu dans le ciel juste au-dessus. Ainsi que les fugitifs, quelques heures auparavant.


Les yeux de l'abomination se plissent :


- Envoyez une brigade d'intervention à Elesmera. Je les veux !
- Bien monseigneur.


L'écran devient noir et réintègre le plafond.
Jeu 6 Jan - 20:16 (2011)
Taïla
L'Encre des Rois

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Inscrit le: 02 Jan 2011
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
J’ai dû m’assoupir et dormir quelques heures car, lorsque je me réveille, l’angle du soleil au travers des vitraux a complètement changé de position. Celui-ci passe par le vitrail du portail d’entrée et s’étend en une longue traînée multicolore pour aller éclairer complètement la statue de Saint-Elme. J’imagine qu’il doit être midi, ce qui signifierait que j’ai dormi toute la nuit et la matinée.


Ce repos m’a fait le plus grand bien. J’ai les idées plus claires. Je reste encore un moment allongée sur ce banc. Jess… Le combat doit être terminé. Il s’est de nouveau interposer pour me protéger. Pourquoi risque-t-il sa vie comme ça pour une inconnue ? Risquer sa vie… Je m’assois d’un seul coup. Il faut que je le retrouve, que je m’assure qu’il va bien.


Je me lève difficilement, le corps douloureux. Une dernière fois, je me dirige vers l’ex-voto de mon père. Une dernière fois, je le relis pour graver son vœu dans ma mémoire. Une dernière fois, je l’effleure du bout des doigts. Je suis déterminée à ne pas le décevoir et à ne plus laisser la peur guider mes pas.


« Papa, où que tu sois… Je te promets que j’y arriverais… Aucune tempête ne m’emportera. Je te le promets ».


Je porte mon index à mes lèvres et le pose sur le phénix.


« Je t’aime papa… »


Je me détourne du mur, reprends la mallette et me dirige vers la sortie en boitillant. La douleur passera. Dans ma course de la veille, j’en ai oublié de me repérer, mais les dégâts sont visibles de loin. Après un long moment, j’arrive à ce qui devait être la place du marché, éclairée par de nombreux gyrophares. Les secouristes s’activent à déblayer les tas de gravats sous lesquels leurs chiens ont repéré quelques signes de vie. Les autorités ont apparemment fait appel à des volontaires pour agir plus rapidement. Je me mêle donc à eux.


Je passe à côté d’un groupe dégageant un homme, visiblement mort. Il rejoindra les autres corps alignés à l’opposé du poste de secours avancé. Des victimes sont prises en charge un peu partout, tandis que les secouristes courrent de l’un à l’autre. Partout, des blessés plus ou moins graves. Partout, des morts. Partout, des habitants habillés pauvrement profitant de la catastrophe pour ramasser la marchandise du marché éparpillée à terre. D’autres n’hésitent pas à fouiller les poches des victimes de l’explosion. Ce spectacle de la bassesse humaine me dégoûte au plus haut point… Mais au fond, pour certains, c’est leur seul moyen de survie. Pas pour tous… C’est la pensée qui me traverse l’esprit lorsque je vois un homme richement habillé ramasser quelques bijoux précieux à terre.


Parmi les pierres et morceaux de verre brisés, j’aperçois les étoles auparavant suspendues au dessus des étals. Les odeurs du marché se mêlent désormais à celle de la poussière et de la mort. Mon regard survole ce spectacle de désolation à la recherche de repères qui me permettraient de retrouver Jess. La ruelle n’est plus. Des poutres soutenant les encorbellements sont éparpillés un peu partout, mêlées aux décombres des bâtiments alentour. Un page de l’histoire de ce quartier vient d’être déchirée. La poussière soulevée continue de voiler l’ensemble de la place, bien décidée à prendre son temps pour se poser au sol. Je contourne un des cratères créés par la secousse et parcours plusieurs fois la place, manquant de chuter à chaque pas. De lourds blocs de bétons parsèment le terrain.


Je m’éloigne un peu de cette fourmilière. C’est alors que je l’aperçois, allongé à l’ombre d’une dalle de béton. Un mauvais pressentiment m’étreint. Je m’agenouille à ses côtés. Il est froid, pâle. J’approche mon oreille près de son visage et ne sens rien. En posant mes doigts sur son cou, je m’aperçois que son pouls est inexistant. Mais, n’est-ce pas normal pour un vampire ? Je sens que cette fois, ça ne l’est pas. Lui aussi s’est sacrifié pour moi sans que j’en sache la raison. Ma détermination n’en est que plus renforcée. Les yeux humides, je lui prends la main. Nous nous connaissions à peine, mais j’ai l’impression qu’un nouveau vide se forge en moi. Malgré nos différences, le fait que nous appartenions à deux mondes totalement différents, je sais que nous aurions pu devenir d’excellents amis et que tout ça vient d’être anéanti pour raisons obscures.


« Elles ne le resteront pas éternellement… Jess… »


Je lui embrasse le front en sanglotant. Je garde encore un peu sa main inerte dans la mienne, puis me relève, cherchant des yeux un objectif. Je jette un regard sur son corps. Je ne peux pas me résoudre à l’abandonner ici. Je m’assois à nouveau à ses côtés pour réfléchir à la situation, dans ce désert de poussière. C’est alors que j’entends des bruits de pas approcher et réalise qu’ils ne doivent surtout pas trouver Jess… Un vampire… Je lui dois bien ça… Je suis dans l’incapacité de le déplacer. Je tire un morceau long morceau de tissu de sous les décombres. En voyant ce qu’il représente, je le lâche brusquement. Un drapeau… orné d’un F doré qui ne m’est pas inconnu. Ici ?! Je n’ai pas le temps d’y réfléchir. Le bruit de pas augmente. Je me désole de devoir couvrir son corps justement avec ce drapeau, mais je dois faire vite. J’espère que les chiens ne détecteront pas son odeur. La chance est décidément de mon côté : je dégote quelques épices que je verse sur l’étole. Je m’assois contre les ruines d’un mur, à quelques mètres de Jess. A peine suis-je installée qu’une secouriste arrive de derrière le bloc de béton.


Son chien flaire les différents tas de gravats et s’approche dangereusement de la position de Jess. Je retiens ma respiration, essayant bêtement de le repousser par la pensée. Il flaire le drapeau avec insistance.


« Alors, mon beau, cherche »


Le chien flaire une dernière fois avant de s’en éloigner. Je soupire de soulagement. C’est alors que la secouriste m’interpelle :


« Vous avez besoin d’aide ? »


Que lui répondre ? Si je me lève, elle verra que je suis blessée.


« Non, merci. Je… fais partie des volontaires, mais je ne me suis pas sentie bien… Je me suis juste isolée un peu…
- Prenez votre temps. Tidou mon beau, viens ».


Son chien lui obéit aussitôt, mais ralentit lorsqu’il passe à côté de Jess. Flairant de nouveau l’étole, il éternue plusieurs fois avant de rejoindre sa maîtresse :


« Elles ne t’aident pas ces épices, hein… »


Les épices n’auraient pas du suffire… Les vampires doivent être plus difficilement détectables… J’ai gagné du temps, mais maintenant, que faire ? Et ce drapeau, que fait-il ici ? S’il est là, eux, ne doivent pas être loin non plus…
Jeu 6 Jan - 20:17 (2011)
Ezeckhiel
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Réveillé par les cris incessants de Zillah, je m'assois sur ce qui me sert de lit: un matelas peu confortable, et qui gratte atrocement. Plus le temps passe, et plus je m'inquiète quant à mon sort. Jusqu'ici, l'idée de rester prisonnier quelques temps ne m'avait pas spécialement dérangé, et je comptais sur Urdaan pour me sortir de là.
Sauf que voilà: Urdaan, lui, n'a pas l'air de se décider.


Petit à petit, je me mets à réfléchir: à quel point nous connaissons-nous ? Que sait-on l'un de l'autre ? Qu'est-ce qui nous rattache l'un à l'autre ? Qu'attend-t-il de moi ?


Plus j'y pense, et plus je comprends qu'il n'est pas mon ami. On ne se connaît que depuis une grosse semaine, si l'on compte mes jours de repos, et nous ne savons rien l'un de l'autre.
Si! Lui, il sait. Il sait ce que je veux, il connaît un peu mon histoire... Je suis trop naïf. Je parle trop.
Il m'a passé à tabac, et des amis à lui m'ont emprisonné ici. C'est suffisant pour le considérer comme inamical.


Je repense à cet épisode de ma vie où j'ai fini dans une cellule, en prison humaine. C’était facile, cette fois-là.
Si aujourd'hui je veux m'échapper, je vais devoir revoir ma technique.


Suis-je sûr de vouloir m'évader ? Oui, je crois. Être enfermé n'est pas ce à quoi j'aspire, et je redoute le jour où l'on ouvrira la porte de ma chambre pour me dire "Suivez moi!".


Il y a énormément de facteurs qui entrent en jeu dans une évasion, et je ne dois oublier aucun paramètre, sous peine de voir ma liberté s'écourter très rapidement.


"Eh, les connards! Vous êtes là ?!"


Zillah.
Une pensée me vient, et à laquelle je ne peux me soustraire. Dois-je l'emmener ?!
Oui, obligatoirement. Je n'ai tout simplement pas le droit de la laisser ici, même si elle me posera problème lors de ma fuite. Après tout, à deux, nous pourrons peut-être être plus efficaces. On verra.


A ma première évasion, j'avais simplement détruit le mur avec la paume de ma main, sous l'effet de ma potion de force.
Mes potions...
Ma ceinture a disparue.


Si jamais ils analysent mes potions, ils seront à coup sûr capables de les réaliser. Je dois éviter ça, s'il n'est pas déjà trop tard. Et c'est là que le plan se complique. Je dois non seulement m'évader, mais également emmener Zillah qui n'est vraiment pas des plus discrètes, et récupérer ma ceinture de potions en espérant que celle-ci ne soit pas trop loin, et qu'ils n'y aient pas encore touché.
Si on prend en compte le fait que je suis probablement surveillé 24h/24 dans cette cellule, je vais devoir faire preuve de ma ruse légendaire.


Si légendaire que j'en suis enfermé...C'est pathétique.


Première chose à faire: vérifier mon hypothèse. Je dois être sûr d'être filmé dans ma cellule.


De plus, une seconde idée me vient. Je dois vérifier qu'ils aient des médecins compétents, par ici. S'ils m'ont gardé ici, c'est probablement parce que je suis un élément important, à interroger. Si je tente le suicide, ils devront me réanimer, sous peine de perdre des informations qui peuvent être précieuses pour eux.


Lentement, je m'approche du mur que je partage avec Zillah, et commence à me frapper la tête à plusieurs reprises contre ce dernier. Puis, dans les vapes, je sors mes griffes et commence à me lacérer le bras.
Presque immédiatement, j'entends de voix derrière ma porte.


"Vite, la cellule 21! Cet abruti est en train de devenir dingue!"


Il ne leur faut pas plus de 5 secondes pour surgir par la porte de ma cellule: ils sont trois. Ils n'ont pas changé depuis la dernière fois: je peux reconnaître l'odeur des deux hommes qui m'ont emmené, dans la forêt. Leur tenue n'a pas changé.


Ces deux-là me tiennent en joue et un troisième, en blouse blanche, les accompagne.
Ils ont donc des médecins... Ca va me compliquer la tâche.


On oubliera la stratégie "Zillah est malade, je dois la soigner!"
Elle était nulle, de toute façon...


Il m'oblige à avaler un calmant, et m'allonge la tête en arrière: c'est exactement les gestes à faire dans une telle situation.
Puis, lentement, il me bande le bras après avoir pris soin de le désinfecter, et me laisse à terre.


Sans réellement avoir peur, mais tout en suivant la procédure qu'ils ont probablement apprise par coeur en arrivant ici, ils reculent d'un même pas, tout en me visant prudemment avec leurs armes. Ceux-là ne sont pas des élites...


Derrière la porte qu'ils viennent de refermer, j'entends l'un d'eux rire, et dire à ses collègues:
"Cette cellule est maudite, les gars. Les deux derniers ont fini suicidés ou tarés. Je donne pas cher de celui-là!"
Je reconnais immédiatement la voix de mon gardien, qui aime à me traiter de lardon.


Avec un sourire intérieur que je dois dissimuler à mon spectateur caché, je me relève, satisfait de toutes les informations que j'ai recueillies.
Ceux qui sont intervenus ne sont pas des élites: l'un d'eux avait le cran de sûreté enclenché, et ne risquait donc pas de me faire grand mal. Quant à l'autre, il tenait mal son arme. S'il avait dû tirer, il se serait brisé la clavicule. Probablement des bleus en formation, et je dois en profiter.


Lardon, hein ?


De plus, ils m'ont fourni un objet beaucoup plus précieux que ce qu'ils pensent: un bandage médical. S'ils savaient...


Je dois trouver un plan qui me permette de m'évader silencieusement, sans que les trois hommes qui sont intervenus ne puisse alerter les autres, qui sont probablement beaucoup plus expérimentés. Je dois donc définir les limites, et les situations dans lesquelles ils interviennent, et ceci afin de voir quelles attitudes ils adoptent vis-à-vis de moi.


Plusieurs fois, je recommence mon manège, et à chaque fois, c'est le même rituel. Que je me saigne le bras, que je m'assomme contre le mur ou que je me brise chacun des doigts, ils interviennent toujours de la même façon: un médecin qui suit deux hommes armés. Il me fournit les premiers soins, et ils repartent, en se moquant de moi.
Toujours de la même façon, ils n'ont aucune chance d'intervenir si jamais je venais à leur sauter dessus. C'est parfait.


Je n'ai donc plus qu'à étudier la géographie extérieure de l'endroit, afin de savoir où se trouve ma ceinture. Prévenir Zillah sera le dernier obstacle à mon évasion, et j'ai déjà une idée de comment faire...


"Excusez-moi, mais il faut vraiment que j'aille aux toilette! Ca urge, j'crois que j'ai choppé la chia..."
Je n'ai pas le temps de finir ma phrase: les deux hommes que je commence désormais à connaître ouvrent ma porte, me tiennent en joue, et me font sortir pour la première fois de ma cellule.
Puis, l'un passe devant moi pour me guider, et l'autre passe derrière moi pour empêcher toute action de ma part. Silencieusement, nous avançons en cortège, et j'observe discrètement l'endroit. En face de moi, un long couloir qui se termine sur une porte: probablement les toilettes.


A ma droite, un semblant de pièce parsemée d'écrans: c'est probablement là que vit mon spectateur. A ma gauche, des vestiaires, et des chambres plutôt luxueuses: probablement celles des gardes. Dans l'une d'elles, Urdaan. Je n'ose même pas le regarder...
A côté de lui, je distingue un carton, rempli de...
De MES effets personnels. Je peux distinguer la boucle de ma ceinture... Elle est donc là. Dur...


Arrivé aux toilettes, les gardes m'attendent devant la porte. Je fais alors ce que j'ai à faire, et sort silencieusement, afin de retourner calmement dans ma cellule. Lorsque c'est chose faite, je n'ai plus qu'à prévenir Zillah, de la façon la plus simple qu'il soit.


Lorsque nous étions jeunes et amoureux, nous avions inventé un code sonore qui consistait à frapper sur une surface de façon à la faire résonner plus ou moins longtemps afin de créer des signaux. D'ailleurs, les marins s'en servent aujourd'hui pour communiquer avec des signaux électriques.
Voleurs.


Espérant que sa mémoire ne lui fera pas défaut, je tente le coup. Frappant sur le mur, je l'appelle.
"Zillah ?"
Quelques minutes passent, pendant lesquelles je crains son amnésie. Puis, alors que j'avais perdu tout espoir, elle répond.
"?!"
Parfait...
Je peux alors lui exposer mon plan, afin qu'elle se tienne prête. Je lui demande de trouver une faille dans le mur qui nous sépare, afin qu'elle puisse le détruire lorsque je lui en donnerai l'ordre. Elle me signifie qu'elle n'apprécie pas le mot ordre, et m'oblige à m'excuser. Elle me dit également qu'elle ne coopère que parce qu'elle y est obligée, et qu'une fois dehors, c'est chacun pour sa peau. Je lui explique que l'union fait la force, et que nous n'aurons qu'à voir sur le coup. Je peux sentir sa réticence à m'aider jusqu'ici. Elle me déteste toujours autant, et compte bien me lâcher dès qu'elle le pourra. Ca ne me pose pas plus de problèmes que ça: ma fuite n'en sera que plus aisée.


Puis, quand tout notre plan est exposé, nous nous mettons d'accord: elle n'agira que lorsque je lui dirais de le faire. Nous n'aurons qu'à massacrer les deux hommes armés, pour le plaisir de Zillah, et tandis que j'irai chercher ma ceinture, sous ma forme de rat, dans la chambre d'Urdaan, tout en espérant que ce dernier ne me posera pas de problèmes, Zillah détruira le mur sud de ma cellule, en priant pour que nous nous retrouvions dehors. Une fois là, nous n'aurons plus qu'à fuir le plus loin possible de cet endroit maudit.


J'espère alors que personne n'a compris notre manège, et surtout, notre plan.


Un plan des plus parfaits, d'ailleurs, si l'on oublie le facteur Urdaan...
Jeu 6 Jan - 20:18 (2011)
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