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"Le Sang des Rois" : L'histoire
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"Le Sang des Rois" : L'histoire
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Urdaan
L'Encre des Rois

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«Avec détermination, je plongeais mes crocs dans son cou tendu. Je ne le haïssais plus, j'étais redevenu calme et lucide. Je voulais le vider de son sang et de son énergie pour l'empêcher de nuire à nouveau, mais je souhaitais par dessus tout me remplir de ses souvenirs, de ses pensées, pour apprendre et comprendre qui il était vraiment. Et à travers lui, je voulais rencontrer son Dieu.


Le flot de sang jaillit instantanément dans ma bouche, puissant et épais, presque trop, saturé qu'il était d'excès en tous genres. Dans le même temps, une rafale d'images me percuta de plein fouet. Je perdais pied avec la réalité, confiant en ma soeur pour le maintenir fermement immobile et sur mes hommes pour assurer nos arrières. Je m'abandonnais, et m'immergeais entièrement dans son passé.


Les images continuaient de me gifler en vagues successives, décousues. Son esprit paniquait et luttait encore en me bombardant d'émotions, et je dus affermir mon emprise psychique pour qu'il se calme et comprenne enfin que le combat était perdu, et qu'il accepte son sort. Alors son coeur ralentit, le flot de sang et d'images se régula et les portes de son esprit s'ouvrirent complètement, déroulant devant moi le chemin à rebours de sa vie.


Je me vis à travers ses yeux, combattant et rageur, et je ressentis sa résignation à mourir, puis sa peur de voir le combat s'éterniser, son espoir de nous terrasser rapidement. Sa résignation à nouveau, de ne pouvoir nous échapper avant d'avoir atteint le haut de la falaise, sa colère teintée de tristesse en comprenant que Cyvan l'avait trahi, sa stupeur et sa hâte en nous apercevant à sa poursuite.


Au fur et à mesure que j'affermissais mon emprise psychique, je pouvais mieux contrôler le flot de ses souvenirs. La suite ne m'intéressait que très peu, le départ du temple, les rites, je ne fis que les survoler. J'accélérais la remontée dans le temps, comme la bande d'un film qu'on rembobine. Je cherchais quelque chose, quelque chose de précis... voilà. J'y étais : son Dieu.


La vision de son visage décharné provoqua en moi un spasme d'effroi et de dégoût. A chacune de ses apparitions, Destin ressentait la même chose. Il n'avait jamais pu s'habituer, partagé entre la crainte et la fascination pour cet être si attractivement répulsif.


Il avait fini par se perdre totalement dans ses desseins malveillants, après un chemin insidieux de séduction et d'emprise. Destin le manipulateur était un enfant de coeur comparé à cette entité maléfique. Les rêves, les désirs, les espoirs de Destin s'étaient peu à peu transformés en une soif de puissance et de pouvoir, de domination sans partage sur le monde. Il se voyait déjà à la tête de ses légions de vampires survitaminés, aux pouvoirs physiques et psychiques extraordinaires, prenant par la force le contrôle des autres races, écrasant les humains et les démons qu'il avait fini par haïr, lui qui au départ prônait sincèrement la tolérance et la vie en mixité. Voilà pourquoi il livrait régulièrement de nouveaux vampires à cette divinité du Mal, pour qu'il en fasse des monstres et constitue son armée de demain dans un plan général de guerre et de conquête. Son Dieu lui avait promis un Empire...


J'aurais aimé en savoir plus sur cette abomination, mais Destin était au bord de l'agonie je dus desserrer mon emprise pour ne pas l'achever tout de suite. J'avais au moins appris l'essentiel : cet être abject, qui et quoi qu'il fut, représentait une menace considérable pour mon peuple, voire pour toute être vivant sur cette planète, et je devais m'employer sans relâche à le contrer, le pourchasser et l'anéantir.


Quand à Destin, je m'apprêtais à l'éteindre pour toujours. A ma grande surprise, il s'accrocha soudain à moi avec ses dernières forces. Il reprit le contrôle de ses pensées, et c'est lui qui injectait maintenant des images dans mon esprit. Il voulait me montrer quelque chose, une dernière chose, avant de mourir. Me faire un dernier cadeau en guise de repentance.


Il m'emmèna à rebours sur le chemin de sa vie, et me fit partager ses pensées et émotions à chaque étape. Je découvris alors un autre Destin, celui d'avant la perversion, un vampire plein d'engagement , de conviction, d'amour. Je ressentis la sincérité avec laquelle, ignorant notre existence, il avait voulu fédérer nos semblables, et les faire vivre en harmonie avec d'autres races. Je perçus l'énergie qu'il y avait employée, l'espoir qu'il y avait mis. Selon lui c'était là sa Destinée. Pour ma part je dirais plutôt son Utopie.


Nos esprits se mêlèrent, fusionnèrent, et je devins lui.


Je revis la construction de sa cité, ou plus exactement sa déconstruction en suivant le fil du temps à l'envers, jusqu'à sa naissance, a pose de sa première pierre. Je vis Cyvan, et je partageais l'amour fraternel, la confiance, la vision commune qui les liaient. Je ressentis la sérénité, la paix de l'âme, l'harmonie, les mois passés dans la nature à ses côtés, vivant de chasse et de méditation, puis la tempête qui gronde et la confusion, la douleur, la fièvre et le chaos, le noir...


Je ne ressentais plus rien. Une seule idée m'obsèdais : avancer. En rampant, comme je pouvais, mais avancer. Mon corps brisé se tortillait au sol comme la queue coupée d'un lézard, luttant pour survivre encore un peu. Je m'éloignais du combat, du massacre. Tout le monde était mort. Mes soldats étaient morts. Mon Roi... PERE !


Je vacillais. Un instant, mon esprit s'était arraché du sien sous la violence de la révélation. Enfin un indice, une trace, après toutes ces années ! Je ne devais pas la perdre, je devais la suivre jusqu'à sa source, recueillant le maximum d'informations pour retrouver son tombeau, son corps, et pourquoi pas...


Avec rage et détermination je me reconnectais à l'esprit de Destin, qui privé de mon soutien commençait à s'étioler. A nouveau je rampais dans le noir et le silence, privé de tous mes sens... et soudain la lumière... Au-dessus de ma tête deux épées qui se relèvent vivement, au bout de ces lames un être étrange, aux longs cheveux argentés Il s'est tourné vers moi, après avoir mis à terre plusieurs de mes soldats d'élite. Je dois protéger le Roi qui se bat plus loin avec un Démon... une embuscade ! Nous sommes tombés dans une embuscade !


Je sentis Destin faiblir, irrémédiablement. Le lien qui nous unit s'effilochait, bientôt il n'aurait plus la force de nous maintenir connectés. Très bientôt il serait mort.


Le Roi... mon père... vivant ! Mais où ? Quand ? A travers les yeux de Destin, j'essayais d'emmagasiner le plus d'images possible des lieux du combat. Il fallait que je puisse reconnaître l'endroit, pas très éloigné du lieu ou Cyvan avait trouvé Destin évanoui. Il me guiderait...


Toutes ces années, Destin était réellement amnésique. Manifestement l'esprit d'un vampire ne cicatrise pas aussi bien que son corps. Pourtant ses souvenirs étaient bien là, enfouis au plus profond de lui mais inaccessibles. Seul il ne pouvait, ou ne voulait les atteindre. Il avait besoin de moi pour cela, et je l'avais aidé. Il m'avait aidé en retour, d'une manière cruciale qui rachetait toutes ses fautes.


Toutes ces années il était perdu, et malgré sa tentative de reconstruction il avait fini par s'égarer dans de mauvais choix. Une forme de regret m'envahit en pensant à l'allié formidable qu'il aurait pu être...
Je sentis sa douleur quand il réalisa soudain tout cela : l'ampleur du mal qu'il avait pu faire, l'être mauvais et tyrannique qu'il était devenu, la mise en danger de ses congénères, la déception et la tristesse de Cyvan à son égard. La trahison à son Roi, à son peuple. Alors pour apaiser son âme meurtrie avant son trépas, je lui insufflais une bouffée d'amour et une pensée, unique :


«Je te pardonne».


Tous ses muscles se détendirent, et il s'éteignit dans mes bras.
Jeu 6 Jan - 20:51 (2011)
Urdaan
L'Encre des Rois

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Le prince se tait, visiblement ému de revivre cet événement. Pour ma part je suis bouleversé...


«Enrique...» laisse-je échapper dans un souffle.


- Pardon ? Qu'avez-vous dit ?


Je reprends à haute et intelligible voix, à l'adresse du Prince cette fois.


«Il s'appelait Enrique. Destin. C'était son vrai nom».


- Vous le connaissiez ?


«Oui, très bien. C'était un jeune soldat, fils d'un de mes vieux amis. Un combattant et un meneur d'homme hors pair, brillant tacticien promis à une carrière fulgurante. Le jour de la disparition du Roi, c'est bien sûr moi qui devait prendre la tête de sa garde personnelle. C'était mon rôle, ma place était à ses côtés mais un contretemps de dernière minute me retarda et m'empêcha de partir avec eux. Leur mission ne présentant pas de danger particulier, nous décidâmes de confier temporairement le commandement à Enrique jusqu'à ce que je les eus rejoins. La suite de l'histoire nous montre hélas comment j'ai sous-estimé le danger, et la responsabilité que je porte dans l'échec de cette mission, le massacre de tous ces excellents soldats et la disparition du Roi. S'ajoute aujourd'hui à cela la perdition d'Enrique, et toutes ses implications.»


- Vous n'auriez rien pu faire de plus, et vous le savez. Personne ne vous en veut, pas même le Roi. Cessez maintenant de porter cette culpabilité stérile, qui risque de vous nuire tôt ou tard, et tournons nous ensemble vers le présent, et l'avenir.


Je sais qu'il a raison. Mais je crois que jamais je ne pourrais me pardonner totalement mes erreurs. Je reviens à la narration du Prince :


«Que s'est-il passé ensuite ? Comment avez-vous retrouvé le tombeau du Roi ?»


- Nous avons ramené la dépouille de Destin dans sa cité. Cyvan avait prit pacifiquement le contrôle de la ville, le peuple n'attendait en réalité que cela, d'être libéré du joug oppressant de son gouverneur. Il ne fût pas facile de leur faire accepter de rendre des funérailles décentes à Destin, mais Cyvan et moi nous employâmes à les convaincre d'honorer la mémoire du guide spirituel et du bâtisseur qu'il avait été, avant de s'égarer. Une sépulture simple fût érigée dans la falaise, avec cette simple inscription :


«VEILLE SUR NOUS DANS LA PAIX RETROUVEE, CAR TELLE EST TA DESTINEE»


Avant le trépas de Destin, j'avais réussi à enregistrer un maximum d'images de ses souvenirs. Une fois le calme revenu à Destinée, je parlais à Cyvan et le priais de m'emmener près de l'endroit où bien des années plus tôt il avait récupéré Destin... ou plutôt Enrique, comme vous l'appelez. Dans son état il n'avait pas du pouvoir ramper sur plusieurs kilomètres, aussi nous suffirait-il de rayonner à partir de ce point pour trouver le tombeau du Roi. En théorie.


Cyvan fut quelque peu embarrassé. Depuis tout ce temps il ne se rappelait évidemment plus de l'endroit précis. La tâche fut plus longue et fastidieuse que prévue, mais ses souvenirs mêlés à ceux empruntés à Enrique, et notre persévérance finirent par payer.


Cyvan retrouva donc l'endroit, et en fouillant les alentours je repérais quelques singularités dans le paysage : là un pic rocheux, ici une corniche en forme de bac de chouette, une tâche blanchâtre dans le rouge sang de la falaise... je sentais une énergie poisseuse vibrer dans les minéraux environnants. C'est ici que s'était déroulé le dernier combat du Roi, nul doute là-dessus. Soudain un doute m'assaillit : qu'allais-je trouver ? Qu'est-ce qui me faisait croire que le Roi était bien là, et qu'il n'avait pas été emmené ailleurs, mort ou vif, par ses assaillants ?


J'écartais ces idées défaitistes de mon esprit et me concentrait sur ma tâche. Je finis par percevoir une faible signature magique... un bon signe. Comme un sourcier, je cherchais la direction à suivre, tâtonnant de ci de là, guidé par la croissance du champ. Nous finîmes par trouver un petit trou de la taille d'un homme caché par des taillis et la morphologie accidentée de la roche. A la file nous pénétrâmes par cet orifice, pour nous retrouver dans une cavité naturelle en forme de tunnel. La magie irradiait par ici, et nous suivîmes la galerie jusqu'à nous retrouver devant une porte à doubles battants de bois gravés de runes magiques...


Si près, et pourtant si loin. Je connaissais ce type de runes : un sort de clôture, puissant, que seul l'auteur pouvait briser. Mais tout aussi puissant qu'était ce sort, il n'expliquait pas à lui seul la magie que je percevais. Elle était bien plus forte encore, et provenait de derrière la porte.


J'enrageais. J'étais persuadé que le corps de mon père se trouvait là derrière, à portée de doigts, sinon pourquoi une protection si puissante, digne d'un Roi, pour isoler cet endroit ?


Plein de colère et de frustration, je dus me résigner à repartir bredouille. Il me fallait retrouver l'auteur de cette magie, l'elfe-vampire aux cheveux d'argent ou ce démon qui luttait avec mon père, ou les deux, et les obliger à briser leurs sceaux. Heureusement pour moi, je les connaissais. L'elfe avait été fait vampire par ma soeur, et j'ignorais comment mais ils étaient liés. Elle m'aiderait. Quant au démon, c'était celui qu'on soupçonna longtemps d'être l'assassin de notre mère. Je l'avais déjà combattu, mes pouvoirs alors décuplés par la rage et le chagrin, et j'avais eu le dessus. Je le savais maintenant innocent, je ne le haïssais donc plus mais je ne l'aimais pas pour autant. Il était un démon, et avait été l'amant de Mère. Je le battrais à nouveau s'il le fallait.


Un coup franc à la porte ponctue le discours du Prince. Astoban pénètre dans la pièce.


«Général, Majesté. Le groupe d'intervention vient de rentrer avec les restes des humanoïdes. Je les ai fait envoyer au labo pour une analyse complète et immédiate. Quant au jeune vampire, les médecins de la base sont à son chevet. Il est toujours inconscient mais son état est stable. On lui fait un bilan complet.»


Sethi me regarde, puis se lève et m'invite à le suivre :


- Allons voir ça. Je terminerai mon récit en chemin.
Jeu 6 Jan - 20:51 (2011)
Urdaan
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Astoban nous précède dans le couloir, tandis que le Prince conclut son récit.


«Une fois digérée la frustration et l'objectivité revenue, Kaelia et moi pûmes tout de même nous réjouir de la fantastique avancée de notre quête. Après des années d'errance et de doute, et alors même que nous avions perdu presque tout espoir, voilà que nous savions exactement où se situait le tombeau du Roi, et ce qu'il fallait faire pour accéder à son corps. Et peut-être même qu'il renfermait encore un souffle de vie...


Une nouvelle quête commençait. Nous quittâmes Destinée en confiant les rênes du pouvoir à Cyvan, pour retrouver le sénat et les organes dirigeants de la société vampirique.


Il était plus que temps. En notre absence, les dissensions entre divers clans s'étaient encore amplifiées. Toutes sortes d'idées saugrenues avaient germé dans des groupuscules extrémistes concernant le choix d'un pouvoir unique. Certains défendaient même l'idée d'un tournoi guerrier en arène, ouvert à tout vampire adulte, afin de désigner par la force le futur Roi. Ce genre d'idée absurde nous renvoyait aux âges primitifs de notre espèce.


Les excellentes nouvelles que nous ramenâmes provoquèrent l'effervescence au sein de l'assemblée. Un grand nombre éclata de joie et de soulagement lorsque nous annonçâmes que le tombeau du Roi avait été trouvé. Il y eut bien sûr les haussement d'épaules de quelques sceptiques, ainsi que les grognements des déçus et adversaires du Roi Adam qui virent s'éloigner leur heure de gloire. Mais le sentiment général émergent de cette cohue restait l'espoir que le peuple vampire retrouve son Roi légitime, ou que moi, Prince héritier qui avait gagné l'amour et le respect de mon peuple, je puisse accéder au Trône.


Tout le monde retroussa les manches et nous dépêchâmes des espions aux quatre coins de la planète pour retrouver les deux êtres clefs seuls capables de nous ouvrir le tombeau de mon père.»


Nous arrivons dans le laboratoire. L'équipe scientifique est déjà affairée à répertorier les éléments ramenés par le commando. Des débris de taille diverse de chair, d'os, de métal et de verre sont étalés sur les plans de travail, photographiés, prélevés, pesés et archivés dans des pochettes plastiques étiquetées.


Un peu plus loin, un corps presque entier attire notre regard. Nous nous approchons.


A n'en pas douter, il s'agit d'un vampire. Outre les dégâts causés par sa mort, son corps porte les stigmates de mutations ante-mortem. Ses membres sont anormalement allongés, ils semblent avoir été amollis et étirés ; son visage cireux paraît avoir commencé à couler en une grimace hideuse. Mais le plus surprenant se situe au sommet de son crâne. Là où se trouve habituellement la boîte crânienne, il n'y a plus qu'une cavité vide où s'accrochent encore quelques lambeaux de cerveau.
Sur la circonférence, une bordure en métal paraît avoir été sertie à même l'os, et des résidus de verre fondu indiquent qu'une demi-sphère complétait la tête avant d'avoir été brisée.


«Qui est reponsable ici ?» demande Sethi.


Moi Majesté. Capitaine Barlock.


«Et bien Capitaine, vos premières constatations ?»


Des individus de race vampirique ayant subi des modifications génétiques notoires, essentiellement dans la région crânienne. Recours à la chirurgie et à une prothèse alliant des fluorures de zirconium, de baryum et de sodium, avec embase en titane. C'est tout pour le moment, nous avons encore beaucoup de travail d'enquête sur ces sujets... passionnants.


«Vos hypothèses ? Votre avis ? »


D'après le récit des soldats, ces individus ont montré des capacités psychiques tout à fait étonnantes. Les mutations doivent avoir pour but de développer ces fonctions. D'après leur morphologie générale, la prothèse crânienne semble avoir une circonférence plus importante que le crâne originel. On peut donc aisément penser qu'elle renfermait un cerveau lui aussi plus volumineux, mais ce n'est pas sa seule propriété. Le globe en verre serti assure l'étanchéité à l'air et à l'eau, et les fluorures associés, que nous appelons plus simplement le verre fluoré, est un matériau que nous connaissons. Il a de grandes propriétés dans le domaine de la télécommunication, en particulier les transmissions infrarouge.


C'est un matériau qui a un point de fusion très bas. Or d'après les soldats, leurs crânes ont explosé quelques temps après la démonstration de leurs capacités télékinétiques. La température de leur cerveau a du grimper à plus de 400°C, valeur à laquelle leur cerveau a du griller, libérant du gaz qui a mis le verre en fusion sous pression, provoquant l'éclatement de la boîte crânienne.


Ce n'est pas tout. Une autre plaque en titane gravée est sertie dans la nuque des specimen. Les inscriptions laissent penser qu'il s'agit de numéros de série. En conclusion, je pense qu'il s'agit de specimen expérimentaux que l'ennemi développe par tâtonnement.


«D'après vous, sont-ils prêts de réussir ?»


Difficile à dire. Ces specimen là n'étaient pas viables, mais qui nous dit qu'ils n'en ont pas d'autres en préparation bien plus stables ?


Je suis un scientifique, Majesté. Tout ceci n'a rien d'officiel, ma culture est mon travail est d'étudier les faits. Je vous ferai savoir toutes les découvertes avérées que nous ferons.


«Merci Capitaine. Nous ne vous retardons plus dans votre travail».


Nous quittons le laboratoire en direction de l'infirmerie.


«J'aime être entouré de gens compétents. Rappelez-moi de promouvoir Barlock au rang de Commandant s'il parvient à devancer l'ennemi.»


Bien Majesté.


Nous arrivons au chevet du jeune vampire. Il est toujours inconscient, mais son état général me rassure. Il n'a pas l'air agonisant, mais épuisé. Un médecin s'occupe de régler un goutte-à-goutte.
Je lui demande à voix basse :


«Comment va-t-il ?»


Bonjour Général. Il souffre de multiples fractures, à la mâchoire, à la jambe gauche, aux côtes. Son estomac est perforé, et par dessus tout il est épuisé. Mais son processus de régénération a commencé, il se remettra. Nous lui administrons un cocktail de vitamines pour booster sa récupération.


Le Prince pose une main sur mon épaule.


«42 ennemis à lui tout seul... Urdaan, je crois que vous avez là un élément précieux à qui nous devons apporter les plus grands soins. Docteur, remettez-le sur pied et faites nous prévenir lorsqu'il reviendra à lui. Venez Général, laissons-le se reposer.»
Jeu 6 Jan - 20:51 (2011)
Dëss
L'Encre des Rois

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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Comme je suis arrivé en pleine nuit, j’en ai profité pour visiter les ruines de mon combat avec celui que je cherche. Je n’ai pas trouvé son corps, mais à sa place celui d'une humaine, totalement exsangue. Il est encore en vie. Ce n’est vraiment pas n’importe qui pour avoir survécu : un enfant de trois ans aurait pu l’achever. Le savoir en vie me réjouit en un sens, car au fond je ne voulais pas vraiment le tuer. Malheureusement, je ne sais pas où il est allé. Le problème à présent est de le retrouver, et si j'y parviens de le persuader de me suivre alors que j’ai essayé de les tuer, lui et son amie, l’humaine. Cela ne va pas être simple.


Je me suis posé sur une des rares tours intactes du district de la ville. Plus j’y pense, plus je me dis que ce vampire a réagi de la meilleure des manières, à chacun de mes assauts. Lors de mes attaques frontales, il s’est arrangé pour subir le moins de dégâts possibles, tout en me forçant à cibler mes frappes sur lui, pour que l’humaine ne soit pas blessée. Lors de mes attaques à distance, il a esquivé, tout en se rapprochant de moi afin que je ne lance pas de décharge. Après s’être rendu compte qu’il n’avait aucune chance de me vaincre, ou même de fuir, il a analysé son environnement, et s’en est magistralement servi. Par contre, si je n’avais pas été sous l’emprise de mes pulsions, je n’aurais pas attaqué aussi stupidement et le combat ne se serait pas arrêté là. Il faut dire aussi que, si je n’avais pas été sous l’emprise de mes pulsions, je ne l’aurais pas attaqué du tout.


Le jour s’est levé sans que je le vois. Le faible nombre de traces laissées près du corps ne me permet pas de savoir la direction que mon vampire a prise. Si Saend était là, il pourrait lire la mémoire des ruines, et me dire où il a décidé d’aller. Merde, il est jamais là quand il faut, lui. Je me demande ce qu’il fait en ce moment. Il me fera signe en cas de besoin. Je le connais.


Après les premiers rayons de soleil, voilà les premières gouttes de pluies. Les odeurs vont être diluées. Maintenant, je vais avoir encore plus de mal à le retrouver. Je n’ai vraiment pas de chance.
Je descends de mon observatoire, et suis la rue qui donne sur les quartiers épargnés par les ravages du combat. Les humains sortent peu à peu de chez eux, s’apprêtent à la reconstruction de la ville, se dirigent vers les gratte-ciels; ils prennent des directions opposées et continuent leurs petites vies tranquilles. Ma fusion avec le Roi m’a fait prendre conscience de nombreuses choses à propos de leur espèce. Derrière leur aspect fragile et nuisible, leur existence recèle bien des trésors et représente un atout majeur à chaque race.


L’arrivée d’une intensité énergétique que je n’ai pas ressentie depuis bien longtemps me sort de mes pensées. Elle vient de l’entrée de la ville, à deux rues devant moi. J’accélère, je passe deux pâtés de maisons, survole un quartier et me stoppe devant un bus, qui laisse descendre un passager avant de repartir. L’énergie qu’il dégage est telle qu’elle fait pourrir la végétation environnante. Il porte un grand imper’ noir, dont la capuche et le col cachent son visage. Il me fait signe de le suivre, derrière l’arrêt de bus, vers une grande plaine. Chacune de ses empreintes de pas est formée d’herbes fanées. Il marche avec confiance, il ne tremble pas. Il garde un œil sur moi tout en m’indiquant le chemin. C’est un pro. Je le suis sans même me demander ce qu’il veut, ni qui il est. Au bout de quelques minutes, nous sommes au beau milieu d’une plaine, entre le désert des pluies et la ville. Il se retourne, nous voila face à face. Je vais essayer d’en savoir plus.


«Que puis-je pour toi ?
- Je suis là pour te ramener.»
Sa voix est grave et rocailleuse. A peine a-t-il fini sa phrase qu’il retire sa capuche et dévoile un crâne rasé, une tête ronde et trois globes oculaires dont un en plein milieu du front. Je n’ai plus aucun doute, c’est un moine de Bahak, démon au service de Lucifer. Il dit vrai, il veut me ramener. Il a dû repérer ma présence lorsque j’ai pris le vortex dimensionnel pour aller voir le Roi.


«Et si je ne veux pas te suivre ?
- Ton accord n’est pas requis. Tu viendras, de gré ou de force.»


Sur ces mots, il bondit vers moi, faisant s’envoler son imper’. Il est rapide. Il m’attaque à mains nues. J’esquive deux ou trois assauts, il n’utilise que ses bras, et a une bonne connaissance des arts martiaux. Au moment où je saisis le rythme de ses attaques, une lame sort de la paume de sa main, et frôle ma nuque. J’ai eu chaud. Il fait sortir une lame identique à la première dans sa seconde main. Même en esquivant correctement ses attaques, ses lames m’entaillent le torse, le front et le bras droit.


Je décide de vraiment commencer. Je matérialise deux épées courtes, une pour chaque main. Il continue la même tactique, mais ne me touche plus. Je laisse volontairement ma garde ouverte sur la droite afin qu’il me transperce l’épaule. C’est ce qu’il fait. Je lui bloque son autre bras avec le mien, il ne peut plus attaquer. De mon coté blessé je lui ouvre le flan. Je rajoute une décharge dans les côtes, ce qui provoque chez lui un cri de douleur étouffé, et un trou béant au torse. Je prends mes distances avec deux sauts et regarde sa réaction. Il tombe à genou, crache du sang, et se relève comme si de rien n'était. Je vois des filaments de chair se reformer et combler parfaitement sa blessure, il guérit presque aussi bien et vite que moi. Intéressant.
« Cela ne sert à rien dit-il d’un ton neutre, j’ai été formé spécialement pour te combattre, et te vaincre. »


Je n’ai pas le loisir de m’amuser avec lui, le Roi m’en voudrait si je passais du temps à massacrer des démons mineurs au lieu de chercher l’autre vampire. Je passe à un niveau supérieur. Mes épées se dématérialisent. Je sens les changements s’opérer peu à peu des pieds à la tête. Mes dents poussent et deviennent plus aiguisées, mes os s’allongent et se solidifient, mes muscles se développent, mes tatouages ancestraux réapparaissent sur mon torse et mes avants bras, mes sens se décuplent.


Mon adversaire s’est rendu compte que le combat a pris une autre ampleur. Je ne veux pas qu’il réfléchisse à une tactique, je lui envoie deux décharges qu’il esquive aisément. J’utilise les quelques millisecondes qu’il a mis pour éviter ces décharges pour le prendre à revers : je m’envole et retombe sur lui. Je le saisis à la gorge et l’écrase sur les arbres qui environnent le paysage. Je n’ai pas été assez méfiant, il a planté ses deux lames dans ma gorge. Par réflexe, je lâche mon emprise sur lui et essaye de stopper l’écoulement de sang. Il en profite pour me transpercer à six reprises, sur mes points vitaux. Il finit par m’envoyer valdinguer d’un coup de pied en pleine poitrine. Je retombe plusieurs dizaines de mètres plus loin.
Jeu 6 Jan - 20:52 (2011)
Dëss
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
« Je t’avais prévenu, tu n’as pas la moindre chance ! »
Il bondit, tente de retomber sur mon crâne et de le briser. Je roule sur le coté, lui saisis le pied, et l' explose avec une décharge. Je me relève en titubant, mes blessures sont déjà presque totalement guéries. Celles de ma gorge par contre me causent plus de problèmes. Le pied de mon adversaire est déjà reconstitué : il faut que je me prépare, il va encore attaquer. Je lui lance une décharge, et encore une autre, puis deux nouvelles. Voilà, ma gorge est rétablie, il faut que je me dépêche. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que ce combat est étrange.


Après avoir esquivé et bloqué mes décharges, il me prend par surprise, me tranche les deux jambes, et me transperce en plein plexus. Je tombe à genou. J’ai du sang dans la bouche, et je ne peux pas me relever. Il est doué, il frappe exactement là où…


J’ai compris ! Je sais ce qui ne va pas !! Ses attaques n’ont pas pour but de me stopper et de vaincre, mais de ralentir le combat. Il frappe les points qui mettent le plus de temps à se régénérer, les plus gênants. Il doit sûrement avoir des coéquipiers, a du leur envoyer un message, ou bien il compte sur eux pour nous localiser avec l’énergie que je dégage. Et merde. Cela fait au moins 20 minutes que le combat a commencé, et donc autant de temps que ses acolytes se rapprochent. Il faut que je le blesse pour qu’il ne puisse plus savoir ce que je fais. Je dois attaquer le cerveau. Je matérialise une dague, je me rue sur lui, le plaque au sol et lui enfonce la dague dans le crâne : cela lui transperce les yeux, les trois, et perforent son cerveau. Voilà. Il ne peut plus me voir, et doit avoir besoin d'une à deux minutes pour se remettre. C’est plus qu’il ne m’en faut.


Tout d’abord, je repasse sous ma forme humaine, je dégage ainsi très peu d’énergie. Il ne faut pas non plus que j’utilise mes ailes ou mes pouvoirs, ils sauraient quelle direction je prends. Je décide de passer par la forêt, je fais le plus vite possible, j’enjambe les arbres tombés suite à mes décharges durant le combat, et me glisse dans la végétation plus dense. Je ne m’arrête pas. Ce n’est pas que j’ai peur, je pourrais les vaincre même s’ils étaient cinq comme lui, mais cela me prendrait du temps, et je n’en ai pas. Je dois courir, ça rime avec fuir et déguerpir. Je n’aime vraiment pas ça.
Après la forêt, j’arrive sur une voie ferrée, malheureusement dans un creux de vallée, et donc très visible. Je pense à longer la forêt jusqu’à la prochaine gare, qui est à moins de cinq cent mètres devant, quand j’entends un train arriver. Il va trop vite pour s’arrêter, c’est ma chance. Je fonce, c’est la dernière ligne droite. J’y suis presque. Je tend les bras pour saisir les rebords. En courant, je remarque la lettre «F» couleur or sur les voitures, noires. On dirait le logo d’un supermarché pour humain…


J’ai pile le temps d’attraper le dernier wagon et de me glisser à travers la paroi. Après quelques secondes, je passe la tête par la fenêtre et aperçois trois moines de Bahak sortant de la forêt. C’est une troupe d’élite. J’ai bien fait de ne pas continuer le combat. Après le boucan que j’ai fait en ville, je ferais mieux d’éviter les feux d’artifices.


Les vitres sombres du train sont sans tain, on ne voit rien de dehors. C’est pratique, je n’ai pas à me cacher. Mais pourquoi veut-on cacher l'intérieur d'un train?


J’ai enfin repris mon souffle. Je décide de voir ce que transporte ce convoi : humains ou marchandises ? Je passe du dernier wagon aux deux suivants; ils contiennent tous la même chose, à peu de choses près. Des tubes métalliques. Entassés sur des étagères, ici et là des grands et d’autres plus petits par là. Tout ces tubes sont éclaires d’une lumière forte, violette, provenant de deux longs néons qui traversent chaque wagon en plein milieu du toit. N’ayant rien d’autre à faire, et étant curieux de nature, je décide de m‘ouvrir une canette. Je saisis un tube en métal gris d‘une faible épaisseur. Je fais sauter le couvercle. Hasard ou destin ? Les fameuses marchandises de ce train contiennent le même genre de choses que celles découvertes par Saend lors de sa fouille du convoi dans le désert : des organes dans un liquide gelé, parfois des corps entiers, certains animés, d’autres non, des tissus cellulaires précieusement conservés et des bras, inhumains. Encore eux. Ce train a donc un rapport avec les bras hypertrophiés.


Maintenant que j’y pense, si le Roi est réveillé, c’est pour s’opposer à ces êtres étranges. Et il m’a confié la mission de retrouver ce suceur, logiquement dans le but d’aider à cette opposition. Si ce vampire est aussi extraordinaire que l’a dit le Roi, il doit aussi être sur les traces des bras, j’ai donc des chances de tomber sur lui si je suis ce train. C’est un peu léger comme raisonnement, mais c'est la seule information que j’ai sur lui. C'est ma seule piste. Et même si je ne le trouve pas, je pourrais toujours glaner des informations sur les bras, et cela pourra m’être utile. C’est décidé, je me laisse guider par ces rails.


J’ai faim. Pas étonnant, deux jours que je n’ai rien avalé, et j’ai utilisé pas mal d’énergie durant mon combat contre le moine. Je ne pense pas qu’il soit bon d’essayer de me nourrir de ce que contiennent ces caisses. Il doit bien y avoir un wagon bar. Je serais peut être plus chanceux avec le prochain wagon.


Je passe la porte et j’entends des voix. A priori, il n’y a pas de caisses dans ce wagon. Je suis trop éloigné pour entendre correctement, je me glisse entre deux rangées de sièges et tends l’oreille.


«… Tu crois vraiment qu’ils vont te donner cette arme secrète et te laisse filer sans rien dire ? »
- Bien sûr !! Et puis de toute façon je suis libre !! Je leur jure fidélité, et dès que je l’ai, je me tire ! »


La conversation continue. Ils ne sont que deux et connaissent l’existence du bras. Mais ils ne savent pas ce que c’est. Je m’approche un peu plus, pas beaucoup, pour ne pas être entendu, mais assez pour les voir. L’un doit avoir une trentaine d’années et l’autre la cinquantaine. Leur température interne approche les vingt degrés. A moins d’être très malade, ce sont des suceurs.
« Je suis déjà assez puissant pour vaincre tout mon clan ! Je pourrais facilement leur prendre leur arme et me barrer sans soucis !
- Si tu le dis. Mais je ne pense pas qu‘ils nous laisseront partir sans rien demander. Et encore moins que tu pourras obtenir cette arme et ensuite te barrer comme ça?! Sans soucis?!
- On verra quand on sera arrivés, mais je ne me laisserai pas faire.
-En attendant, tu es le seul qui n‘a pas encore mit la tenue qu‘ils nous ont fournis. Mets la, on ne devrait pas tarder.»


Je sais maintenant que ceux qui rejoignent volontairement les bras, le font pour obtenir plus de puissance. Mais je pense qu’il doit y avoir un revers : obtenir le bras doit forcer les proprio’ à obéir à quelqu’un. Je sais aussi que ces deux là ne sont pas dans mon camp. Les amis de mes ennemis sont mes ennemis. Et dans ce contexte, mon repas. Le plus vieux doit avoir plus d’expérience, je préfère ne pas prendre de risque. Par contre le plus jeune est parfait. Il se lève et avance vers moi en direction d’une petite pièce. Il passe près de moi sans me voir. Il entre et ferme aussitôt la porte. Le second qui n’a pas bougé, se lève et avance vers le wagon suivant. Au bout de quelques minutes, le vampire entré dans la pièce ressort. L’odeur du parfum est très forte. Cela va camoufler celle du sang. Il n’a fait qu’un seul pas en dehors de la pièce que je bondis et le mords pleinement à la nuque. Il meurt de suite. Je tire le corps dans la pièce et la ferme à clef.


Je me régale du cadavre encore tiède. Je remarque qu’il a la tenue dont ils ont parlé. Je passerai inaperçu avec ça. Mes vêtements étaient recouvert de sang séché et pleins de trous. Ce n'est pas la bonne taille, et le style laisse à désirer. J'adapte la morphologie de mon corps à cet uniforme et régule la température de mon corps sur celle des suceurs. Puis je jette les restes de mon repas par la fenêtre et rajoute une forte dose de parfum dans la pièce pour couvrir mes traces. Je sors. Le vampire n’est pas revenu. Je suis la direction qu’il a prise précédemment. J’espère que personne ne se rendra compte que je ne suis pas du convoi. J’aimerai ne pas avoir a expliquer la mort de tous les occupants.


Me voila dans le nouveau wagon. Ils sont nombreux… Très nombreux… 60... 67.. 70 vampires, sans bras. Et 7 avec. Il doit y en avoir encore dans les wagons suivants. Je les trouve confiants, peu de bras pour pas mal de suceurs. Les bras gardent le convoi. Ils doivent avoir un bon niveau, mais ce n’est pas le moment de les tester. Très peu remarquent mon entrée. Ils sont occupés à jouer aux cartes, parler, regarder par la fenêtre. Certains ont l’air plus intéressants que les autres. Leurs auras titillent mon envie de combattre.


Je m’assois près d’une fenêtre, et attend le terminus. Fondu dans la masse des postulants au bras, je laisse les choses se faire.
Jeu 6 Jan - 20:52 (2011)
Taïla
L'Encre des Rois

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La tension dans le bureau de verre est à son comble. Le PDG semble amusé par la stupeur que je ne parviens pas à dissimuler lorsque la porte s'est ouverte...
Sous le choc, je me suis levée d’un bond, mais je chancelle un peu. Il s’adresse à moi en me regardant à peine :


« Je suis désolé… Je n’ai pas eu le choix… »


Ainsi c’était lui ! Les mots de mes ravisseurs me reviennent : « L'humain aurait pu nous dire qu'elle n'était pas commode ». La clé vide, mon enlèvement… Un seul mot me passe par la tête : Traître ! Je le fixe du regard. Mon sang bouillonne dans mes veines. Comment peut-on être aussi lâche ? Je serre les dents et les poings pour contenir ma rage. Georges…


L’homme aux cheveux poivre et sel s’adresse de nouveau à moi :


« Nous savons que vous avez partagé ce que vous savez avec ce scientifique. A qui d’autres en avez-vous parlé ? Celui qui vous a accompagné à la capitale par exemple ? Qui d’autre ? »


Ainsi, il connaît l’existence de Jess. Ils en savent beaucoup… Mais s’ils savaient tout, ils n’auraient pas besoin de me poser ces questions et je serais sans doute déjà morte à l’heure qu’il est. Je m’obstine et reste muette. Il ne doit pas savoir que mon compagnon de route est mort en me sauvant. Je serre les poings un peu plus fort et essaie d’évacuer cette pensée. Connaît-il aussi sa véritable nature ? Forcément… La présence des bras griffus atteste que cet homme en sait beaucoup sur la question… Si vraiment c’est un homme… Il interrompt ma réflexion :


« Je préférerais éviter d’avoir à employer la méthode forte ».


Mon silence. C’est la seule réponse que je lui offre. Il fait un signe de tête aux bras griffus. L’un d’eux force Georges à s’asseoir sur le sofa. L’autre fait de même avec moi. Le scientifique perd de plus en plus de son assurance. Il semble tiraillé par de nombreuses questions. Apparemment, les choses ne se passent pas tout à fait comme il l’entendait. Notre « hôte » s’installe à son bureau, fait quelques manipulations sur son accoudoir et un écran plat dernier cri commence à descendre contre le mur. Nouvelles manipulations. L’écran s’allume.


Je frissonne et me détourne dès que l’image apparaît. Je sens un regard pesant rivé sur moi, mais évite de lever les yeux vers celui-ci. Ma tête devient lourde. Je résiste, mais une force m’oblige à fixer l’écran. Je ne peux rien faire contre elle. Bientôt mon regard croise celui de l'être le plus immonde qu’il m’ait été donné de voir.


Un spectre. Blanc. Le visage en lambeaux. Les yeux globuleux. Des choses minuscules semblent grouiller le long de sa peau. Je frissonne de nouveau en essayant de me persuader qu’il ne s’agit que d’une hallucination, mais le spectre s’adresse soudain à l’homme qui jusque là contrôlait la situation.


« Qu’avez-vous appris ?
- L’humaine refuse de parler.
- Très bien… Peut-être a-t-elle besoin de motivation ? »


Il prononce ces mots en me fixant de nouveau, puis Georges. Leurs regards se croisent et le visage du scientifique change soudainement. Il porte ces mains à sa tête et est soudain pris de convulsions.


« Non… Que faites-vous ?! Vous… Nous av… ions un m… arché »


La momie le regarde d’un air malveillant :


« Avez-vous vraiment cru que nous vous apporterions gloire et richesse ? Apprenez que ma parole n’a aucune valeur ».


Elle part alors d’un rire démoniaque tandis que les yeux de Georges se révulsent. Du sang commence à s’échapper de son nez et de ses oreilles. Sous cette torture mentale, il commence à se lacérer le visage. Impuissante, je ferme les yeux, en larme, alors que les hurlements de Georges me vrillent les tympans. Je m’en doutais, mais cette fois j’en ai la certitude : jamais ils ne me laisseront partir d’ici vivante. La même promesse, venue du bras droit de celui dont la parole ne vaut rien, ne me sauvera pas…


Les cris de Georges cessent. Tout comme sa respiration et, sans doute, les battements de son cœur. De ma main valide, je me cramponne au sofa alors que, de nouveau, je ressens une forte pression m’obligeant à regarder vers l’écran.


« Et maintenant ? »


Je serre les dents. Je sais que mon sort est scellé, quoi que je fasse. Ils n’obtiendront rien de moi. Mon regard doit être éloquent, puisqu'aussitôt une impression de brûlure à l’intérieur du crâne me prend. Faible au départ… Dans ma tête, la voix du spectre résonne.


« Apprenez que j’ai pris plaisir à tuer votre père. Et que c’est avec joie que j’en ferais de même avec vous, une fois que vous m’aurez donné ce que je souhaite ».


Cet être est abject… Ainsi, j’ai devant moi celui qui m’a pris la personne qui comptait le plus à mes yeux. Savoir cela me motive. Je lutte mentalement contre lui alors que mon cerveau semble fondre et que la douleur augmente… Je n’y parviendrais pas… Deux images alternent dans ma tête, celle de ma mère alors que j’étais enfant, puis mon père lors de notre premier Noël seuls…


J’essaie de rester lucide. M’appuyant sur ces souvenirs, je tente de résister encore, mais ne tiens pas longtemps. Je revis l’attaque subie par l’être aux yeux rouges, ma fuite puis mon retour pour découvrir le corps inerte de Jess, ce que j’ai fait pour le cacher, mon enlèvement en laissant son corps derrière moi. A mes yeux, mon bourreau est aussi responsable de tout ça.


« Ainsi, le vampire est mort… Parfait… Dommage que nous n’ayons pas pu l’étudier davantage… Voyons si ceux à qui vous avez parlé ont également eu… cette chance… »


Je sens qu’il cherche encore à fouiller dans mes souvenirs. Il n’obtiendra rien de plus sinon ma mort. J’essaie de broder un souvenir, de me focaliser dessus. Je prends la vérité pour point de départ avec mon père me confiant la mallette, ma fuite, Jess et moi dans le train et cet autre vampire, Urdaan. Je me focalise sur lui. Bien qu’il me soit apparu comme hostile, Jess ne l’aurait accompagné que s’il avait confiance en lui. Je décide de faire de même, persuadée qu’il aura la capacité de se défendre. Comme un film mis en boucle, je me concentre sur l’idée que Jess n’était pas seul à découvrir le contenu de la mallette, espérant ainsi tromper mon ennemi.


« Mmmm cet autre vampire… Nous le retrouverons…»


La douleur devient insupportable, mais j’ai la satisfaction de l’avoir dupé. Il n’obtiendra aucun son provenant de ma gorge. Les larmes aux yeux, j’attends que la douleur cesse. Que tout cesse… Je sens encore son esprit fouiller le mien en même temps qu’il le consume. Je le sens proche de découvrir ma supercherie… Non !


Regroupant les dernières forces qu’il me reste, je me lève et me précipite vers les baies vitrées. L’adrénaline me fait passer outre mes blessures. Sur mon passage, j’aperçois un buste, celui du pseudo-protecteur qui à cette heure ne souhaite que ma mort. Sur le socle, un nom : John Christopher, président du Fond de Recherche et d'Innovation du K. Les présentations ont l’avantage d’être faites. Voir ces yeux de pierre rivés sur ma course ne fait que renforcer ma rage et ma volonté de mettre fin à tout ça. Je l’attrape et le lance en direction des vitres… sur lesquels il ne fait que rebondir pour atterrir à mes pieds. Des vitres blindées ! J’entends des pas derrière moi, reprends le buste, fait volte-face pour le lâcher en direction de mes deux assaillants. Le premier, surpris par ce revirement, n’a pas le temps d’esquiver. Son président de pierre le heurte de plein fouet. Le bras griffus percute alors son acolyte.


Je me retourne de nouveau. Une fenêtre entrouverte… Ma chance… C’est ironique si l’on songe à ce que je vais faire… Jamais je n’aurais pensé agir ainsi… Je tiens trop à la vie, mais c’est le seul moyen pour qu’ils n’obtiennent rien de moi… Le spectre, sans doute surpris par ma réaction soudaine, avait relâché son emprise, mais je le sens de nouveau pénétrer dans mon esprit, tentant de me retirer toute possibilité de réflexion et d'action.


Je lutte mentalement pour avancer vers ma destination. Une fois arrivée devant la baie, j’aperçois un bras griffu se précipiter vers moi. J’attends qu’il soit plus près et ouvre la baie brutalement. Ne pouvant s’arrêter, il se jette dedans alors que je suis déjà sur le balcon. Je sais que je n’ai plus la force d’enjamber la rambarde. Je sens le spectre insinuer le doute en moi. Je tente de la repousser mentalement et me laisse donc basculer dans le vide. La brûlure à l’intérieur de mon esprit cesse aussitôt. Je suis libérée… J’aurais pu voir les images de ma vie défiler sous mes yeux, mais ce n’est pas le cas. Alors que le sol se rapproche, ce sont des sensations apaisantes qui me viennent. La plus forte, l’odeur de la mer… Elle est loin pourtant, mais la mer est ancrée en moi. Elle m’accompagne, où que j’aille… En quelque sorte, c’est la présence de mon père qu’elle m’apporte dans mes derniers instants…
Jeu 6 Jan - 20:53 (2011)
Jess
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«Tu ne croyais quand même pas que j'allais littéralement te laisser tomber ?»


Taïla me regarde avec hébétude. Elle semble être ailleurs, dans l'antichambre d'une mort violente à laquelle son corps et son esprit s'étaient préparés, et n'arrive pas à comprendre pourquoi cela ne se produit pas.


Son corps mou dans les bras, je vole jusqu'au plus proche bâtiment au toit plat, petit volume trapu en pierre, vestige du début de l'urbanisation de l'île de K.


Personne ne sait vraiment d'où vient l'origine de ce nom, elle se perd dans les profondeurs de l'histoire. L'île de K., ou de Khâ...Initiale quelconque ? Déformation phonétique ? Diverses hypothèses circulent.


Cette île de petite taille se trouve à une centaine de nautiques au large de Gorge Froide. Il y a encore une cinquantaine d'années, c'était un lieu de désolation et d'isolement. On y envoyait tous les pauvres bougres atteints de maladie contagieuse : pestiférés, lépreux, tuberculeux, qui s'entassaient dans des bâtiments complètement insalubres et y vivaient les dernières semaines de leur vie dans des conditions inhumaines, sans hygiène, sans soin, sans alimentation.


La médecine ayant fait d'énormes progrès au cours des dernières décennies, les grandes épidémies ont fini par être repoussées dans des régions reculées. De plus, l'accompagnement des malades s'est nettement humanisé, si bien que l'île a fini par se dépeupler et perdre sa fonction, et fut rachetée pour une bouchée de pain par un promoteur visionnaire qui fit tout brûler pour assainir les lieux, et rasa tous les bâtiments. On dit que la colonne de fumée était visible jusqu'à Gorge Froide, et qu'on pouvait distinguer des visages torturés dans son panache.


Comble de l'ironie, cette île maudite que personne n'osait approcher il y a 50 ans encore est aujourd'hui un haut lieu de la finance et de la technologie de pointe internationale, courtisée par les plus grandes puissances mondiales. Lieu de la démesure, le prix du mètre carré constructible atteint des sommets complètement fous. Les tours se pressent les une contre les autres en rivalisant de hauteur, de prouesses et d'excentricités architecturales comme autant de phallus dressés vers le ciel en signe d'un défi aux Dieux. Toute grande société qui se respecte y possède son édifice, entre les Palaces et Casinos grand luxe et l'aéroport international dernier cri, sur lequel l'Airbus A360 qui me transportait s'était posé une heure plus tôt. J'avais alors pris un taxi, un de ces «orange cab» à la couleur criarde, et pour seule adresse avait indiqué au chauffeur vouloir me rendre au centre du F.R.I.K., le bâtiment étant suffisamment ostentatoire pour qu'il le connaisse.


Arrivé au pied de la tour, je levais la tête pour contempler la finesse de cet imposant ouvrage, alors qu'une alerte mentale libérait des flots d'adrénaline dans mes veines. DANGER... DANGER... Taïla... Les sens en alerte, je repérais un point en chute libre le long de la façade de l'immeuble. Sans hésiter je m'envolais prestement, me rapprochais du corps qui glissait déjà comme un fantôme vers une mort certaine, tombais avec lui, l'enserrais et finis par freiner sa course folle vers la mort, pour remonter vers l'azur et la vie.


Je dépose délicatement Taïla sur la pelouse du toit-terrasse. Le chaos technique qui y régnait autrefois a été ordonné et végétalisé, la toiture étant aujourd'hui une véritable cinquième façade vue depuis les bureaux des gratte-ciels voisins. Pour je ne sais quelle raison, trois des arêtes de l'acrotère sont surmontées d'un filet.


Allongée, les yeux au ciel, l'humaine a du mal à reprendre ses esprits. Quant à moi, ce petit épisode de lévitation en plein jour a sévèrement entamé mes réserves d'énergie. Si, comme je le redoute, je dois faire face et combattre très prochainement, il me faut faire le plein. Je vais devoir aller chasser. Je regarde Taïla, et pense à l'étrange destin qui me pousse à la protéger sans que je ne sache vraiment pourquoi, et ce même avant que le Roi ne m'en donne l'ordre.


Un impact violent à l'épaule m'arrache une grimace de douleur. Je me retourne vivement : personne. J'inspecte les environs du regard, tout en touchant la zone très douloureuse. Même si je n'ai pas entendu de détonation, je suis persuadé à la violence de l'impact d'avoir pris une balle, aussi suis-je surpris de ne pas voir de sang sur mes doigts. En regardant à mes pieds, je finis par comprendre.


J'ai bien pris une balle, mais une balle... de golf ! Le toit sur lequel nous avons atterri sert de practice, ce qui explique la pelouse et les filets de protection. L'orientation désigne un immeuble semblable, de l'autre côté de la rue, comme zone d'envol. Tout à la fois furieux de douleur et amusé par l'insolite de la situation je décide d'aller rendre une petite visite au golfeur imprudent qui sans le vouloir m'a pris pour cible. Tant pis pour lui.


Je prends Taïla dans mes bras et l'emmène à l'abri d'une petite résurgence bâtie, qui doit être une cage d'escalier.


«Ne bouge surtout pas, rassemble tes idées tranquillement, tout va bien. Je m'absente quelques instants mais je reviens vite. Attends-moi là.»


Et je file discrètement sur l'immeuble en face.
Jeu 6 Jan - 20:53 (2011)
Taïla
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Je chute en ayant la sensation que mon esprit reste suspendu par un fil invisible qui me relie toujours au spectre. Notre lien télépathique n'est pas rompu, et je sens encore sa présence malfaisante en moi... Je n'ai plus les idées claires et il profite de ma faiblesse pour fouiller frénétiquement ma mémoire pour vérifier les informations qu’il a obtenues et à la recherche de celles que je pourrais lui cacher, une dernière fois avant que l’impact ne les efface à jamais. Je sens que mon ennemi doute des images que je lui envoie. Je tente de me focaliser de nouveau sur Urdaan


Faible choc... Ma chute cesse enfin... La momie est aussi surprise que moi par ce changement. Je me sens flotter. J'ouvre les yeux.


Jess ?!


Ma surprise se mêle à celle de la momie. Jess m'emmène-t-il au paradis ? Je ressens la colère de notre ennemie, sa haine envers lui, envers nos deux races, vampire et humaine.


Qui aurait cru que ma vie s'achèverait sur cette dernière vision ? Soudainement, tout se voile. La mort me prend...


Dernière édition par Taïla le Mar 17 Déc - 23:31 (2013); édité 1 fois
Mar 17 Déc - 23:15 (2013)
Dëss
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A la fenêtre, les paysages changent. Des forêts. Des plaines désertiques. Quelques arrêts, des candidats à « la nouvelle arme » montent dans le train. Des discussions commencent entre suceurs. Ils échangent les infos qu’ils ont, parlent de leur clan, de leur famille, leurs expériences. La plupart se vante. Pathétique. Je remarque que quelques-uns ne participent pas. Ils restent écartés. Pour eux, il n’y a aucun intérêt à se mêler aux sous-fifres. De mon côté, j’ai de la chance, la disparition de l’autre vampire n‘a choqué personne. Pas même les gardes de ce train.


 Terminus : tout le monde descend. On est dans un port. Le groupe suit les « bras » qui nous amènent jusqu’au prochain moyen de transport. Je me mêle à la foule. Je ne me fais pas remarquer.


On monte dans un paquebot, les « bras » entassent les caisses dans des cales. Le bateau est immense. Je passe mon temps à visiter les lieux. On dispose de deux étages, dont plusieurs salles sont remplies de nourriture, de sang, mais aussi de victimes humaines vivantes. Plus pour longtemps. Je tombe sur la salle des machines. Tout est automatisé. Le voyage est enregistré dans les ordinateurs qui contrôlent le vaisseau. On ne peut pas changer de cap. D’après les écrans, le voyage ne sera pas long. Quelques heures. Le navire s’éloigne du large. Je me pose sur la passerelle extérieure. Je repense à se qui m’amène ici. Le vampire que le roi m’envoie chercher. Ma seule piste, c’est ces « bras». J’espère vraiment que je le trouverai au bout du voyage.


L’arrivé d’un suceur me tire de mes pensés. Je n’ai jamais le temps de me reposer et de réfléchir. Il me fixe et me rejoint. Il s’appuie sur la rambarde et se penche vers l’eau. C’est le vieux qui accompagnait le vampire qui m’a servi de repas. Il me dit qu’il sait.


« Que comptes-tu faire?
- Te forcer à me dire pourquoi tu l’as tué. Pourquoi tu as pris sa place, et pour finir pourquoi tu es avec nous. »


Soyons sincère. Mais pas trop.


« J’avais faim. C’étais une proie de choix, jeune et sans expérience. Je cherchais à obtenir des informations sur cette histoire d’arme surpuissante. Personne ne semblait le connaître, si ce n’est toi. J’ai bien fait de prendre sa place, vu que personne n’a vu sa disparition, ni fait attention à moi.
- Tu te trompes. Les leaders ont vu que tu n’étais pas l’un des nôtres. Je ne sais pas qui tu es, et je ne tiens pas à le savoir mais tu devrais faire attention, ils ont un œil sur toi et m’ont interrogé à ton sujet. Je ne leur ai rien dit. Cela aurait été stupide de ma part. 
- Tu as l’air d’avoir un instinct de survie plus développé que mon précédent dîner. »


Il repart, les mains dans les poches. Il semble fier de lui. Il pense s’être fait un allié. 


Une île est en vue. On ne met pas longtemps à accoster. On dirait un paradis pour banquier. On est encore dans les docks que des gratte-ciels sont visibles. Des ponts relient les toits des plus grands immeubles les uns aux autres. Les vitres sont éclairées par le soleil. Elles sont tournées exactement vers les rayons de l’astre. Je mets du temps à comprendre qu’elles sont sur des pilonnes qui tournent en fonction de la luminosité voulue. Il faut des moyens pour s’offrir ça. Et c’est la meilleur façon d’en mettre plein la vue aux nouveaux arrivants. Les « bras » nous emmènent dans un bâtiment reculé des autres, les portes sont gardées, très bien gardées. C’est un bâtiment identique aux autres, quoique légèrement plus grand. A l’intérieur, on nous annonce qu’il va y avoir des tests sanguins et physiques. Ce n’est pas bon pour moi, je pourrais masquer ma force, mais pas mon sang. Il va falloir que je leur fausse compagnie. 


Les « bras » nous emmènent par groupes dans les étages. Chaque groupe est accompagné de cinq ou six « bras ». Au fur et à mesure, on nous met dans des pièces, seuls. Mon tour est venu. Je suis accompagné par deux « bras ». On s’arrête devant une porte, un des deux « bras » me fait signe, j’entre. Je suis accueilli par ce qui semble être un « bras » . Mais il n’est pas identique aux autres. La partie de son corps qui est « modifiée » est plus importante, elle s’étend du cou, comprenant une partie du visage, et se termine au milieu du torse. Ses deux bras sont surdéveloppés. Il me fonce dessus, sa force est phénoménale, pour un suceur. Il m’éventre à plusieurs reprises. Je l’envoie contre le mur blanc de la pièce. Il encaisse bien. Il se relève et reprend son assaut. Il ne ressent pas la douleur. Il enchaine les coups comme un animal, aucune réflexion, rien, même pas un instinct de base. Ses coups ont de moins en moins de précision, il s’essouffle. Je remarque qu’il est solidement attaché par une chaine . Elle ne lui permet pas de sortir de la pièce. 


C’est un monstre, à l’état pur. Il ne pense pas, il attaque. Mais cela fait déjà quelques minutes qu’il essaie de me tuer, sans succès. Il trébuche et perd de sa vitesse. Il titube sur plusieurs mètres, tombe à genou, et essaie de récupérer sa respiration. Je fais quelque pas vers lui. Les blessures qu’il m’a infligées sont déjà cicatrisées et refermées. Je passe près de lui, observant sa réaction. Il se relève, il retombe. Il ne tient pas debout. C’est le moment : Je passe sur son corps, je défonce le mur, je saute et déploie mes ailes. Me voila dehors. Je m’élève et observe l’île d’en haut. Des immeubles à pertes de vues. Il y a même des terrains de golf sur le toit de certains immeubles.


Je me pose sur le plus haut des immeubles. C’est le seul qui ne possède pas de balcon. Seulement des fenêtres, mais aucune n’est ouverte. La journée est vite passée, je vois déjà le soleil qui se couche. Ma vision est bien meilleure de nuit. J’essaie de comprendre l’organisation du groupe des « bras ». Malheureusement, il n’y a que très peu de déplacement. Je remarque que le groupe parmi lequel j’étais caché ressort. Enfin, il est réduit de moitié, et ceux qui restent sont pas mal amochés, certains sont même dans des brancards. Les « bras » ont l’air de chercher quelque chose, ils scrutent les alentours. Je m’accroupis. Autant ne pas se faire remarquer, ma fuite en brisant un mur n’a pas du passer inaperçu. Une fois la nuit bien entamée, les sorties se font plus fréquentes. Par contre, je peux me déplacer sans soucis, il y a peu de chance qu’ils me voient, et je suis plutôt doué en terme de discrétion. Enfin, il me semble.


Les « bras » transportent des containers d’un bâtiment à un autre. Des caisses, des corps, plus ou moins en vie. Durant ces aller et venus je reconnais le groupe qui m’accompagnait depuis la descente du bateau. Ce ne sont plus exactement les mêmes, ils sont changés. Leurs bras ont changés. Les voila comme « eux », des « bras ». Leur regard a changé. Ils sont haineux. Il n’y a pas d’autres mots. Haineux. Je reconnais le vampire qui m’avait repéré durant le voyage en bateau. Il est des leurs maintenant. Il marche rapidement mais j’aperçois que ses poings sont serrés à en faire exploser ses phalanges. 


Un son réveille mon attention. Je crois rêver. L’humaine. Elle est là. Celle que j’ai attaquée, qui a survécu. Le vampire ne doit pas être loin. Je crois que je n’ai pas été aussi heureux depuis plusieurs siècles. Je l’ai retrouvé. En quelques battements d’aile, je la rejoins. Elle est allongée, inconsciente. Je m’approche doucement d’elle, sans faire de bruit. Je pose ma main sur sa nuque, je prend son pouls. Elle est vivante. Je dirais bien « Dieu merci » mais ça pourrait paraître hypocrite. 


La chance revient.
 Au bout de quelques minutes, son protecteur arrive. Il m’aperçoit. Il doit se demander se qui m’amène ici. Il est méfiant et se met en garde. Je ne dégage aucune agressivité. Commençons par les civilités.


« Mon nom est Dëss. »
Mar 17 Déc - 23:19 (2013)
Jess
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
A peine ai-je franchi le vide séparant les deux gratte-ciel, excité je l'avoue à l'idée d'apaiser ma soif d'un bon jus de cou, qu'une alarme sensorielle se met à tricoter mes entrailles... je me retourne... oh non : LUI!

Il a repris une apparence moins ostentatoire, a mis de côté son look de Drag-Queen baroque en laissant tomber les  grandes cornes, les ailes noires et tout le tralala, pour essayer de ressembler à un vampire. Pâle imitation en fait, même sans mon passé de diplomate spécialisé je le reconnaitrais à cent lieues. Le démon, celui qui a voulu me tuer et a bien failli y parvenir. Il m'a laissé pour mort.

Il est penché sur Taïla... oh non il va s'en prendre à elle! Il tourne la tête, me regarde, ouvre les lèvres pour me narguer sans doute. Je n'entends pas, je vois rouge, et ignorant mon instinct de survie qui me pousse à fuir très vite et très loin, je lui fonce dessus. De toute façon je n'ai pas le choix, visiblement il nous en veut à Taïla ou moi, les deux peut-être, pour une raison que j'ignore,  et il semble décidé à nous traquer jusqu'à annihilation totale. Il a gagné le premier round, mais on n'est jamais aussi fort que quand on est acculé. Je peux voir sa surprise quand je le percute à une vitesse dont je ne me croyais pas capable, l'envoyant valdinguer à trente mètres de Taïla.
Mar 17 Déc - 23:26 (2013)
Taïla
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Je ne flotte plus. Suis-je vivante ? Quelqu'un est penché sur moi. Même si ses traits sont différents, je crois reconnaître le monstre qui nous a attaqués à Elesmera : je suis donc en enfer... Quel mal ai-je pu faire pour arriver ici ? Je n'ai pas le temps de m'interroger davantage : un vent violent emporte le démon.


J'oscille entre conscience et inconscience.


Ombres terrifiantes, malheur, désolation, souffrance...


Je peux avancer parmi les ombres qui m'entourent. Chacune d'elles semblent cacher quelque chose... Je tend mon bras vers l'une d'entre elles : elle se retire, tel un voile, pour laisser apparaître une scène dont je me serais passée : je revis ma propre torture, la momie qui me sonde de l'intérieur, la pression de ma boîte crânienne, la douleur qui irradie. La volonté de mon ennemie de tout savoir. Sa satisfaction de me voir souffrir. Incompréhension ! Colère ! Je lui résiste ! Dernière attaque...


Je recule d'un pas, observe les ombres autour de moi et décide d'en rester le plus loin possible.
Mar 17 Déc - 23:59 (2013)
Dëss
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
J'ai connu mieux comme accueil. Il s'est jeté sur moi comme si j'avais essayé de le tuer. Trêve de plaisanteries. Je ne sais pas d'où il tire une force pareil, mais c'est assez surprenant. Le choc de la percussion m'a fait voler sur plusieurs dizaines de mètres. Quelque chose a "amortit" mon vole. Je m'encastre dans un mur et m'étale de tout mon long sur le toit de l'immeuble. Je ne pensais pas qu'il attaquerait si vite. Et si fort.

Je me relève rapidement, ne voulant pas encaisser d'autres attaques du genre. Il charge à nouveau, il n'a pas l'air de vouloir discuter. Il va falloir que je l'esquive. Cela ne servirait à rien d'entrer dans un duel ici, surtout sachant que je dois le ramener au Roi. Je fais mon possible pour qu'il ne me touche pas, je pare les coups que je ne parviens pas à éviter.
" Je suis venu pour te parler, pour m'expliquer ! Calme toi !"

Il ne m'entend même pas, il continue ses assauts. Cela ne va pas être facile de tout lui raconter. Son poing frôle plusieurs fois ma tête. Je le fais tourner en rond sur le toit. Il va bien finir par se fatiguer. Il ne s'arrête pas durant plusieurs longues minutes. Il ne se décourage pas alors que peu de ses coups m'atteignent. Une erreur de ma part lui permet de m'envoyer valser. Mes ailes se déplient et je me stoppe dans les airs. Je ne le vois plus. Un violent choque sur le haut du crâne m'envoie m'écraser sur le toit dans un bruit sourd. Il atterrit sur moi et ses poings me refont le portrait. Avant d'être sonné, je saisis ses avants bras et lui donne un coup de boule en plein milieu du front, puis le jette quelques mètres plus loin.
Il se remet rapidement en position de combat. Je fais attention de garder une distance entre lui et moi. Il reprend ses esprits en me regardant, il est essoufflé.

" Qu'est-ce que tu nous veux?
- Échanger quelques mots, ensuite si tu en as toujours envie, on pourra voir pour la revanche."
Mer 18 Déc - 00:01 (2013)
Jess
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
J'ai laissé beaucoup d'énergie dans ces assauts aveugles. Si au moins j'avais pu me nourrir avant d'entamer ce combat... Le souffle court, j'observe mon adversaire. Outre son aspect physique, son regard, son comportement aussi ont changé depuis notre dernier affrontement: il parait serein, maître de lui. Il a répondu à toutes mes attaques par une simple esquive, ou a encaissé sans me rendre le moindre coup. Pourtant ma fureur lui a laissé quelques opportunités, mais il n'a pas profité des brèches béantes dans ma défense. Ces actes manqués ne peuvent être que volontaires chez un guerrier expérimenté comme ce démon. Quoi alors? Il se joue de moi comme le chat d'une souris, avant de porter le coup de grâce? Il me fatigue comme le pêcheur épuise un vulgaire poisson? Ceci est un comportement classique chez un démon de bas étage, mais pas pour une entité de son niveau. Ils sont habituellement rapides, terriblement efficaces, agissant dans un but précis et de manière dépassionnée. S'il voulait réellement me tuer, je serai déjà mort.

J'ai du mal à reprendre mon souffle, et la confusion brouille ma perception et ma réflexion. Du coin de l'oeil, sur ma droite, je vois Taïla qui se redresse doucement sur un coude. Je dois temporiser.

"Quelques mots? Si tu veux me présenter des excuses tu peux économiser ta salive, bizarrement j'ai la rancune tenace dès lors qu'on attente à ma vie".
Mer 18 Déc - 00:02 (2013)
Ezeckhiel
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
J'ai mal.
Dans un certain élan, j'entrouvre difficilement les yeux.
C'est flou.

Chaque parcelle de mon corps me fait énormément souffrir.
A ma droite, au fond de ce qui semble être une infirmerie, j'aperçois deux silhouettes, qui sortent.
Mais la fatigue l'emporte, et je retombe dans un profond sommeil.

Mes côtes...
Ce réveil est plus facile que le premier.
A en juger par l'ombre de la fenêtre, quelques 4h ont passé entre mon premier réveil et celui-ci.
Et, déjà, je me sens beaucoup mieux.

Mais j'ai mal. A l'estomac, à la mâchoire, aux côtes...
Ma jambe gauche, même si elle me fait encore souffrir, va beaucoup mieux depuis la première fois.
C'est bon signe.
Si je suis ici, c'est que l'unité d'Urdaan a rempli sa mission.
Et que, donc, ils ont aussi ramené les...
Epuisé, je me rendors.

Et, dans un sursaut léthargique, me réveille pour la troisième fois.
Les Connaisseurs. Ils sont là.
J'ouvre les yeux, cette fois-ci beaucoup plus aisément.

Je n'ai dormi qu'une heure, depuis mon second réveil. Et, aussi étrange que cela puisse paraître, j'ai l'impression d'être guéri totalement au niveau de la jambe. Mes côtes me font également beaucoup moins mal, et ma mâchoire un peu moins.
Le cocktail de vitamines qu'ils m'ont administré doit enfin faire son effet.

J'ai très faim.
A ma gauche, sur ma table de chevet, sont posés quelque capsules de sang. Les mêmes que j'ai pu goûter lors de mon séjour en prison.
Je reconnais là une attention d'Arnaud.
Sans réfléchir, j'en attrape deux, que je porte à ma bouche très délicatement. Et, à peine l'une de mes canines a-t-elle percé la capsule que tout le sang jaillit dans ma bouche. Chaud, sucré, parfait...Comme dans une pub pour des chocolats.

Je peux le sentir faire tout son chemin dans mon corps, et guérir sur son passage certaines de mes blessures. A la mâchoire, je peux sentir un léger picotement, qui m'indique qu'il renforce les os. Puis il descend, lentement, calmement, à l'estomac. Et là, le trou béant qui y était se comble, petit à petit.
L'estomac se reconstruit, comme s'il avait gagné les vertus du foie de Prométhée. Et l'aigle assassin est repoussé, une bonne fois pour toute.

Mon estomac est sain, et sauf.

Et moi, fatigué et avide de savoir ce que nous cachent les Connaisseurs, je me redresse, calmement. J'ai encore mal, mais pas suffisamment pour rater une petite escapade dans le laboratoire.

Dans la pièce, une infirmerie, pourtant, trois caméras.

Deux, qui couvrent la seule porte de la salle, et une troisième qui, placée dans le coin gauche de la salle, ne me vois pas. Et je sais exactement comment sortir d'ici sans être vu.

J'enlève mes perfusions, doucement, sans faire de bruit, et c'est sous la forme d'une souris que je me délivre du supplice, et que je brise les chaînes qui me maintenaient à mon rocher.

Une petite souris, donc, claudicante, mais rapide, sort de l'infirmerie. A droite, rien. A gauche non plus.
Elle passe. Là, les cuisines. C'est ici qu'elle fait une petite halte, afin de récupérer un peu de nourriture. Ca peut toujours servir.

Puis elle en ressort. A droite, les vestiaires des hommes. Un peu plus loin, sur la gauche, les vestiaires des femmes. Ici, elle s'arrête, et mémorise le chemin qui l'a mené ici. Ca peut servir...
Un peu plus loin, des dortoirs.
Un virage, et voici la salle de réunion. L'odeur m'indique que les geôles ne sont pas très loin.

Et, pendant une demi-heure, la souris cours, partout, aussi discrètement que possible, évitant le plus possible la vue des caméras omniprésentes.

Enfin, une odeur qui ne trompe pas.
Le formol. Ce ne peut être que là.
Caché, au fond du bunker, au fond d'un couloir, délaissé par tous, le laboratoire. Même les caméras sont beaucoup plus rares dans cette partie du bâtiment.

La souris, fatiguée, se pose quelques secondes dans l'encadrement de la porte.
C'est bien ici. Sur des tables, des corps qu'elle connaît. Les Connaisseurs.
Partout, comme dans une fourmilière, des scientifiques, des hommes en blouses, des médecins et autres laborantins grouillent, comme dans le métro parisien.
Retournant dans le couloir, et bien à l'abri des regards indiscrets, je reprends ma forme humanoïde. Et, calmement, je me glisse dans le laboratoire.
Par chance, une blouse traîne sur une chaise, juste à ma droite. Je l'enfile, et espère passer incognito.

Regardant les corps des trois Connaisseurs, j'attrape une lamelle, et...

"Hey! Qui vous êtes, vous ? Vous n'êtes pas d'ici!"

Grillé. Le contraire eût été étonnant...

En quelques secondes le laboratoire est figé. Quelques 50 scientifiques se regroupent autour de moi et m'encerclent.

"...Je suis... Je suis là pour les Connaisseurs."
"Marty! Appelle les gardes. Un intrus! Code Bleu. Code BLEU!

Marty, un jeune apprenti, attrape un micro.

"C'est vous le doc, doc!"

"Non! Arrêtez. Marty, reposez ça. Ecoutez. je suis...celui qui a permis à vos gardes de ramener ces corps. J'ai..."

"Celui des 42 ?!"

Un jeune scientifique s'est avancé vers moi.

"Pardon ?"

"Vous êtes...Celui des 42 ? Celui que l'unité Alpha a ramené hier ?! Celui qui s'est battu et a calmé les 42 ennemis à lui tout seul ?!"

En réalité, ce ne sont pas 42, mais bien 46 ennemis. Mais, par modestie et surtout par gain de temps, je préfère ne rien dire.

"Oui, c'est bien de moi qu'il s'agit. Ecoutez, je ne veux pas perdre de temps, je suis aussi un scientifique, et je dois m'intéresser aux cas de ces trois là."

Je désigne les trois corps devant moi.

"Je peux vous faire gagner énormément de temps. En échange, vous devez ne rien dire sur ma présence ici pendant....Disons une petite heure. En fait, je pense que je ne resterai pas incognito ici jusque là. Mais vous devez me promettre de ne RIEN FAIRE au corps des Connaisseurs sans moi."

"En fait, nous avons déjà fait quelques prises de sang, mais il ne donne aucune informations. On est dans le flou total!"

"Ecoutez moi. Pour faire vos lamelles de sang, n'utilisez pas votre eau salée. Elle dégrade le sang et empêche de bien voir ses différentes composantes. Utilisez, pour tout être ayant muté, comme ceux là, ou comme les bras mutés, de l'érythrosine. Vous avez ça, ici ?"

L'un des scientifiques me tend un flacon. Sur le plan de travail, j'attrape une lamelle, coupe l'un des Connaisseurs de mon ongle au niveau du coup, récolte quelques gouttes de sang noirâtre sur ma lamelle, et ajoute l'érythrosine sur le tout.

La lamelle prête, je la pose sur l'un des microscopes libres, regarde, souris, et explique.

"L'érythrosine, comme vous devez le savoir, est un colorant rouge beaucoup plus intéressant que l'eau salée. Dans le cas de ces mutants, elle permet de dissocier les cellules mutées des cellules "normales". Car, oui, il reste des cellules non mutées dans ces corps, et c'est pour cela qu'ils ne sont pas au point."
Puis, invitant l'un des scientifiques à regarder dans le microscope, j'ajoute.

"Les cellules noires sont celles mutées, et celles qui apparaissent désormais en rouge sont..."

Coupé par une voix métallique dans les hauts-parleurs, je me tais.

"Attention à toute la base. L'individu qui a été ramené par les membres de l'unité Alpha hier a disparu. Il semble qu'il n'ait aucune intention mauvaise, mais méfiez-vous en cependant. Je répète. L'individu ramené par les membres de l'unité Alpha hier s'est échappé de l'infirmerie. Soyez vigilants. Si vous le trouvez, immobilisez-le et ramenez le à l'infirmerie."

Puis, coupée par une voix plus jeune, on peut entendre dans ces mêmes hauts-parleurs:

"Dis-leur! C'est celui des 47! Allez, dis-leur!"
"Lâche moi, ils ont très bien compris."
"Eh! Tout le monde! C'est celui des 47! Faites gaffe à lui, il...!"

Silence.

Tous les scientifiques se tournent vers moi.
"Vous devriez retourner à l'infirmerie. Vraiment..."

Et, dans les hauts-parleurs, résonne une troisième voix. Celle d'Urdaan.

"A toutes les unités. L'individu n'est absolument pas dangereux et ne vous veut aucun mal. Il y a de très fortes chances pour que celui-ci soit au laboratoire. Ne lui faites AUCUN MAL. Il vous suivra sans contester. Il est blessé. Je répète. Ne lui faites aucun mal, il vous suivra sans contester. N'est-ce pas, Ezekiel ?..."

C'est donc un ordre...

En quelques secondes, j'entends dans le couloir une dizaine de gardes arriver dans notre direction.
Je n'ai, de toute façon, aucune chance de me cacher.
Trois gardes entrent. Le plus haut gradé, je suppose qu'il est leur chef, s'adresse à moi.

"Ezekiel ? Venez avec moi, je vous prie."
Puis, s'adressant aux scientifiques:

"Vous, remettez vous au travail."

Je sais qu'ils ne feront rien d'important sans moi, désormais.

Mais j'ai trop forcé. J'ai cavalé pendant beaucoup trop de temps dans les couloirs, accumulé beaucoup trop de stress et utilisé beaucoup trop de mes forces pour changer de forme. Il est évident que ma convalescence n'est pas terminée, car je me sens faiblir et...

En quelques secondes, j'ai de gros vertiges. La tête me tourne, et je m'évanouis. Derrière moi, les scientifiques s'exécutent, et retournent à leurs tâches comme si de rien n'était.

Je tombe, lentement, et celui que je sais maintenant être Astoban, puisque c'est ce nom qui est marqué sur son uniforme, bondit et me rattrape avant que ma tête ne touche le sol.

Avant de sombrer dans un profond sommeil, j'entends, derrière moi, Marty et l'autre scientifique parler.

"2,21 Gigawatts ! 2,21 Gigawatts ! Mon dieu !"
"Mais enfin, c'est quoi un Gigawatt ?!"
Mer 18 Déc - 00:13 (2013)
Urdaan
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« L’heure est grave, Urdaan. »

Le Prince a soudain pris un air fermé, et sa voix est descendue d’une octave. Astoban arbore la même expression.

« Quelque chose de terrible se prépare. Pour notre peuple, mais aussi pour l’équilibre des races. Pour l’équilibre du monde. »

Une pensée me traverse l’esprit : Sethi parle comme un roi. Bien sûr, puisqu’il doit assumer le pouvoir depuis la mort présumée de son père, et le retour inespéré du roi légitime n’a rien changé.

« Comme je vous l’ai expliqué plus tôt, la disparition du Roi a considérablement fragilisé notre peuple. Celui-ci s’est retrouvé avec un gouvernement légitime très controversé,. Nous avons réussi à nous imposer mais les luttes de pouvoir ont gangréné l’organisation de la société vampirique et fait nombre de déçus. Les clans et communautés séparatistes se sont multipliés. Destinée n’est pas une exception. Si certains ont gardé des relations diplomatiques avec le pouvoir central, d’autres vivent complètement coupées du monde. »

Le Prince marque un temps. Il m’avait déjà expliqué tout cela, mais à présent cela ressemble plus à une introduction. Je ne me trompe pas.

« Il y a cependant un problème plus grave encore. Une menace noire pèse sur notre peuple aujourd’hui., sans que nous puissions clairement l’identifier. Commandant … »

Astoban prend le relai du Prince.

«  Les exactions contre les petits groupes de vampires augmentent. Nous ne pouvons plus nous déplacer en petites unités, et nous sommes obligés de renforcer les escortes lors de longs déplacements officiels. Pour autant les attaques continuent,  toujours perpétrées par ces êtres inconnus jusqu’alors. Il semble que ce soit des vampires mais d’une espèce inconnue, dotés des mêmes pouvoirs que nous, exceptés la force décuplée de ce Bras monstrueux. Une branche oubliée ? Une évolution récente ? Nous n’avons aucune certitude sur le sujet. L’hypothèse la plus plausible est qu’il s’agit de vampires ayant subi une mutation génétique. Nous n’en savons pas plus, nous n’avons jamais réussi à capturer un spécimen vivant et les études sur les cadavres piétinent et n’ont pour l’instant rien donné de précis. »

Sethi reprend la parole :

« Cette hypothèse est confortée par la découverte des nouveaux spécimens au crâne de verre. Après l’autopsie des trois corps que nous avons pu  ramener, il semble très probable qu’il s’agisse de prototypes expérimentaux en période de test. Ceux-ci ne sont pour l’instant pas encore opérationnels, mais ce n’est qu’une question de temps. L’ennemi est au travail, et nous redoutons les pouvoirs psychiques dévastateurs que pourraient avoir ces êtres d’un nouveau genre. Le temps presse, et nous n’avons que peu d’éléments. C’est pourquoi nous avons besoin de toutes les forces vives prêtes à combattre ».

J’ai du mal à cerner les forces en présence.

-    L’Ennemi ? A-t-on une idée de qui contrôle tout ces troupes? Les Démons ?

« C’est probable. Ils sont très occupés sur d’autres plans. La guerre fait rage avec les Anges, toutes leurs forces sont mobilisées. Et nous ne représentons rien pour eux, ils n’ont aucun intérêt dans cette affaire. Mais nous pensons plutôt à l’initiative individuelle d’un Démon  renégat d’une espèce elle aussi inconnue. 
Nous avons très peu  d’informations et de témoignages sur le sujet. Ce personnage se tient généralement éloigné des lieux de combats et les espions que nous avons tenté d’infiltrer à plusieurs reprises ne sont jamais revenus. Ah si seulement Jess était là…»

Cette dernière phrase, échappée dans un soupir comme une pensée à voix haute, éveille ma curiosité.

-    Jess ? Vous le connaissez ?

Le Prince me lance un regard énigmatique, à la fois dur et intrigué.  J’ai oublié un instant la hiérarchie. Ou plutôt je l’ai oubliée depuis plusieurs siècles. Comme je cherche mes mots pour faire amende honorable, il répond pourtant à ma question.

« Un conseiller hors pair, doté d’une finesse diplomatique et d’une culture interraciales sans pareilles. Je pensais qu’il était également d’une discrétion absolue, mais il semble que vous ayez eu vent de son existence. Il fût l’une des éminences grises du roi mon père,  chargé des affaires étrangères, mais il a disparu un beau jour alors que mon père avait sombré dans la folie et que le gouvernement partait à vau l’eau. Certains le considèrent toujours comme un déserteur, personnellement je ne pense pas qu’il eut pu être déloyal. Sa lucidité lui a peut-être enseigné de s’éloigner d’un pouvoir qu’il voyait condamné, ou bien est-il tout simplement mort… toujours est-il que ses compétences nous ont cruellement fait défaut pendant les années de reconstruction, et qu’aujourd’hui ses connaissances pourraient nous éclairer sur la menace qui pèse sur tout notre peuple. »

-    Il n’est pas mort Prince.
Mer 18 Déc - 00:14 (2013)
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