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"Le Sang des Rois" : L'histoire
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"Le Sang des Rois" : L'histoire
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Urdaan
L'Encre des Rois

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Je viens d’allumer un éclair d’intérêt dans ses yeux.

-    Je l’ai croisé il y a peu, dans des circonstances un peu… étranges. C’est d’ailleurs lui qui m’a en quelque sorte sorti de ma retraite. La dernière fois que nous nous sommes vus, nous étions dans un train à destination d’Elesmera. Nous venions de Gorgefroide, puis nos chemins ont divergé. C’était il y a 6 jours, peut-être y est-il encore.

Un ange passe. Astoban  et moi ne détachons pas notre regard du Séthi, qui semble réfléchir à cent à l’heure. Et puis soudain le verbe sort, tranchant :

« Il faut le retrouver ».

Cette initiative me parait relever du pouvoir légitime. Aussi en fais-je la remarque au Prince :

-    Peut-être devrions-nous en informer le Roi ?

Ma remarque provoque un certain émoi. Astoban parait très gêné, toussotant, piétinant sur place, tandis que le Prince me fixe et réfléchit de plus belle. Je réalise soudain que je suis peut-être dans le repaire d’un complot ! Séthi doit lire mes craintes, car son visage s’adoucit et il reprend sur un ton apaisant :

« Urdaan, vous vous êtes retiré du monde pendant de longues années, alors même que vos compétences auraient été précieuses à notre nation, dans une période de grands troubles.  Je ne vous juge pas pour autant. Votre retour est le bienvenu  et vous avez repris la place que vous occupiez avant votre … retraite. Vous pensez, fort justement, que le cas du Roi est similaire, mais les choses ne sont pas si simples ».

Mes craintes empirent, mais je n’ose rien dire pour le moment. A mots couverts Séthi m’a bien fait comprendre que j’étais un déserteur. Il poursuit :

« Je vais vous parler franchement Urdaan. Avant sa disparition, mon père avait sombré peu à peu dans la folie, et mené notre nation dans une situation critique. L’explosion de la société vampirique et sa disparition  n’ont été qu’une coïncidence. S’il était resté au pouvoir, notre nation  aurait explosé quand même. C’était inéluctable.

Ma sœur et moi, aidés par quelques sages fidèles à la monarchie, avons rebâti un embryon de pouvoir et de société année après année, siècle après siècle. Mais ce nouveau pouvoir en place est fragile et nous ne pouvons risquer de le voir voler en éclat.

Outre la grande joie de retrouver notre père, nous espérions naïvement que le retour du Roi serait un symbole assez fort pour rassembler un maximum de Premiers Nés dissidents et accélérer le processus de reconstruction. Hélas, nul n’avait oublié que le Roi Adam était responsable de la situation, et rares ceux qui étaient prêts à pardonner.
Pour couronner le tout, ses longs siècles d’enfermement n’ont pas arrangé la situation. Bien au contraire. Il est devenu totalement ingérable. C’est pourquoi notre père a été quelque peu … écarté tandis que ma sœur et moi dirigeons les opérations. Il garde bien sûr son titre, mais il n’a plus qu’un rôle de conseiller honorifique »

Le silence qui s’ensuit est chargé de sens. Séthi et Astoban  m’observent, attendant de savoir comment je vais digérer cet état de fait. En d’autre temps j’aurais sauté au cou de ces renégats, les auraient fait mettre aux fers en attendant leur exécution pour haute trahison. Mais ces siècles de solitude et de méditation ont émoussé mon tempérament sanguin, et ma loyauté psychorigide d’antan a fait place à une analyse plus réfléchie et plus égoïste. Séthi attend de moi que je lui prête allégeance, voilà ce qui se joue à cet instant précis.

« Bien que le Roi n’ait pas abdiqué en votre faveur et que de fait la passation de pouvoir ne se soit pas passée dans le respect du protocole, je pense que votre pouvoir est légitime. J’obéirai donc à vos ordres, Prince. »

La tension qui régnait dans la pièce retombe d’un coup. Séthi hoche la tête en signe de satisfaction, tandis qu’Astoban arbore un grand sourire d’où pointent les deux pointes de ses canines supérieures.

« Très bien. Alors allons chercher Jess maintenant. »
Mer 18 Déc - 00:15 (2013)
Ezeckhiel
L'Encre des Rois

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Je commence à sérieusement m’ennuyer. Voilà plusieurs heures que je suis pleinement réveillé, alité, sans avoir rien à faire pour m’occuper. Les premières minutes j’ai fait un check-up total de mon intégrité physique. Résultat : rien. Plus rien. Tous mes organes sont reconstitués, mes os ressoudés, mes plaies refermées. Mon processus de régénération est achevé et complet, et j’admire une nouvelle fois la rapidité et la perfection de ce mécanisme, qui a cependant utilisé beaucoup d’énergie.


Je meurs de faim. J’ai avalé depuis longtemps les quelques pilules de concentré de sang qui étaient à nouveau posées sur ma table de nuit, et j’en aurais bien volontiers gobé une dizaine de boites. Hélas il n’y a plus rien sur la table, pas plus qu’il n’y a d’ailleurs mes habits sur la chaise à côté du lit ou dans un autre coin de la pièce dénuée d’armoire. Ma regrettée ceinture et son précieux contenu me manquent cruellement. Elle m’aurait permis de reconstituer mes réserves d’énergie. Seul élément extérieur à cet univers carcéral et hospitalier : un treillis noir et gris proprement plié et posé sur le lit voisin inoccupé, qui attend sans doute d’être récupéré par son propriétaire.


De fil en aiguille, je repense à Zillah. Quel étrange chemin a bien pu transformer cette douce jeune fille bien élevée et timide en ce monstre vulgaire que j’ai croisé ? Je n’arrive pas bien à comprendre. Mais après tout est-ce plus étrange que tout ce qu’il m’est arrivé depuis que je ne suis plus humain ? J’aurais bien aimé tout de même pouvoir l’étudier plus en détail. Mon instinct, qui me trahit rarement, me susurre qu’il y a là-dessous quelque chose de vraiment énorme, un lourd secret pas vraiment réjouissant. Heureusement d’autres spécimens, différents, attendent de satisfaire ma curiosité dans le labo de cette base. J’espère que les binoclards auront respecté mes consignes, et qu’ils n’auront rien entrepris sans moi !


Cette pensée réveille mon excitation. Ce labo est du pain béni pour moi, c’est un peu comme une terre d’asile, une ambassade, un morceau de chez moi implanté en terre étrangère. Dans un laboratoire, je suis chez moi. Je m’y sens bien. Je vais pouvoir y reconstituer mon arsenal de potions, en remplacement de celles perdues avec ma ceinture. Et lorsqu’il y a des sujets d’études inconnus, mon âme de scientifique est survoltée.


Il faut que j’y retourne. Immédiatement. Comme précédemment je ferai un détour par l’intendance histoire de m’empiffrer avec quelques victuailles. Puisqu’apparemment mes hôtes n’ont pas pris de mesures supplémentaires, je leur refais le coup de la souris…


Et voilà le petit rongeur qui se faufile à nouveau sous les draps, descend le long de la structure en métal du lit, reprend sa course le long des plinthes en évitant soigneusement le balayage des caméras et… se retrouve nez à truffe avec un gros chat gris caché jusque là sous le lit !


Les bâtards !


Le matou n’a pas l’air commode, et semble avoir trouvé un jouet, et son encas. Quelle mort débile pour un vampire ! La petite souris tente de s’échapper, à droite, à gauche, mais nulle issue salutaire n’éclaire son horizon. De toute façon le chat finit toujours par lui barrer la route et la repousser délicatement d’une patte pour l’instant dénuée de griffes. Pour l’instant…


Je n’ai pas d’autre choix que de reprendre ma forme humanoïde, en maudissant cet empêcheur de s’évader en rond qui va tâter de mon meilleur coup de pied. Au moment où j’arme ma jambe, la porte de la chambre s’ouvre sur un vampire en uniforme. La vision d’un chat recroquevillé au sol, ses grand yeux mouillés implorant la pitié à ce membre de Damoclès qui va inexorablement s’abattre sur lui, me fait passer pour un tortionnaire animalier et va m’attirer les foudres des associations… ma jambe retrouve délicatement le contact du sol, tandis que le chat, trop heureux de cette intervention miraculeuse, en profite pour se sauver entre les jambes du militaire.


« Je vois que vous avez fait la connaissance de Machine. Nous avons jugé bon qu’il vous tienne compagnie afin que vous ne faussiez pas la nôtre. »


Vexé et un peu piteux, je grommelle quelques bribes de mots sans intérêt.


« Visiblement vous êtes bien remis de vos blessures. Parfait. Enfilez cet uniforme, il est à votre intention »


Je regarde l’ensemble pendu à mon lit voisin. Bien qu’il ne soit pas esthétiquement repoussant, je préfère largement ma vieille tenue de civil qui me rappelle que je suis un homme libre.


- Où sont mes fringues ? Ma ceinture ?


« Lorsque vous êtes arrivé inconscient sur une civière, vous étiez à moitié nu. Seuls quelques lambeaux de tissus sanguinolents recouvraient de ci de là votre corps. Vous avez peut-être réussi à venir à bout de 47 ennemis, mais vos habits non. Quand à votre ceinture, les diverses préparations qu’elle contenait sont actuellement à l’étude dans notre laboratoire. Soyez rassuré, ce treillis est un prêt et non la signature d’un acte d’engagement dans notre contingent. Maintenant habillez-vous, nous sommes attendus. »


Mon interlocuteur est assez robotique, et ne paraît nullement impressionné par ma prouesse. Bon. Avant de juger si je dois le suivre docilement ou s’il me faut trouver un moyen de lui fausser compagnie, il me faut un peu plus d’informations. Je commence à m’habiller.


- Quel est le programme des réjouissances ?


« Le général Urdaan veut vous voir. Je n’ai pas d’autre information ».


Un peu léger, mais depuis que j’attends ça ! Je diffère donc ma décision à l’issue de cet entretien.


Me voilà fin prêt. Le treillis à l’air de bien m’aller, mais il n’y a aucun miroir pour voir de quoi j’ai l’air. Tant pis. J’emboîte le pas du militaire glacial et quitte sans regret cette chambre hospitalière
 
Mer 18 Déc - 00:16 (2013)
Ezeckhiel
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Nous arpentons quelques couloirs, franchissons des portes menues de serrures à reconnaissance oculaire, prenons deux ascenseurs… cette base à l’air d’une immense forteresse ! Encore un ascenseur, des sas… enfin mon guide m’intime l’ordre de l’attendre sans bouger alors qu’il ouvre une énième porte blindée. Des bribes de conversation me parviennent, qui cessent. J’entends alors distinctement une voix que je ne crois pas connaître :

« Faites-le entrer ».

Le soldat revient me chercher pour me présenter aux personnes en présence. Ils sont trois. Je reconnais immédiatement Urdaan, le commandant qui m’a ramené… Astrolabe, quelque chose comme ça… et un troisième vampire assez jeune aux cheveux longs, assis dans un fauteuil, qui me dévisage avec une certaine curiosité. L’aura qui émane de lui me met mal à l’aise.

« Ce sera tout Caporal merci »

Astrochose vient de congédier mon guide qui claque les talons et s’en va en refermant la porte. Bon débarras. Urdaan prend alors la parole et s’adresse à moi.

« Ezekiel, vous connaissez déjà Astoban…

Ah oui Astoban, celui qui m’a ramené de la forêt.

« … mais peut-être ne connaissez-vous pas notre invité spécial »

Un jeu. Une devinette. Je regarde plus précisément le troisième larron mais, toujours mal à l’aise, j’abrège l’exercice.

-    Non désolé il ne me semble pas que nous nous soyons déjà rencontrés.

« Certes, mais son nom vous parlera sans doute d’avantage : Ezekiel, je vous présente le Prince Séthi de Lécidéa, notre souverain ».

Visiblement tout le monde ici présent s’attend à ce que j’accueille cette nouvelle avec beaucoup d’enthousiasme, ou de surprise, ou d’admiration, ou je ne sais quoi encore, mais la seule chose à laquelle je pense à cet instant précis, c’est mon estomac.

-    ‘chanté. Vous auriez pas un petit truc à grailler, je meurs de faim !

Là ma réflexion provoque trois réactions bien distinctes chez mes interlocuteurs. Urdaan semble médusé, Astoban est visiblement choqué et irrité, tandis que leur Prince de Chépakoi paraît à la fois amusé et un peu triste. Je crois bon de me justifier.

-    Non je suis désolé, vous devez être quelqu’un d’important mais je n’ai jamais entendu parler de vous. D’ailleurs il y a peu encore je n’avais jamais entendu parler de vampire non plus. Enfin si, mais dans les films et les bouquins comme tous les humains. Enfin bref… je n’ai pas mangé depuis lurette autre chose que quelques gélules, et entre le combat et mon processus de régénération j’ai pas mal tapé dans mes réserves. Donc je vous serai très reconnaissant si avec votre pouvoir de Prince vous pouviez me faire apporter un petit casse-dalle.

Ce petit laïus destiné à détendre l’atmosphère à encore plus estomaqué Astoban. Urdaan hésité à sourire, mais c’est le Prince qui finit par rompre le silence oppressant qui commençait à s’installer :

« Naturellement. Commandant, veuillez-vous occuper de cela je vous prie ».

«  A vos ordres Majesté ».

Manifestement contrarié, Astoban quitte à son tour la pièce.

Même si j’essaye de n’en laisser rien paraître, je suis très impressionné par la situation. Moi qui croyait il n’y pas si longtemps encore être seul au monde, après avoir tué le monstre qui a fait de moi un vampire, me voilà au cœur d’une armée, et mieux devant leurs chefs !

Retour d’Astoban qui a du passer commande, Urdaan prend la parole cette fois :

« Ezekiel, Je vais être franc et direct. Voilà quelques jours que je vous observe et je dois reconnaître que je suis très intrigué. Vous êtes un personnage atypique, alliant semble-t-il des connaissances scientifiques précieuses et une aptitude au combat hors du commun des non-mortels. Sa Majesté, Astoban et moi ne savons pas si vous représentez un allié  ou une menace potentielle. Nos avis divergent sur le sujet, mais les derniers évènements ont plutôt tendance à montrer que nous avons des ennemis communs. Or face au danger qui nous menace, nous avons tout intérêt à nous serrer les coudes. »

Première banderille. Il me laisse digérer les informations et leurs sens cachés, puis reprend de plus belle :

« Nombre d’évènements étranges se multiplient ces derniers temps qui mettent en péril l’équilibre bien fragile du monde où nous vivons. L’heure n’est plus aux atermoiements ni aux querelles de second ordre, il est impératif que toutes les bonnes volontés s’unissent pour débusquer la source du Mal et l’éradiquer avant qu’il n’ait pris l’initiative. Vous êtes un vampire, vous faites partie de notre peuple maintenant. Votre place est à nos côtés.»

Deuxième banderille. Encore un temps mort pour bien que j’imprime ses propos, puis il poursuit :

« Nous avons une proposition à vous faire. »

A ce moment là on toque à la porte, coupant tout l’effet théâtral de la scène. Urdaan en est un peu irrité. Astoban ouvre et récupère un plateau des mains d’un soldat, qu’il dépose sur la table devant moi. Je le remercie d’un hochement de tête et me précipite sur la nourriture. C’est pas de la grande cuisine, mais ça fera très bien l’affaire.
Mer 18 Déc - 00:18 (2013)
Ezeckhiel
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Coupé dans son discours, Urdaan enchaîne :

« Nous souhaitons que vous rejoigniez les rangs de notre armée et que vous mettiez vos compétences au service du peuple vampire. Vous avez un rôle majeur à jouer. Nous vous proposons un grade de lieutenant dans l’armée régulière vampirique du Roi Adam de Lécidéa. »

Comme j’ai commencé à m’empiffrer dans les règles, les propos d’Urdaan ont été à moitié couverts par mes bruits de mastication. Je crois cependant avoir saisi l’essentiel, et ça a le mérite d’être clair. Sans cesser de manger et de regarder mes aliments, je contre-attaque :

-    Votre proposition m’honore, je suis sincèrement flatté. Mais je suis un électron libre, mon autonomie et mon indépendance sont ce que j’ai de plus précieux. Je ne m’en séparerai pour rien au monde. Je me vois dans l’obligation de refuse votre offre.

Je sens mes trois interlocuteurs se tendre, et je réalise qu’ils peuvent me détruire ici et maintenant, très facilement. Mais au-delà de la crainte, je meurs surtout de curiosité sur un tas de sujets pointus. Je tente alors un coup de bluff :

-    Néanmoins je suis prêt à collaborer. Tout ceci est nouveau pour moi et j’ai du mal à discerner ce qui est « normal » de ce qui ne l’est pas. Je n’en connais pas plus que vous quant à l’Ennemi mais les spécimens que j’ai pu observer ont réveillé et excité mon intérêt scientifique. Voilà donc mes conditions : je reste un collaborateur spécial et indépendant ; je veux une mise à disposition de votre laboratoire, matériel, personnel, et accès intégral à vos bases de données ainsi qu’à tous les spécimens capturés présents et à venir ; je ne veux rendre de compte qu’à Urdaan ou au Prince ; enfin je veux qu’on me donne des cours sur l’Histoire des Vampires et autres races pour combler mes nombreuses lacunes sur ces sujets.
 
J’ai peut-être poussé le bouchon un peu loin. La crispation est palpable dans la salle, Astoban me foudroie du regard, et s’il ne devait se retenir devant ses supérieurs il m’aurait fondu dessus.

-    Et je veux ma ceinture, bien entendu.

Au point où on en est… mais cette demi-boutade n’a déridé personne.
Le Prince, qui jusque là était resté jambes croisées au fond de son fauteuil, sort de son immobilisme. Il se penche en avant, prend appui sur ses genoux.

« Très bien. Les deux partis ont exposés leurs attentes, voici mon offre. Elle est unique et non négociable.

Premièrement, je vous rappelle que vous êtes un vampire. Je veux bien croire que vous êtes venu à la seconde vie dans l’ignorance de l’humanité, par la morsure d’un initiateur qui n’a pas rempli son rôle de tuteur et dans une période de chaos qui vous a laissé dans l’incertitude la plus totale. Mais ces temps sont révolus. Vous recevrez donc une éducation vampirique complète, et votre première leçon sera d’apprendre qu’en tant que vampire vous avez des obligations vis-à-vis de votre peuple et de votre Roi.

A ce titre, vous devrez accomplir les rituels faisant de vous un membre de la société vampirique : chaque nouveau vampire doit prêter serment d’allégeance à son nouveau peuple, et passe les premières années de sa nouvelle existence à étudier et à servir la société. Ce sera mon deuxième point : vous serez affecté à un service militaire. Vous devrez cinq années à l’armée, à l’issue de quoi vous serez libre de retourner à une vie civile et à votre chère autonomie, sans toutefois vous départir des droits et devoirs que votre nature même de vampire vous confère.

Néanmoins entre chaque mission de terrain vous serez détaché à la section scientifique, et vous aurez accès au laboratoire et à son matériel. Cependant il est hors de question de vous laisser accéder à nos bases de données ni vous laisser faire n’importe quoi avec le matériel et les spécimens sans aucun contrôle.  Vous aurez donc un référent qui vous aidera dans vos recherches, vous donnera ce dont vous aurez besoin tout en gérant la confidentialité. En contrepartie vous lui transfèrerez une partie de votre savoir, puisqu’il est manifeste que vous avez des connaissances et compétences pointues dans l’Art de la Chimie. Voilà pour le troisième et dernier point. »

Je comprends par moi-même que le quatrième point est négatif, puisque je devrais rendre compte à d’autres intervenants que le Prince et Urdaan.

« Ah j’oubliais. Nous vous rendrons votre ceinture, bien entendu. »

Lorsqu’il prononce cette phrase, il me semble lire un léger sourire malicieux au coin de ses yeux.
Mer 18 Déc - 00:19 (2013)
Ezeckhiel
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Cette ration repas ne m’a pas rassasié. Je serai solo chez moi, je lècherai le fond de sang à même l’assiette. Mais je suis en public, et devant du gratin qui plus est. Je sais quand même me tenir, aussi je ne fais que ramasser les miettes éparses du bout de mon doigt pour les porter à ma bouche.

Ce faisant, je cogite à cent à l’heure à la proposition du Prince. Elle me parait honnête. Je sais qu’il dit vrai et que ce sera sa dernière offre. A prendre ou à laisser, à mes risques et périls.

Soyons honnête, j’ai un cruel besoin de connaissances sur mon nouveau statut. Je croyais être seul, une abomination, depuis que je me suis vengé du vampire qui m’a transformé. Et puis j’ai croisé Urdaan. Il est devenu mon obsession, et je n’ai eu de cesse de le retrouver pour qu’il réponde aux mille questions qui tournent en vain dans ma tête. Je finis par le retrouver, et voilà qu’il m’ouvre les portes d’un peuple, d’une nouvelle famille dont je n’avais même pas idée ! Tous mes sens me crient d’accepter cette offre : ma curiosité, mon instinct de survie, mon espérance… seule mon indépendance fait un peu la gueule dans son coin.

5 ans. Elle devra patienter 5 années avant de pouvoir à nouveau s’exprimer. Un pipi de chat dans ma nouvelle non-mortalité, et le prix à payer pour m’offrir les clefs de la connaissance.

Et puis ce Prince m’impressionne, sa présence me dérange, me met mal à l’aise. J’ai envie de me tirer de là. Ma décision est prise.

« OK, j’accepte », sans autre forme de procès.
Mer 18 Déc - 00:19 (2013)
Alexis le narrateur
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L’entrebaillement de la blouse laisse deviner le haut d’un bas blanc, et au-dessus la peau si fine, si douce, si attirante… à quatre pattes sur le bureau, paradant comme un félin à la saison des chaleurs, la splendide blonde lui lance un regard de braise par-dessus ses lunettes très tendance. Ses lèvres pulpeuses rehaussées d’un rouge à lèvres flamboyant s’entrouvrent et laissent échapper un soupir des plus évocateurs, tandis qu’elle tend une main aux doigts longs et fins terminés par des ongles en amande frôlant la perfection. Elle pose sa paume chaude et délicate à plat sur son épaule, descend langoureusement le long de son torse… il tend la main à son tour pour la rejoindre, leurs doigts se touchent, se joignent, l’excitation est à son comble et…. devient douleur, insupportable !

Il revient à la réalité pour s’apercevoir que la main si délicate qu’il avait enlacée dans ses errances érotiques est en réalité un fagot de tissus desséchés. Horreur ! Il s'était évanoui de douleur, mais la souffrance de ses tétons en lambeaux l'ont ramené à la terrible réalité. Il lève la tête et s’enfonce dans le regard inhumain et glacial de la Momie. Pourtant celle-ci le regarde cette fois d’une bien étrange manière… re-horreur !

Par réflexe il se relève d’un bond, et sent une humidité tiède le gêner à l’entrejambe. La Chose et lui baissent le regard jusqu’à la tâche mouillée qui souille son pantalon.

La Chose émet un sifflement strident et lance avec mépris :

« Misérables humains. Vous vous croyez supérieurs mais vous n’êtes que des animaux…
Suivez-moi maintenant, nous avons de la visite ».

Oscillant entre l’effroi et la honte, le scientifique emboîte le flottement de l’être spectral. Ils traversent les couloirs aux parois vitrées jusqu’à la salle de confinement principale.
La porte s’ouvre, sans pour autant que la Momie n’ait tapé le moindre code, sorti la moindre carte ou activé la reconnaissance oculaire, et ils entrent dans une pièce aux parois opaques entièrement constituées de polycarbonate blanc brillant. La pièce est dépouillée de tout mobilier. Seule tâche de couleur rouge et noire au milieu de cet environnement stérile, une superbe femelle vampire est attachée à une croix de Saint-André en position verticale.

Elle ne se débat pas, ce qui serait vain d’ailleurs puisque des éléments métalliques lui transpercent le squelette pour l’ancrer à la structure. A la crispation de son visage on voit qu’elle souffre, mais cette souffrance n’a pas encore eu raison de la haine et de la soif de vengeance qu’on peut lire dans son regard.

Sans quitter la femelle vampire des yeux, la Momie reprend à l’intention du scientifique :

« Et bien Professeur, vous connaissez cette dame ? »
- Je … euh… non.
« Evidemment pauvre idiot ! Vous n’avez jamais rampé qu’avec les larves. Il y a peu encore vous pensiez que les humains étaient les seuls Etres intelligents de votre monde minable, et que vampires et démons ne faisaient partie que du folklore et de la superstition. Comme vous devez vous sentir misérable et fragile maintenant ! Alors inclinez-vous vermine, car vous êtes en présence de la haute société vampirique ! Je vous avais promis un Premier-Né comme matière première pour vos expériences ? Et bien voici ce qui se fait de mieux : je vous présente la Princesse Kaëlia de Lécidéa, fille du Roi Adam ! »
Mer 18 Déc - 22:54 (2013)
Dëss
L'Encre des Rois

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Localisation: Les Enfers

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Il n'a pas tort. 


Notre première rencontre n'aurait pas pu être moins douce. Je les ai attaqués, sans raison apparente, et j'ai fait du mieux que j'ai pu pour essayer de les tuer, tous les deux. La faim qui me poussait à avancer était d'une force inouïe, je n'avais jamais ressenti ça, même 700 ans auparavant. Elle était ma cible, pour satisfaire mon appétit incontrôlable, et lui mon défouloir, pour assouvir une envie de violence et de massacre enfouie pendant plus de sept siècles. Je n'avais aucun contrôle sur mon corps, j'étais un animal enragé sans aucune fonction cérébrale. Un loup au milieu de la bergerie. En effet, il a de multiples raisons de ne pas m'accueillir à bras ouverts. Mais je ne suis pas là pour me faire pardonner.


" Les excuses n'ont aucun intérêt, d'abord parce que je n'en vois pas l'utilité et ensuite, parce que je ne pense pas que cela change grand-chose à la situation. Allons droit au but, je me nomme Dëss. Un de nos amis commun m’envoie. Il a besoin de toi."


Je marque un temps d'arrêt. J'ai l'impression de n'être qu'un messager de bas étage. Je transporte les désirs du Roi des vampires, ce n'est pas rien, mais je ne suis pas un vulgaire facteur non plus. En plus d'analyser sa réaction, je garde un œil sur les "bras" qui s'activent toujours sous nos pieds. S'ils nous surprennent, il nous faudra disparaître rapidement. Et l'humaine représente un poids en cas de fuite. On fera avec. Le vampire ne bouge plus. Il a l'air intensément perturbé. Je n'ai pourtant montré aucune agressivité, ni envers lui, ni envers l'humaine.


" Adam m'a expliqué brièvement ta place dans son ancien gouvernement. Je ne pensais pas que tu pouvais avoir de l'importance. Lors de l'affrontement à Elesmera, tu as fait preuve d'une grande intelligence, de réflexes et d'un instinct remarquables. Je pourrais presque te féliciter d'avoir survécu, ... "


Il ne bouge toujours pas. Il doit être en manque de sang.
Mer 18 Déc - 22:55 (2013)
Jess
L'Encre des Rois

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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Aux aguets, tous mes muscles sont en attente d’une impulsion de mon cerveau pour réagir instantanément et violemment. Son discours est apaisant, pourtant je ressens toujours un grand danger imminent. Je n’ai nulle par ou aller. S’il attaque Taïla et moi sommes morts, si je tente de m’enfuir je risque de ne pas être assez rapide, qui plus est avec la charge de Taïla, et de toute façon je serais immédiatement repéré par les Bras qui grouillent un peu partout. Aucune issue.

« Ta manière de parler du Roi est un peu trop intimiste à mon goût, mais ne m’étonne guère : tu as l’arrogance de ceux de ton espèce. C’est d’ailleurs un de vos points faibles. Ce sentiment de supériorité a coûté la vie à nombre de tes congénères, pourtant vous n’en retenez jamais la leçon. Vous croyant hautement supérieurs vous sous-estimez en permanence vos adversaires. Mon appétence à survivre et à te botter les fesses pourrait bien te surprendre à nouveau. »

Se succèdent dans son regard l’étonnement, l’irritation puis un brin d’amusement, et enfin la crainte lorsque sans prévenir je bondis dans sa direction. Il m’esquive légèrement, je le frôle et saisis à la gorge le vampire au bras démesuré qui s’apprêtait à le frapper dans le dos.

« Tu vois ? Obnubilé par ta suffisance tu n’as même pas pris soin de surveiller tes arrières ! »

Disant cela, je broie la trachée de premier assaillant parvenu à escalader le building, et m’attaque aux suivants. Dëss sort de son hébétude et entreprend également un massacre en règle. Notre présence a du être repérée et signalée. Normal, il passe autant inaperçu qu’un mammouth dans un champ de fraises.

Pendant que nous conversions, les forces d’intervention se sont organisées et déferlent maintenant par vagues successives sur le toit du building. Il en arrive de partout, et malgré nos efforts conjugués et tout démon qu’il soit, nous allons finir par être submergés. Je tournoie sur moi-même, arrache, griffe, tranche, mord la moindre parcelle de chair qui passe à ma portée. Le sang gicle de tout côté, un sang nauséabond, au goût et à l’odeur chimique, âpre et acide. Cela m’écoeure, j’ai la nausée, je me sens poisseux, sale et fatigué, j’ai envie d’être loin d’ici, dans un lieu reposant, pur et calme, où la violence et la haine seraient inconnus…

Un vrombissement me ramène à la réalité. Il s’amplifie, et soudain apparaît au-dessus de nous un hélicoptère noir flanqué du sigle « F » doré. Il stabilise son vol, un homme en descend au bout d’un treuil.
Taïla ! Je fouille du regard le toit de l’immeuble, écarte les lambeaux de chair et d’étoffes qui m’obstruent la vue, et l’aperçois enfin. Plusieurs Bras sont autour d’elle et l’emportent toujours inconsciente vers l’homme au treuil. Je vois la scène par effet stroboscopique, me démenant toujours au combat contre mes ennemis. Je tente une percée pour aller la récupérer, on me retient, m’écorche, m’embronche, mais je parviens finalement à me dégager suffisamment pour foncer sur elle et l’arracher des griffes de son kidnappeur. L’humaine fermement serrée dans mes bras, je hurle :

« DESS ! SI TU AS LA CAPACITE DE NOUS TELEPORTER LOIN D’ICI POUR NOUS OFFRIR DU CHANGEMENT, LE CHANGEMENT, C’EST MAINTENANT ! »

Au moment où je prononce cette phrase, je lève les yeux et accroche le regard perçant et terrifiant de la Momie voûtée dans l’encadrement de l’hélicoptère.
Mer 18 Déc - 22:57 (2013)
Dëss
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Après s'être attaqué à mon ego et avoir bondi sur un des assaillants qui commencent à envahir le toit, mon ancien souffre douleur et nouvel allié montre une facilité déconcertante à éviscérer ses confrères mutants. Adam a raison, il a un certain talent. 


Une longue rapière à la lame aiguisée et dentelée se matérialise dans chacune de mes mains, je tranche et éventre tout ce qui passe dans mon champ d'action. Il y en a de plus en plus, j'ai dû les énerver. Cette idée me fait sourire. À chaque victime de plus, j'accélère le rythme. La chair vole de tous les côtés, ces idiots vont tous finir en charpie. Les corps s'entassent les uns sur les autres : un vrai bonheur. 
Chacun de mes mouvements découpe plusieurs d'entre eux. L'ambiance de guerre accompagnée de l'odeur du sang et de la peur me fait un bien fou. Je pourrais faire ça pendant des ... 


« DESS ! SI TU AS LA CAPACITE DE NOUS TELEPORTER LOIN D’ICI POUR NOUS OFFRIR DU CHANGEMENT, LE CHANGEMENT, C’EST MAINTENANT ! » 


Rabat-joie. 


Il ne sait pas apprécier les bons moments. Nous n'avons pas la même politique de vie. Je vois qu'il a subi plusieurs assauts violents, il est dans un sale état, mais il peut supporter plus. Je le sais d'expérience. Il tient l'humaine contre lui. Il préfère encaisser des dégâts directs plutôt que de prendre le risque de la blesser en contre-attaquant. 


Ils arrivent de plus en plus rapidement, je ne les tue pas assez vite. Je bande tous mes muscles et lance mes deux lames contre les tas d'ennemis, j'en embroche deux à gauche et trois à droite. Je lâche en plus deux décharges d'énergie pour les occuper, ce qui provoque une certaine pagaille. Mes ailes se déplient et me propulsent dans les airs, je me mords les bras et laisse couler le sang sur mes mains. Je trace des incantations dans le vide, le liquide rouge reste en suspension dans l'air tel de l'encre sur la peau. 
 Tandis que des éclairs se forment autour des écritures sanguinolentes, je garde le contact visuel avec la meute, il est temps de filer. Les mutants sont en surnombre et nous jouons à domicile. Durant les quelques battements d'ailes qui me séparent du vampire, je passe près de l'hélicoptère qui nous surveille depuis un moment. Je sens une haine immense sous les hélices. Comme si le métal de l'appareil me détestait pour toutes les raisons imaginables. Ce ressenti n'a duré que quelques secondes, et j'ai l'impression de presque me haïr moi-même. 


Je reprends mes esprits. Dans quelques instants, j'aurais attrapé le vampire et l'humaine, nous passerons par le vortex et nous serons en chemin vers Adam.
Mer 18 Déc - 22:59 (2013)
Taïla
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Tout a bougé autour de moi alors que je reprend conscience de ce qui m'entoure. Bulle de lumière qui me ressource.


Mais soudain, la colère de l'être gris déferle de nouveau en moi. Il fait de plus en plus chaud. Je me noie dans une noirceur sans nom. Les ombres sont de retour, plus terrifiantes encore. Elles se mettent à bouger, comme munies d'une conscience propre. Je suis prise dans leur ronde, comme si je devenais le centre de leur attention. Nouvelles scènes, nouveaux sentiments...


On sonde encore une fois mon esprit. Mais ce n'est pas moi qu'on torture. Georges... Je ressens son incompréhension, sa souffrance. Le spectre sait qu'il lui a tout dit, qu'il n'a plus rien a en tirer, à part peut-être un exemple. Il veut me faire comprendre que quoique je fasse, il obtiendra gain de cause. Le désespoir de Georges et la satisfaction de la momie se mêle lorsque la vie de Georges s'achève. Je frissonne. Je n'ai pas le temps de me remettre que je suis assaillie par d'autres images.


Une femme attachée. Sa volonté de combattre est forte, contrairement à celle du scientifique terrorisé qui lui fait face. La momie est certaine que ses plans arrivent enfin à leur terme. 


Je ne veux pas en voir plus, je ne veux qu'une chose, rester loin de ces visions d'horreur. Je force mon esprit à se détourner de toute cette horreur et, à mon grand étonnement, tout s'arrête, comme en suspens. Se pourrait-il que le choix m'appartienne ?
Mer 18 Déc - 23:00 (2013)
Alexis le narrateur
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
« Un démon… pppfff… un démon, avec un vampire et une humaine. Quelle alliance contre nature ! Je les pensais moins misérables que ces deux races de vermine, mais ils sont tout autant méprisables. Ils me dégoûtent ! Ils me dégoûtent tous ! »

- Saigneur je…
« Tais-toi, insecte ! Je dois réfléchir ! »

- Mais Saigneur, c’est le manche. Il… il devient brûlant… Mon siège aussi…

L’hélicoptère commence en effet à avoir un vol erratique, et à faire des embardées de plus en plus folles de droite et de gauche.

- Monsaigneur, je ne peux plus pilo…

Avant qu’il n’ait eu le temps de finir sa phrase, le pilote prend feu spontanément et se transforme en une jolie torche, tandis que l’hélicoptère prend une trajectoire oblique et inclinée et fonce vers la surface de la mer au loin.

Tout à sa fureur, l’Etre gris ne s’est pas rendu compte qu’il a fait monter la température de la carcasse en métal bien au-delà de celle admissible par un être vivant, voire même au-delà de la température de fusion de la carlingue. L’aéronef est en train de fondre, et c’est une pluie de coulées de métal incandescent qui frappe la mer dans le rugissement et le brouillard de l’eau soudain en ébullition.

Quelques minutes plus tard, une momie piteuse, nue et dégoulinante émerge de l’eau dans un nuage de vapeur et prend pied sur la plage en grommelant. Sous ses pas le sable se change en verre.
Mer 18 Déc - 23:01 (2013)
Dëss
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Je tiens le vampire par une main, et lui tient l'humaine contre lui. Nous sommes à plusieurs mètres au dessus du toit.
Depuis que l'hélico s'est éloigné vers le rivage, les bras semble dispersés. Ils sont tout aussi hargneux et laids pourtant ils sont moins menaçant. Moins de réactivité, et plus de grognement. Comme si la conscience collective qui les animait s'était en partie éteinte.
Détail à prendre en compte.


Nous sommes juste au dessus du portail, nous pouvons disparaître en une seconde. Avant de partir, un dernier coup d’œil sur l'île. Les bâtiments, les mouvements de foule au sol. Des masses de mutants sont en direction de notre position. Nous nous sommes fait remarquer durant notre court passage. En temps de guerre, une attaque de ce type représenterait une provocation, un titillement stratégique. Dans cette situation, cela provoquerais des représailles extrêmes.


Mes ailes se plient et finissent par disparaître, nous tombons tout les trois vers le portail. Une fine poussière s'échappe au fur et à mesure que nos corps passent par le vortex. Mes yeux s'habituent vite à l’obscurité soudaine, les fortes odeurs de viandes pourries me reviennent également. Nous flottons tout les trois dans une sorte de couloirs dont on ne voit pas le bout, aux parois molles et brillantes, mais sans lumières. Je ne pense pas que ce vampire soit déjà passé par un tel portail, il va lui falloir quelques secondes pour s'y faire. A peu près le temps de notre voyage.


Ces portails sont des courbures de l'espace utilisés par les démons et les anges depuis un peu moins d'un millénaire. Je ne sais plus lequel des deux camps s'en es servit en premier, mais cela n'a plus d'importance. Comme pour toutes les avancées scientifiques, militaires et mystiques depuis le début de la Guerre, elle n'est pas restée longtemps le privilège d'un des deux camps. De mon vivant, il n'y a jamais eu d'avantage significatifs dans une des deux parties, pas même le plus petit. Pourtant, les deux subissent des pertes énormes, fournissent de plus en plus de soldats et font appel à des moyens de moins en moins moraux. Si seulement la morale avait eu sa place dans cette Guerre, elle aurait été la seule perdante.


 Ces portails devaient apporter une solution rapide au conflit, mais ça n'a apporter qu'une nouvelle dimension de crainte. Aucun lieu n'était sur et sans danger, les combats pouvaient commencer n'importe ou, même dans des zones civiles. Les protections, les barrières et les troupes pouvaient être évitées. Ils devaient permettre d'atteindre des zones stratégiques dans le camp adverse sans passer par les lignes défensives. En théorie c'est une bonne idée. Mais en pratique, beaucoup moins. La couche protectrice qui sépare de l’extérieur ne peut supporter une trop grande quantité de matière. Plus précisément, une ou deux créatures vivantes. En cas de surplus, le couloir s’effondre. Les dimensions reprennent leur place d'origine et réduisent tout ce qui se trouve à l’intérieure à néant. Le seul moyen d'augmenter la quantité de matière que l'on peut faire voyager, c'est de nourrir le portail. Il est gourmand et ne chipote pas sur l'énergie qu'on peut lui fournir. 


En puisant dans mes ressources, je peux le gaver. L'humaine est dans les vapes, elle ne nécessite pas une dépense d'énergie trop importante.


D'ailleurs, nous devrions déjà être arrivé. Ce n'est pas normal, si ça continu la paroi va lâcher et nous allons être broyer entre deux murs dimensionnel, que je le nourrisse ou pas. Si on atteint pas la sortie du vortex, c'est que l'entrée ne s'est pas refermé entièrement. Quelque chose nous retiens de l'autre côté. C'est quasiment impossible. Il faudrait pouvoir empêcher le portail que j'ai crée de se refermer, c'est à dire avoir la capacité de maintenir, dans un même espace, deux dimensions. Seul quelqu'un qui possède des connaissances extrêmement poussées sur les portails et une force hors du commun pourrait espérer réussir, avec une certaine dose de chance. Je ne pensais pas que c'était possible. Je lance de toutes mes forces le vampire qui n'a pas lâché l'humaine vers la sortie. Il me regarde étrangement, sa bouche s'ouvre mais ne produit aucun son. Dans ce couloir, les sens ne fonctionnent pas correctement. Nos regards se croisent durant un instant.


 Adam m'en voudrais s'il mourrait aussi stupidement. Pour qu'il puisse arriver à destination, il faut refermer l'entrée du portail. Je déploie mes ailes et prend la direction opposée. 
Ven 10 Jan - 22:31 (2014)
Jess
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
J’ai vu le temps s’étirer, et l’espace se tordre.
J’ai vu la vague de mes ennemis déferler et m’emporter, et soudain se refermer sur le vide ou je me tenais quelques instants auparavant. J’ai vu leur bras griffer l’air et leurs crocs se planter dans leur propre chair.
J’ai vu le regard de la Momie, terrifiant concentré de haine et de rage décuplée par le fait que je lui échappe, encore…
Et puis le calme.

Aspirés dans le vortex, je suis toujours enroulé autour de Taïla pour la protéger. Dëss nous a extirpé in extremis de l’étau de nos ennemis. Quelques secondes encore et nous aurions été broyés par le surnombre. Je suis meurtri, perclus de contusions, de lacérations, perforé de toutes parts, mais pour l’essentiel ces blessures sont superficielles, et Taïla est quasiment intacte. C’est presque miraculeux de sortir en bon état d’une attaque aussi inégale, mais il est vrai qu’après des décennies d’inaction les évènements de ces dernières semaines m’ont apporté un entraînement intensif. Je ne me croyais plus capable d’une telle résistance, et d’une telle efficacité au combat.

Je ressens cependant un vif malaise. Nous filons dans une sorte de tunnel aux parois mouvantes et translucides, laissant filtrer par moment des formes floues très lumineuses, puis des passages d’obscurité totale. Ma perception est complètement perturbée. Je ressens une chaleur intense puis un froid extrême, puis la chaleur à nouveau… J’ai la nausée. J’ai la sensation de flotter, puis celle de peser cent fois mon poids. C’est très désagréable. Suis-je le seul à éprouver ce mal-être ? Dëss ne semble pas le moins du monde affecté, et Taïla est toujours inconsciente… J’ai peur pour elle. Les humains sont si fragiles, et elle est déjà très mal en point. Résistera-t-elle à cette maltraitance supplémentaire ?

Je connais ce genre d’endroit, non pour avoir déjà vécu une expérience similaire, mais pour en avoir entendu parler par des anges et des démons lorsque j’étais diplomate. Ce sont des passages inter-dimensionnels, des raccourcis dans l’espace-temps qu’ils utilisent parfois pour voyager d’un plan à l’autre ou relier rapidement deux endroits distants de l’univers. Les humains connaissent aussi leur existence, leurs astrophysiciens appellent cela des « trous de vers », mais ils ne savent pour l’instant pas les utiliser. Les lois physiques sont différentes ici, et la matière dont je suis constituée est mise à rude épreuve, comme en instabilité permanente. J’espère que nous n’allons pas trainer et atteindre rapidement notre destination !

Hélas ! Pour je ne sais quelle raison Dëss lâche soudainement mon bras et rebrousse chemin. Pris d’une angoisse soudaine je lui crie « Qu’est-ce que tu fais ? » mais je n’entends pas ma propre voix. L’acoustique ne semble pas exister dans ce lieu…
Ven 17 Jan - 00:31 (2014)
Alexis le narrateur
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Message "Le Sang des Rois" : L'histoire Répondre en citant
Léa n’en croyait pas ses yeux. Devant elle se dressait la plus audacieuse, la plus belle des maisons contemporaines qu’elle n’ait jamais vue. Pas même dans les magazines traitant d’architecture qu’elle feuilletait occasionnellement, il n’y en avait de semblable. Le portail monumental en métal noir luisant s’était ouvert sans un bruit, dévoilant une propriété fantastique au fur et à mesure que la grosse et luxueuse berline électrique progressait en silence sur l’allée recouverte de gomme. De magnifiques arbres illuminés s’élançaient vers les étoiles depuis le sol engazonné soigneusement entretenu, telles des flèches végétales pointant la ceinture d’Orion. Confortablement enfoncée dans le siège en cuir moelleux de la berline, Léa n’en perdait pas une miette. Tout était calme, luxe et volupté. Elle vivait un véritable conte de fée, un rêve éveillé merveilleux et si inattendu !

Deux heures seulement auparavant, elle était comme chaque semaine assise dans la petite laverie automatique et lisait patiemment le dernier roman à l’eau de rose à la mode en attendant que son linge ait achevé le cycle lavage / séchage. La boutique était déserte, du moins jusqu’à ce que cet inconnu en pousse la porte. Elle leva les yeux, et le sourire qu’il lui offrit apaisa sur l’instant sa méfiance naturelle, et emballa ses sens.

« Bonsoir »

Sa voix, suave et chaude, agit comme un envoûtement. Il n’était pas très grand, d’un blond aux reflets roux, bien bronzé, et ses yeux gris acier semblaient lui fouiller l’âme jusqu’au creuset de ses désirs.
« Je suis vraiment désolé, mais j’ai sali ma chemise et j’ai un dîner d’affaire très important. Les magasins sont fermés, et je n’ai pas de rechange. Je vais devoir la mettre à nettoyer, et je crains que vous n’ayez à supporter la vue de mon torse dénudé. Pourrez-vous affronter cela ? »

Amusée par la situation, et totalement sous le charme de sa prévenance et de son charisme ravageur , elle bredouilla :

« Je euh… Oui, bien sûr ! »

Il la remercia d’un nouveau sourire et enleva son vêtement pour le mettre à laver. Sans être trop gonflé par la pratique excessive de la musculation, son torse était sec, bien dessiné, et bien épilé. Elle imagina rapidement ses mains glisser sur chaque volume : les épaules, les dorsaux, les pectoraux, les abdominaux… Un instant elle pensa que le personnage principal de son livre s’était incarné sous ses yeux, qu’il était là, devant elle, ou bien que c’est elle qui était rentrée dans le livre… Toujours est-il qu’une heure plus tard ils ressortaient main dans la main de la laverie et filaient dans sa splendide voiture pour s’embrasser fiévreusement. Totalement embrasée elle voulait faire l’amour ici tout de suite, mais il la contenu raisonnablement.

« Allons chez moi. J’aime bien les jeux érotiques, mais dans un environnement intime. Je ne suis pas très exhibitionniste »
_ Okay mais votre repas d’affaire ?
« Tant pis pour eux, j’ai un rendez-vous plus important », et il ponctua sa phrase d’un clin d’œil et d’un sourire complices.

La voiture démarra sans un bruit, semblant glisser dans la nuit. Il passa un appel rapide, sec, pour annuler son repas. Pas d’excuse, pas de place à son interlocuteur pour objecter. Tout indiquait qu’il était un homme important, riche, directif. Trente-cinq ans, quarante peut-être. En tout cas un tout autre profil que la plupart des jeunes hommes qu’elle avait connus jusque-là. Assez peu en fait : elle n’était pas très jolie, pas moche non plus, quelques kilos superflus, le nez un peu trop gros, les lèvres un peu trop minces… Elle ne plaisait pas trop aux garçons, sauf dans les soirées étudiantes où l’alcool coule à flots. Aussi la rencontre de ce soir était-elle complètement folle, elle ne voulait pas se demander pourquoi un homme comme lui pouvait s’intéresser à elle, petite étudiante de dix-neuf ans quelconque et disgracieuse, elle voulait vivre l’instant, à fond, profiter de chaque seconde, lâcher prise et se laisser guider par cet homme si sexy et si sûr de lui…

Le véhicule s’immobilisa devant le perron de la villa. Il sortit le premier et, chevaleresque, vint lui ouvrir la portière. Elle lui prit la main et l’embrassa goulûment, en enroulant ses jambes autour de sa taille. Il la porta ainsi jusqu’au bas des marches, puis la reposa délicatement à terre. Ils avancèrent alors en se tenant la taille. Comme par magie, les lumières s’éclairaient automatiquement devant leur passage, et s’éteignaient derrière eux. Plus fort, la porte d’entrée s’ouvrit seule à leur arrivée. Le vaste hall était illuminé, et tout à l’intérieur était dans des nuances entre le noir profond et le blanc immaculé. La décoration était épurée, et cette absence de couleur mettait en relief la nature et le graphisme même des matériaux : pierres, verre, métaux, mats ou brillants, lisses, rugueux, veinés, striés, cannelés, mouchetés, sablés, avec des inclusions de cristaux, de métal… Une sorte de minéralité se dégageait de cet endroit. Une odeur de vétiver flottait dans l’air.

Il la prit dans ses bras pour monter l’escalier en pierre qui émergeait du mur. A l’étage, une coursive desservait plusieurs pièces. La porte en bois à l’extrémité s’ouvrit seule à leur approche, et se referma derrière eux.

Un vaste lit couvert d’une parure en flanelle de couleur cendre trônait au milieu de la chambre. Il la jeta dessus, et elle rebondit dans un rire sur un matelas à eau. Il s’allongea sur elle, et entrepris de l’embrasser dans le cou, de lui lécher le lobe des oreilles, de la mordiller. Son désir montait en flèche, elle sentait son sexe s’ouvrir comme une fleur et se couvrir de rosée. Il plaqua une main douce mais ferme sur sa gorge, tandis que l’autre descendait vers ses cuisses et retroussait sa jupe dans une succession de caresses. C’était un dominateur, elle l’avait su depuis le début, et se soumettre à sa volonté devenait son plus cher désir. Elle allait enfin connaître une nouvelle dimension à sa sexualité, avec un homme, un vrai, pas un de ces ados attardés, inexpérimentés et souvent saouls avec qui elle avait fricoté jusqu’alors. Il allait lui apprendre de nouveaux plaisirs, de nouvelles façons d’aimer. Elle allait découvrir une nouvelle profondeur à sa jouissance…

« Je vais t’attacher » lui dit-il dans un murmure.

Il se leva, ouvrit la porte d’un dressing digne d’une grande boutique des Champs-Elysées, et revint avec une cravate en soie argent à petits motifs noirs, ainsi qu’un masque de feutre et un lacet anthracite. Il s’assit au bord du lit, et elle le laissa faire, curieuse et terriblement excitée lorsqu’il lui noua les poignets avec la cravate. Puis il lui noua les chevilles avec le lacet, et dans un dernier sourire lui passa le masque autour de la tête. Noir.

Les nœuds ne lui faisaient pas mal, mais ils étaient étroitement serrés et ne lui laissaient aucune liberté de mouvement. Elle était entièrement à sa merci désormais, et son impuissance décuplait son excitation. Elle avait envie de lui maintenant, tout de suite, profondément, et comme elle le suppliait de la prendre il la souleva à nouveau.

« Je vais te prendre sur la table »

Il l’emmena dans la pièce contigüe à la chambre, et la déposa sur une surface plus dure que le lit. Là il lui dénoua les chevilles, et les rattacha une à une avec les jambes en position enfin écartées. Il fit de même avec les poignets, de telle sorte qu’elle se retrouva dans la position de la croix de Saint-André, fermement attachée les membres tendus. Alors pour la première fois de la soirée, elle eût peur.

Elle avait vu quelques reportages sur le bondage, avec des pratiques parfois extrêmes qui lui firent froid dans le dos, et elle craignait soudain d’être tombée sur un de ses adeptes. Elle sentit la fraîcheur parcourir son corps lorsqu’il découpa ses habits avec un cutter, et qu’elle se retrouva totalement nue. Le contact de ses mains chaudes et de ses caresses sur sa peau frissonnante la rasséréna un peu, et la refit basculer vers le désir torride. Hélas, elle sentit des courroies lui entraver le torse, puis les cuisses, les bras, la tête…

« Qu’est-ce que tu fais ??? Mais qu’est-ce que tu fais ??? »

Il ne répondit pas

« Non je n’ai plus envie ! Pas comme ça ! Libère-moi maintenant ! »

Il ne répondit toujours pas. Alors elle se mit à hurler. Elle hurlait à pleine gorge, essayant de se cambrer, de se libérer de ses liens, mais les entraves étaient parfaites et elle ne pouvait même plus se tortiller. Et comme elle hurlait, il lui enfonça un embout dans la bouche, attaché derrière sa nuque qu’elle ne parvenait pas à refouler avec sa langue. La terreur supplanta la peur, des décharges d’adrénaline parcoururent ses muscles et elle se fit dessus. Puis elle sentit un objet froid pénétrer son vagin, mais elle n’en éprouvait aucun plaisir, bien au contraire. Un autre s’inséra dans son anus, puis des tuyaux lui pénétrèrent les narines et la bouche…

Il lui rasa la tête et plaça les électrodes tout autour du crâne et du corps. Puis il retira le bandeau sur les yeux. Des larmes muettes coulaient et elle le regarda, comme toutes les autres, comme tous les autres… Un seul regard, pour exprimer la terreur, la supplication, la rage, l’incompréhension, la haine, la résignation, la trahison, la vie et la mort… Dommage qu’il ne fût pas capable de comprendre ce qu’était tout cela. Ce langage-là lui était parfaitement étranger, tout comme ces émotions.
Il acheva de la connecter en lui plaçant les écarteurs de paupières et les caméras, braquées sur les pupilles. Toutes les sondes et les capteurs étaient en place. Elle était prête.

Il prépara les aiguilles, plaça les garrots et chercha les veines. Il piqua, instantanément le sang s’écoula par les tubulures et commença à remplir les bidons placés sous le lit médical. Enfin il amena le lit dans le tunnel du scanner, passa dans la cabine mitoyenne de la salle d’examen en veillant à bien fermer les sas étanches pour que ses mesures ne soient pas polluées, et se mit derrière le panneau de commandes pour amorcer la procédure et les enregistrements.

Les écrans de contrôle reliés aux caméras lui montraient la fille sous différents angles, sous différents spectres, de différentes couleurs qu’elles soient classiques, thermiques ou infra-rouges. Trois écrans étaient consacrés à ses yeux, avec un zoom en haute définition sur ses pupilles. Il voulait capter cette étincelle de vie si énigmatique qui animait le regard des êtres vivants, et plus spécifiquement le moment où elle s’éteint.

Sur la table, la fille tentait encore de crier et de se débattre. Elle n’avait pas encore abdiqué, il lui restait quelques forces, mais son sang continuait à quitter son corps irrévocablement. Bientôt elle cesserait le combat, vidée de tout espoir et de toute énergie. Puis elle s’enfoncerait dans une sorte de léthargie, et passerait enfin de vie à trépas.

C’est cet instant précis qu’il observait et cherchait à comprendre depuis tant d’années, accumulant une base de données colossale pour recouper toutes les informations et tous les profils afin d’en dégager un phénomène scientifique établi. Des expériences avaient déjà été amorcées sur le sujet, mais la morale, l’éthique, les lois, toutes ces entraves à la science et à l’expérimentation n’avaient pas permis aux chercheurs de poursuivre plus avant leurs démarches. Peu lui importait que l’âme humaine pesât ou non 21 grammes, hypothèse fort controversée d’ailleurs et non fait médical démontré. Ce qu’il voulait lui c’est comprendre la mort, et si d’envolée de l’âme il s’agissait alors la filmer, la mesurer, et pourquoi pas, l’attraper…

« Etonnant que ce soient les êtres dépourvus d’âme qui s’intéressent le plus à elle »

Agacé, il se retourna pour faire face à la Momie. Ce n’était pas tant qu’elle fasse irruption chez lui sans prévenir en pleine séance d'expérimentation qui le dérangeait, mais plutôt cette appétence à lire ses pensées.

« Je ne vous avais pas invité. J’ai du travail »

La Momie ne releva pas le ton cassant de son collaborateur. Il était le seul à se permettre ce genre de réflexions sans en pâtir, parce qu’il était le seul à ne pas être terrifié devant son apparence et son pouvoir. Bien qu’il considérât les humains avec dédain, celui-ci l’intriguait. Il ne ressentait pas la peur, ni l’empathie, ni la sensibilité. Doublée d’une intelligence rare, cette absence d’émotions lui avaient permis d’être un homme d’affaire immensément riche et influent, et faisaient de lui un partenaire précieux. De tous les humains, il était sans aucun doute le seul digne d’intérêt. Par certains aspects, il lui ressemblait même. A la nuance près que lui n’était pas mû par l’absence d’émotions, mais par la haine, la jalousie, la vengeance…

« Du travail ? Vos petites expériences insignifiantes d’amateur ? Vous perdez votre temps, JC. J’ai du travail pour vous. Du vrai. Un pour lequel vous êtes bien plus doué »
- Vous avez tort de dénigrer mes expériences. Elles pourraient nous être fort utiles si je parviens à mes fins.
- Les humains ne m’intéressent pas !
- C’est bien pour ça que je dois m’en occuper. Qui le ferait, sinon ?
L’argument n’était pas dénué de sens. Abandonnant la joute, la Momie se fit plus pressante.
- Venez, des affaires urgentes nous attendent. Vos instruments enregistrent votre expérience, vous vous occuperez du corps ultérieurement.

Ne pouvant lutter, JC vérifia que tous les appareils enregistraient bien le déclin des constantes vitales de son sujet, puis il emboita le pas de la Momie et sortit de la pièce à contre coeur, sans un regard pour Léa qui agonisait. Avant de quitter la propriété, il veilla comme d’habitude à sécuriser son laboratoire privé dont il était le seul à avoir accès. Pas question qu’un employé de maison ne soupçonne l'existence de ces pièces secrètes, ni qu’il fasse de macabre découverte par inadvertance.
Mar 3 Nov - 00:07 (2015)
Taïla
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Consciente que désormais je peux agir dans ce monde étrange, je respire un grand coup et pose timidement la main sur une des ombres qui m'entourent. La noirceur m'envahit instantanément…

JE SUIS ELLE !

Je vois à travers ses yeux, je ressens ses émotions !

Je suis dans un laboratoire, MON laboratoire. De nombreux scientifiques m'entourent. Ils me craignent et leur crainte m'alimente. Ce ne sont que des pions, des insectes laids, fragiles, serviles, écoeurants ! Lorsqu'ils auront fini de me servir, je les éliminerai ! Tous !

 
Je survole les travaux en cours. Mes créations sont ma fierté. Mais les bras ne suffisent pas : je veux une légion, je veux une armée ! Je veux des êtres surpuissants, avec des pouvoirs télé-kinésiques et télépathiques, capables d’écraser vampires, anges et même démons !  

 
Ces humains sont réputés être les meilleurs, mais leurs peurs viscérales en font des incapables et des trouillards. Leur inventivité est sans cesse bridée par ce qu’ils nomment la Morale, l’éthique, la déontologie. Je dois les pousser en permanence, exiger d’eux plus que leur maigre endurance psychique et physique ne peut endurer . Que les plus faibles y laissent donc leur misérable vie mais il me faut plus !  

 
Mes ennemis m'ont échappé. Il me faut plus, PLUS ! Et plus vite !  

 
La rage m'envahit : longtemps j'ai travaillé en secret, me constituant mon armée de bras griffus. Avec patience, j'ai regroupé ces scientifiques pour un armée plus puissante. Je viens juste de capturer le seul type d’être qui pourra faire avancer mes recherches plus rapidement : un premier-né. La petite princesse, de préférence, si tendre, si jeune ! Un ADN encore pur, qui n’attend qu’à être modifié pour mieux servir mes desseins ! Mais elle est hors de ma portée, et cet échec m'est insupportable. Elle ne m'échappera pas éternellement et lorsqu'elle m'aura servi, elle me le paiera. Je me délecterai de sa détresse, de ses suppliques pour que je mette fin à ses souffrances.  

 
Mais il me manque la chercheuse qui a accumulé les connaissances nécessaires à réaliser mes projets plus rapidement encore. Sans elle, bien sûr, ces stupides humains y parviendront. Mais avec elle, je gagnerais le temps qui désormais me fait défaut. Mais elle a disparu depuis trop d'année : terrée dans le monde humain ? Morte ? Cette chercheuse, dont les humains ont construit la statue devant l'Institut médical d'Elesméra : Undo. Mes bras sont déjà à sa recherche du côté de Gorgefroide. Je jubile : je n'ai pas oublié son histoire. Je n'ai pas oublié ses liens avec le port. Elle n'aura eu d'autres choix, si elle est toujours en vie, de s'être installé en ses liens. Et bientôt, elle sera à moi. Rien ! PERSONNE ne me résiste bien longtemps.  

  
Je passe à côté des files et des files de cobayes, volontaires ou non. Ma future armée. Certains meurent durant des expériences douloureuses, d'autres se relèvent transformés. Ils ne sont plus eux-mêmes. Les plus forts seront mes serviteurs. Mes bras griffus... Bêtes féroces, haineuses envers toute autre forme de vie, dévouées à moi seul. Mes esclaves, forts et soumis. De la chair à canine, parfait !  

 
Des scientifiques s'activent autour du crâne de verre d'un des cobayes au moment même où il explose. Des incapables ! Une centaine d'essais et ils sont toujours face à l'échec. Je leur ai pourtant fourni les éléments nécessaires à la transformation. Des primates s'en sortiraient mieux. L'envie de les réduire en miette m'envahit. Le scientifique le plus proche commence alors à se tordre de douleur avant de succomber sous le poids de mon attaque psychique. Je sens l'effroi de ses collègues.  

 
« Vous savez ce qu'il vous reste à faire, idiots !».  

Les scientifiques reprennent leur tâche sans attendre, contournant en tremblant les restes sanguinolents de leur ancien acolyte.

 
Je reprends peu à peu mes esprits alors que cette vision se dissipe. Je me sens mal, je me sens sale. J’ai envie de voir toutes ces images et le souvenir de ces sentiments malsains…
 

  

Lun 1 Fév - 23:18 (2016)
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